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Tiago Bettencourt — Tiago na toca e os poetas (2011)

24 novembre 2013

Il y a quelque temps, cherchant une vidéo du fado Saudades não as quero par Alcindo de Carvalho, que je n’ai pas trouvée, j’ai été mis en présence d’une autre interprétation du même thème par un Tiago Bettencourt, jusqu’alors inconnu de moi. Une simple interprétation chant et guitare, assez crue, qui ne m’a pas plu.

Cependant j’ai entrepris de me renseigner sur ce Tiago, cherchant à savoir d’où cet enregistrement provenait, car la voix était jeune et l’enregistrement récent, ce qui suffisait à m’intriguer. Voici : il s’agit d’un album publié en 2011, un CD dans un livre assez joli, illustré, le tout intitulé Tiago Bettencourt na toca e os poetas (Tiago Bettencourt dans son terrier, et les poètes). « Dans son terrier », parce que les enregistrements sont « maison », artisanaux, sans production, ce qui explique la crudité du son (mais non la faiblesse de la voix). « Et les poètes » (Fernando Pessoa, Sofia de Melo Breyner Andresen, Florbela Espanca, Alexandre O’Neill et d’autres) : leurs œuvres sont les prétextes de chacun des treize morceaux, presque tous sur des compositions de Tiago Bettencourt. Le fado Saudades eu não as quero est l’une des exceptions.

Tiago Bettencourt. Saudades eu não as quero / Afonso Lopes Vieira (1878-1946), poème ; Frederico de Brito (1894-1977), musique ; Tiago Bettencourt, chant, guitare. Extrait de : Tiago na toca e os poetas, Metropolitana, ℗2011.

Bateram fui abrir era a saudade
vinha para falar-me a teu respeito
entrou com um sorriso de maldade
depois sentou-se à beira do meu leito
e quis que eu lhe contasse só a metade
das dores que trago dentro do meu peito.
On frappe à la porte : c’est la saudade
Qui vient pour me parler de toi.
Avec aux lèvres un sourire perfide,
Elle vient s’asseoir au bord du lit,
Me priant de lui conter — « juste la moitié, ça suffit » —
Les peines que je porte en mon cœur.
Não mandes mais esta saudade
ouve os meus ais por caridade
ou eu então deixo esfriar esta paixão
amor podes mandar se for sincero
saudades isso não pois não as quero.
Ne m’envoie plus cette saudade
Entends mes plaintes de grâce, ou sinon
Je laisse refroidir cette passion.
Envoie-moi de l’amour, s’il est sincère
Mais ton bon souvenir, je n’en ai que faire.
Bateram novamente era o ciúme
e eu mal me apercebi de que batera
trazia o mesmo ódio do costume
e todas as intrigas que lhe deram
e vinha sem um pranto ou um queixume
saber o que as saudades me fizeram.
On frappe encore, j’entends à peine :
C’est la jalousie avec sa profusion de haine
Et toutes ces intrigues par elle accumulées
Elle passe afin de constater,
Sans une larme, sans un cri,
Dans quel état la saudade m’a laissé.
Afonso Lopes Vieira (1878-1946). Saudades não as quero.
Afonso Lopes Vieira (1878-1946). Saudades não as quero. Traduction L. & L.

Les deux tiers des morceaux font appel à des artistes tiers. On retrouve par exemple Camané, ou encore Carminho dans cette chanson composée sur un poème extrait de Charneca em flor (Lande en fleur), le recueil le plus célèbre de Florbela Espanca (1894-1930) :

Tiago Bettencourt & Carminho. X / Florbela Espanca (1894-1930), poème ; Tiago Bettencourt, musique ; Carminho, chant ; Tiago Bettencourt, piano. Extrait de : Tiago na toca e os poetas, Metropolitana, ℗2011.

Eu queria mais altas as estrelas,
Mais largo o espaço, o Sol mais criador,
Mais refulgente a Lua, o mar maior,
Mais cavadas as ondas e mais belas;
Je voudrais plus hautes les étoiles
Plus immense l’espace, plus fécond le Soleil
Plus brillante la lune et plus vaste la mer,
Plus fortes les vagues, et plus belles ;
Mais amplas, mais rasgadas as janelas
Das almas, mais rosais a abrir em flor,
Mais montanhas, mais asas de condor,
Mais sangue sobre a cruz das caravelas!
Plus amples, plus larges les fenêtres
Des âmes ; je voudrais plus de roses épanouies
Plus de montagnes, d’ailes de condor,
Et plus de sang sur les croix des caravelles !
E abrir os braços e viver a vida,
― Quanto mais funda e lúgubre a descida,
Mais alta é a ladeira que não cansa!
Et ouvrir les bras et vivre la vie,
― Plus profonde et lugubre est la descente
Plus haute est la côte qui ne lasse pas !
E, acabada a tarefa… em paz, contente,
Um dia adormecer, serenamente,
Como dorme no berço uma criança!
Et la tâche accomplie… en paix, contente,
S’endormir un jour, sereinement,
Comme dans le berceau dort un enfant !
Florbela Espanca (1894-1930). É um não querer mais que bem querer. X. Extrait de : Charneca em flor (1931, 1ère publication).
Florbela Espanca (1894-1930). É um não querer mais que bem querer. X. Extrait de : Charneca em flor (1931, 1ère publication). Traduction L. & L.

Mais ce qui me plaît vraiment dans cet album, c’est A pedra (La pierre), un poème fort énigmatique de José Blanc de Portugal, géologue, critique musical, traducteur et poète (1914-2000), chanté en duo avec un Pedro Puppe que je ne connaissais pas non plus.

Tiago Bettencourt & Pedro Puppe. A pedra / José Blanc de Portugal (1914-2000), poème ; Tiago Bettencourt, musique, chant, guitare, dobro, kazoo ; Pedro Puppe, chant ; João Lencastre, batterie. Extrait de : Tiago na toca e os poetas, Metropolitana, ℗2011.

Na terra dormente
A crista do monte
A espuma da onda
A lei figura.
É sua imagem
— Acaso não.
Quem sabe?
Para além das coisas
Oculta é toda a dor
Como evidente
Só meio silente
Alto foge o céu.
A mão que morde…
A boca que prende…
Dans la terre dormante
La crête de la montagne
L’écume de la vague,
La loi figure.
C’est son image
— Ou peut-être pas.
Qui sait ?
Au-delà des choses
Occulte est toute douleur
Comme une évidence
Dans un demi-silence
Là-haut s’enfuit le ciel.
La main qui mord…
La bouche qui prend…
José Blanc de Portugal (1914-2000). A pedra (1960).
José Blanc de Portugal (1914-2000). La pierre, traduit de : A pedra (1960) par L. & L.

L. & L.

………

Tiago Bettencourt
Tiago na toca, e os poetas (2011)

Tiago Bettencourt -- Tiago na toca (2011)Tiago na toca : e os poetas / poèmes de José Carlos Ary dos Santos, Sofia de Melo Breyner Andresen, Alexandre O’Neill,… [et d’autres] ; Tiago Bettencourt, Fernando Tordo, Frederico de Brito, etc. musiques ; Tiago Bettencourt, chant, piano, etc. Fernando Tordo, Camané, Carminho,… [et d’autres], chant ; Mário Belém, illustrations. — Portugal : Metropolitana, ℗ et © 2011 ; distribution EMI Portugal. — 1 livre + 1 CD.

Enregistré en 2008.

Metropolitana Metro044.11. — EAN 5099995565323.

One Comment leave one →
  1. 17 juillet 2014 19:25

    🙂

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