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Amália — la dernière interview (2)

20 novembre 2009

À part ça, quelques gentillesses sur Vinícius de Moraes — un ivrogne tripoteur de jeunes filles (« Il était complètement dingue cet homme-là. Il buvait trop, mais c’était un grand poète. ») — ou Carlos do Carmo qu’elle détestait. Même le satisfecit accordé à Hermínia Silva n’est pas exempt de quelques piques, elle ne peut pas s’en empêcher :

Hermínia Silva

Hermínia Silva

J’aimais beaucoup Hermínia Silva, qui était une artiste très drôle. Elle chantait d’une manière complètement différente de la mienne. Je n’aurais pas aimé chanter comme elle, je préfère mon style. Mais après moi, c‘est elle que je préfère. Je ne l’ai jamais appelée par son prénom, je disais toujours Senhora Dona Hermínia. Un jour il s’est passé quelque chose de très amusant. Elle me demande : « Vous dormez bien, vous ? » « Oui. » « Moi je ne dors pas du tout , mais vraiment pas du tout, je passe la nuit à lire, je ne fais que ça toute la nuit. » J’étais un peu étonnée. « Ah bon ? Et qu’est-ce que vous lisez ? »  « J‘adore lire le journal, je le lis d‘un bout à l‘autre. » Tout ce qu’elle lisait c’était le journal, mais elle disait qu’elle adorait lire ! Mais elle était très drôle, et c’était une grande artiste. Une revue avec elle était à mourir de rire.

Amália Rodrigues – a derradeira entrevista (parte 3)

Et puis il y a surtout l’amertume vis-à-vis de ses amis « de gauche » qui fréquentaient assidûment sa maison du temps de la dictature, en particulier les poètes Ary dos Santos et David Mourão-Ferreira qui ont chacun écrit des paroles de fado pour elle :

Avant le 25 avril vous receviez chez vous des personnes considérées de gauche …
Oui, il y avait Natália Correia, Ary dos Santos, David Mourão-Ferreira, Alain Oulman. Je ne savais pas qu’Alain était politique, et en fin de compte il l’était. Un jour il m’a dit qu’il était maoïste, mais je ne savais pas ce que ça voulait dire. Il m’a expliqué que les Chinois aimaient beaucoup travailler. Et moi : « c’est quoi cette chinoiserie ? »  Les Chinois, aimer travailler … Il y avait lui, Natália Correia, Ary dos Santos… Ary écrivait des paroles pour Alain… Mais je ne me suis jamais mêlée de quoi que ce soit.

Amália Rodrigues – a derradeira entrevista (parte 3)
Ary dos Santos

Ary dos Santos


Ary dos Santos était toqué. César [le mari d’Amália, NDT] l‘appelait le « poète de la rue des fruits » Vous savez pourquoi ? Il parlait tout le temps de citron et de je ne sais quoi. Ça ne m’a pas plu, ce qu’il a fait. Il est venu ici chez moi tellement souvent — et après il ne m’a téléphoné qu’une seule fois pour me demander si j’avais besoin de quelque chose. J’ai dit non, juste de chansons. Personne, pas même David [Mourão-Ferreira], ne s’est manifesté pour dire « Attendez, c’est des mensonges tout ce qu’on raconte, elle n’a rien à voir avec tout ça ». Personne n’a rien dit. Personne, sauf Alain, qui était plus communiste que tous les autres. Il était maoïste ».

Amália Rodrigues – a derradeira entrevista (parte 4)
Entretien : Felícia Cabrita

L. & L.

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