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Marco Oliveira — Noite de Saudade

6 août 2011

Marco Oliveira
Marco Oliveira. Source : HM Música.

De même qu’Amália et Maria Teresa de Noronha étaient choisies par Eugène Green comme emblèmes de « L’âge d’or du fado : 1950-1974 », de même « le fado aujourd’hui » avait pour pivot le couple Camané et Aldina Duarte. Je dis le couple, non dans le sens matrimonial — encore qu’ils aient été mariés autrefois — mais parce qu’ils sont tous les deux présents dans A religiosa portuguesa, le film du même Eugène Green. C’est d’ailleurs les six fados de son film qu’il a fait entendre, cinq dans « le fado aujourd’hui » et le sixième comme point de départ de l’émission consacrée au « flamenco ».

C’est affaire de goût : je ne partage pas entièrement celui d’Eugène. Par bonheur, il a fait aussi une place à Carminho, et une autre au jeune Marco Oliveira, 23 ans.

Marco Oliveira est tout à la fois chanteur, compositeur et guitariste de talent (il a étudié la guitare classique pendant plusieurs années). Dans son unique album à ce jour (Retrato, 2008) il semble s’orienter plutôt vers le fado « castiço », le fado traditionnel. Noite de Saudade, dont il a composé la musique sur un poème de Florbela Espanca (1894-1930) n’appartient pas à cette catégorie, ce serait plutôt un fado-chanson. L’accompagnement instrumental est dévolu aux seules violas, c’est à dire les guitares classiques, tenues par Diogo Clemente et Marco Oliveira lui-même.

Noite de Saudade / Marco Oliveira, chant ; Florbela Espanca, paroles ; Marco Oliveira, musique ; Marco Oliveira et Diogo Clemente, guitare.

Noite de Saudade

A Noite vem poisando devagar
Sobre a Terra, que inunda de amargura …
E nem sequer a bênção do luar
A quis tornar divinamente pura …

Ninguém vem atrás dela a acompanhar
A sua dor que é cheia de tortura …
E eu oiço a Noite imensa soluçar!
E eu oiço soluçar a Noite escura!

Por que és assim tão escura, assim tão triste?!
É que, talvez, ó Noite, em ti existe
Uma Saudade igual à que eu contenho!

Saudade que eu sei donde me vem …
Talvez de ti, ó Noite! … Ou de ninguém! …
Que eu nunca sei quem sou, nem o que tenho!!

Florbela Espanca (1894-1930). Dans : Livro de mágoas (1919).

Nuit de Saudade

Lentement la Nuit vient se poser
Sur la Terre, l’inondant d’amertume
Et même la bénédiction du clair de lune
Ne veut la rendre divinement pure.

Personne ne la suit pour escorter
Sa douleur qui est comme une torture
Et moi j’entends l’immense Nuit pleurer !
Et moi j’entends pleurer la Nuit obscure !

Pourquoi es-tu si obscure et si triste ?
C’est que peut-être, ô Nuit, en toi existe
Une Saudade égale à celle qui m’habite !

Cette Saudade, je sais qui me la donne
Peut-être toi, ô Nuit ! Ou peut-être personne !
Car jamais je ne sais ni ce que j’ai, ni qui je suis !
Florbela Espanca (1894-1930). Traduction Lili & Lulu.

L. & L.

Oliveira, Marco
Retrato (2008)

Marco Oliveira -- Retrato (2011)Retrato / Marco Oliveira, chant, guitare. — Lisboa : HM ; distrib. Compact records, 2008.

EAN 5600394240089.

Disponible sur CDGO, Fnac (Portugal)

Marco Oliveira sur Myspace

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