La chanson du dimanche [77]. Úgy várom jössz-e már
Úgy várom jössz-e már,
mint álmot vár az éj.
Vass Valéria (Valéria Vass ; 1939-2008). Úgy várom jössz-e már (1967), extrait.J’attends que tu viennes,
Comme la nuit attend un rêve.
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Un rock ‘n roll hongrois pour ce dimanche, cuvée 1967.
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Maté Péter (Péter Maté ; 1947-1984) • Úgy várom, jössz-e már. Vass Valéria (Valéria Vass), paroles ; Maté Péter (Péter Maté), musique.
Maté Péter (Péter Maté), chant ; Illés együttes, ensemble instrumental.
Première publication : Hongrie, Qualiton, ℗ 1967.
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Les paroles, à toutes fins utiles :
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Úgy várom jössz-e már,
mint álmot vár az éj.
Miért lehet rút a régi táj,
ha másvalaki vár, mondd miért?
Úgy várom jössz-e már,
hogy újra elkísérj.
Nélküled szívem meg-megáll,
és hűvös lesz a nyár, mondd miért?Miért szép a vén világ,
ha végre látlak én?
Kínálhat életem új csodát,
de nézni vagy várni Rád többet ér.Miért jó a furcsa láz?
Ne szólj, tudom, miért:
mert veled a ballagás,
a szó vagy a hallgatás többet ér.Oly sok kérdés válaszra vár,
és ha szólnál, mit mondanál?
Jöjj hát, felelj, mondd, mondd, mondd,
ha választanál, hogy más kell vagy én,
ugye kedvemre döntenél?Miért szép a vén világ,
ha végre látlak én?
Kínálhat életem új csodát,
de nézni vagy várni Rád többet ér.Miért jó a furcsa láz?
Hisz jól tudom, miért:
mert veled a ballagás,
a szó vagy a hallgatás többet ér,
többet ér, többet ér, többet ér.Vass Valéria (Valéria Vass ; 1939-2008). Úgy várom jössz-e már (1967)
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Fait suite à :
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Fernando Maurício (1933-2003) était « Le roi du fado », « O rei do fado ».
Quando me sinto só (« Lorsque je me sens seul ») figurait sur l’un de ses premiers enregistrements, chanté sur une musique d’Alfredo Marceneiro, le Fado marcha de Alfredo Marceneiro. Cependant, dans la vidéo que voici, captée probablement dans la seconde moitié des années 1990 c’est à dire à la fin de sa carrière, c’est bien sur le Fado alexandrino de Joaquim Campos qu’il l’interprète.
On peut regretter chez lui une tendance à l’emphase et à la recherche de l’effet, caractéristique d’ailleurs de la manière de plusieurs fadistes hommes de son époque, mais on ne peut qu’admirer son art du chant et de la conduite du récit. Par exemple, dans le 3e vers, sa façon de marquer la césure réclamée par la musique tout en ne la faisant pas vraiment afin de préserver l’unité grammaticale de la phrase (« É quando tenho dó // de mim… »).
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Fernando Maurício (1933-2003) • Quando me sinto só. Artur Ribeiro, paroles ; Joaquim Campos, musique (Fado alexandrino de Joaquim Campos).
Fernando Maurício, chant ; instrumentistes non identifiés).
Captation : Lisbonne, Grupo desportivo da Mouraria (Palácio dos Távora), sans date.
Vidéo : aucune information. Diffusion : FadoTV, 2019 (mise en ligne).
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Quando me sinto só, como tu me deixaste
Mais só que um vagabundo num banco de jardim
É quando tenho dó de mim e por contraste
Eu tenho ódio ao mundo, que nos separa assim
C’est quand je me sens seul, comme tu m’as laissé,
Plus seul qu’un vagabond sur le banc d’un jardin,
Que j’ai pitié de moi alors que par contraste
Je déteste le monde qui nous sépare ainsi.
Quando me sinto só sabe-me a boca a fado
Lamento de quem chora a sua triste mágoa
Rastejando no pó, o meu coração cansado
Lembra uma velha nora morrendo à sede d’água
Lorsque je me sens seul, j’ai en bouche le goût
Du fado de celui qui pleure un triste sort.
Et mon cœur fatigué se traîne à ras de terre,
Ou semble une noria qui ne trouve plus d’eau.
P’ra que não façam pouco, procuro não gritar
A quem pergunta minto, não quero meter dó
Num egoísmo louco eu chego a desejar
Que sintas o que sinto quando me sinto só
Je ne veux pas crier, on se rirait de moi
Et je mens pour ne pas susciter la pitié.
Mais en tout égoïsme j’en viens à désirer
Que tu sentes ce que je sens lorsque je me sens seul.
… … Artur Ribeiro (1923-1988). Quando me sinto só (vers 1970).
Artur Ribeiro (1923-1988). Quand je me sens seul, traduit de Quando me sinto só (vers 1970), par L. & L.
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On retrouve Quando me sinto só, chanté sur le Fado alexandrino de Joaquim Campos, au programme du troisième album de studio de Mariza, Transparente (2005). Il y est d’ailleurs dédié à Fernando Maurício.
Jolie voix, et de la technique.
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Mariza (née en 1973) • Quando me sinto só. Artur Ribeiro, paroles ; Joaquim Campos, musique (Fado alexandrino de Joaquim Campos)) ; Jaques Morelenbaum, arrangement.
Mariza, chant ; Mário Pacheco, guitare portugaise ; João Lyra, guitare ; Jaques Morelenbaum, violoncelle.
Extrait de l’album Transparente / Mariza. Portugal, EMI-Valentim de Carvalho, ℗ 2005.
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À suivre
Joaquim Campos (1898-1981) • Fado alexandrino de Joaquim Campos. Joaquim Campos, musique ; Arménio de Melo, arrangement. Autre titre : Fado Joaquim Campos.
Conjunto de guitarras de Arménio de Melo (Arménio de Melo, guitare portugaise ; autres instrumentistes non identifiés).
Extrait de l’album Lisboa, cidade de fado. Vol. V : 17 clássicos : silêncio, cantam guitarras. Portugal, Estoril, ℗ 1996.
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Joaquim Campos (1898-1981) était un fadiste, actif au début du siècle dernier, qui n’a laissé que peu d’enregistrements ; il est resté plus connu pour ses compositions, dont certaines comptent parmi les plus distinguées du répertoire fadiste, en particulier le Fado Vitória, employé par Amália Rodrigues pour son extraordinaire Povo que lavas no rio. On connaît aussi son Fado tango (Cansaço dans le répertoire d’Amália).
Il s’agit ici de son fado « alexandrin », désigné simplement sous le nom de « Fado alexandrino de Joaquim Campos », très beau lui aussi.
Qu’est-ce qu’un fado « alexandrin » ? C’est un fado composé pour des alexandrins, c’est tout. C’est à dire des vers de douze pieds.
Plus précisément, un fado « alexandrin » est fait pour des vers de deux fois six pieds, réunis en quatrains. Pour l’alexandrin portugais, moins rigide que le français, il suffit que le 6e pied de chaque hémistiche tombe sur une syllabe portant l’accent tonique, quitte à ce qu’il y en ait éventuellement une septième, non accentuée. Un alexandrin portugais peut donc mesurer douze, treize ou quatorze syllabes.
Voici, pour entamer cette petite série sur le Fado alexandrino de Joaquim Campos, un emploi tout à fait original de cette composition : elle a été adaptée à un poème français – et non des moindres : L’albatros de Baudelaire, tiré des Fleurs du mal. Alexandrins français donc, en vers de douze syllabes.
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Fado clandestino • L’albatros. Poème de Charles Baudelaire ; Joaquim Campos, musique (Fado alexandrino de Joaquim Campos).
Fado clandestino, ensemble instrumental & vocal (Lizzie, chant ; Filipe de Sousa, guitare portugaise ; Nuno Estevens, guitare).
Captation : Paris, Théâtre du Temps, 22 juin 2016.
Vidéo : Lizzie Officiel, production. 2016 (mise en ligne).
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Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.Charles Baudelaire (1821-1867). L’albatros, extrait de : Les fleurs du mal (2e édition, 1861).
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Lizzie, son interprète, est parisienne – que je sache – et excellente chanteuse. Adapter L’albatros au Fado alexandrino de Joaquim Campos est son idée. Du point de vue de la métrique, elle fonctionne, indiscutablement. Pourtant… je ne suis pas totalement convaincu : il me semble que le caractère de ce fado, qui est légèrement dépressif, s’accommoderait mieux d’un autre poème.
Mais voici Lizzie dans un fado en langue portugaise, Trago fados nos sentidos, créé par Amália Rodrigues dans son album Gostava de ser quem era (1980). Les paroles sont d’Amália, la musique de son guitariste José Fontes Rocha.
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Lizzie • Trago fados nos sentidos. Amália Rodrigues, paroles ; José Fontes Rocha, musique.
Lizzie, chant ; Cordeone (Loïc da Silva), guitare portugaise ; Pompeu Gomes, guitare.
Captation : 75003 Paris, Portologia, février 2020.
Vidéo : Loïc da Silva. 2021 (mise en ligne).
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À suivre
La chanson du dimanche [76]. Máscaras. Romance
París no se acaba nunca, y el recuerdo de cada persona que ha vivido allí es distinto del recuerdo de cualquier otro… Y eso es muy cierto aunque lo haya dicho Hemingway, que ha sido el escritor más ególatra y narcisista del siglo. Mi recuerdo de París es como una nostalgia azul, que en veinte años no he podido sacarme de encima. Porque cuando llegué a París, en aquel mes de abril de 1969, ya había despuntado una primavera tan hermosa que dolía y daba ganas de hacer algo para ser más feliz, si es que la felicidad existe, para ser más inteligente y abarcarlo todo, saberlo todo, o para ser más libre, si es que eso también existiera, existiría o existió alguna vez. Y recuerdo que sentí la magia de un sol cariñoso, como de terciopelo, bañando los Campos Elíseos, los grandes palacios napoleónicos, la frivolidad de los cafés, y entendí mejor lo que había sucedido un año antes. Todavía siento como una caricia en la piel la luz de la tarde contra la luceta frontal de Notre Dame, el rumor histórico y oscuro del Sena a la altura de la Cité, y escucho a aquel negro organillero frente al Louvre, haciendo bailar a su monito africano al ritmo de un vals vienés.
Leonardo Padura (né en 1955), Máscaras, La Habana, Unión de Escritores y Artistas de Cuba, 1997.On n’en a jamais fini avec Paris et le souvenir de chaque personne qui y a vécu est différent du souvenir de tous les autres… Cela est bien vrai, même si c’est Hemingway qui l’a dit, l’écrivain le plus égocentrique et narcissique du siècle. Mon souvenir de Paris est empreint du bleu de la nostalgie dont je n’ai pas pu me débarrasser en vingt ans. Parce que lorsque je suis arrivé à Paris, en ce mois d’avril 1969, le printemps pointait déjà, si beau qu’il faisait mal et donnait envie de faire quelque chose pour être plus heureux, si le bonheur existe, pour être plus intelligent et tout embrasser, tout savoir, ou pour être plus libre, si tant est que cela soit possible, que cela puisse l’être ou que cela l’ait été. Et je me souviens d’avoir ressenti la magie d’un soleil caressant comme du velours, qui baignait les Champs-Élysées, les grands palais napoléoniens, les cafés aux airs frivoles, et j’ai mieux compris ce qui s’était passé un an auparavant. Je ressens encore comme une caresse sur la peau la lumière de l’après-midi sur la rosace de Notre-Dame, la rumeur historique et sombre de la Seine à hauteur de la Cité, et j’entends encore ce noir qui jouait de l’orgue de Barbarie devant le Louvre, en faisant danser un petit singe africain au rythme d’une valse viennoise.
Leonardo Padura (né en 1955), Électre à La Havane, traduit de Máscaras (1997) par René Solis & Maria Hernández, Paris, Éd. Métailié, 1998.
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Juliette Gréco (1927-2020) • Romance. Henri Bassis, paroles ; Joseph Kosma, musique. Du film Le gantelet vert = The green glove Rudolph Maté, réalisation, France & États-Unis, 1952.
Juliette Gréco, chant ; avec André Grassi et son orchestre.
Première publication : France, ℗ 1952.
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Ces mots chargés de romance,
Comme un matin qui sourit,
C’est un amour qui commence,
Dans le printemps de Paris.Paris, qui n’est à personne,
Est à toi si tu le veux.
Mon ami, je te le donne.
Ce cadeau, c’est pour nous deux.Veux-tu les rues de ma ville
Traînant autour des cafés,
Où les jours passent tranquilles
Et les filles décoiffées ?Les amoureux se promènent,
Ils se regardent, ravis.
Mon ami, c’est toi que j’aime.
Le bonheur, c’est pour la vie.Henri Bassis (1916-1992). Romance (1952).
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Confession
Voici paraître la gloire du monde.
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La voici passée à jamais.
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Écume retournée à la vague, vague retournée à la mer.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Confesso. José Galhardo, paroles ; Frederico Valério, musique. De la revue Se aquilo que a gente sente de Alberto Barbosa, José Galhardo, Luís Galhardo & Vasco Santana (1947).
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement : Paris, 1956.
Première publication dans l’album Eu disse adeus à casinha ; Fado não sei quem és ; Maldição ; … / Amalia Rodrigues. France, Columbia, ℗ 1958.
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Confesso que te amei,
Confesso
Não coro de o dizer,
Não coro
Pareço outra mulher,
Pareço
Mas lá chorar por ti,
Não choro.
J’avoue que je t’ai aimé,
Je l’avoue
Je n’ai pas honte de le dire,
Je n’en rougis pas
J’ai bien changé,
Il paraît,
Mais de là à pleurer sur toi
Ça non.
Fugir do amor tem seu preço
E a noite em claro atravesso
Longe do meu travesseiro
Começo a ver que não esqueço
Mas lá perdão não te peço
Sem que me peças primeiro.
Il m’en coûte de refuser l’amour
Et je passe la nuit éveillée
Loin de mon oreiller.
Je commence à voir que je n’oublie pas,
Mais je ne te demanderai pas pardon
Avant que tu ne le fasses toi-même.
De rastos a teus pés
Perdida te adorei
Até que me encontrei
Perdida
Agora já não és
Na vida o meu senhor
Mas foste o meu amor
Na vida.
Éperdue à tes pieds
Je t’adorais
Jusqu’à en devenir
Folle.
À présent tu n’es plus
Rien dans ma vie
Mais tu as été le grand amour
De ma vie.
Não penses mais em mim,
Não penses
Não estou nem p’ra te ouvir
Por carta
Convences as mulheres,
Convences
Estou farta de o saber,
Estou farta.
Ne pense plus à moi,
N’y pense plus
Je ne veux plus rien savoir de toi
Ne m’écris pas.
Tu sais séduire les femmes,
C’est vrai
Je ne veux plus en entendre parler
Plus jamais.
Não escrevas mais nem me incenses
Quero que tu me diferences
Dessas que a vida te deu.
A mim já não me pertences
Mas lá vencer-me não vences
Porque vencida estou eu.
Ne m’écris plus, cesse de me flatter
Je ne suis pas comme ces femmes
Que la vie t’a données.
Je sais que tu ne m’appartiens plus
Mais la guerre tu ne la gagneras pas
Parce que je suis déjà vaincue.
… … José Galhardo (1905-1967). Confesso, extrait de la revue Se aquilo que a gente sente, de Alberto Barbosa, José Galhardo, Luís Galhardo & Vasco Santana (1947).
José Galhardo (1905-1967). J’avoue, traduit de Confesso, extrait de la revue Se aquilo que a gente sente, de Alberto Barbosa, José Galhardo, Luís Galhardo & Vasco Santana (1947), par L. & L.
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Mina (Mina Mazzini, née en 1940) • Il cielo in una stanza. Gino Paoli, paroles & musique.
Mina, chant ; accompagnement d’orchestre (Orchestra Tony De Vita).
Vidéo : émission Musicomania du 9 mai 1961 (extrait).
Production : Suisse, RSI Radiotelevisione svizzera di lingua italiana, 1961.
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Quando sei qui con me
Questa stanza non ha più pareti
Ma alberi
Alberi infiniti
Quando sei qui vicino a me
Questo soffitto viola
No, non esiste più
Io vedo il cielo sopra noi
Che restiamo qui
Abbandonati
Come se non ci fosse più
Niente, più niente al mondo
Suona un’armonica
Mi sembra un organo
Che vibra per te e per me
Su nell’immensità del cielo
Suona un’armonica
Mi sembra un organo
Che vibra per te e per me
Su nell’immensità del cielo
Per te e per me
Nel cielo
Quand tu es avec moi,
Cette chambre n’a plus de murs.
Elle a des arbres,
À l’infini.
Quand tu es près de moi,
Ce plafond violet
N’existe plus.
C’est le ciel que je vois,
Au-dessus de nous,
Abandonnés
Comme s’il n’y avait plus
Rien, plus rien au monde.
Un harmonica joue ;
On croirait un orgue
Qui vibre pour toi et pour moi
La-haut dans l’immensité du ciel.
Un harmonica joue ;
On croirait un orgue
Qui vibre pour toi et pour moi
La-haut dans l’immensité du ciel,
Pour toi et pour moi,
Dans le ciel.
… … Gino Paoli (né en 1934). Il cielo in una stanza (1960).
Gino Paoli (né en 1934). Le ciel dans une chambre, traduit de Il cielo in una stanza (1960), par L. & L.
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Lisboa antiga • Amália, Hermínia, Dario
Cette chanson-là… non, ce n’est pas ma préférée. Pourtant Lisboa antiga, a été l’un des plus grands succès internationaux d’Amália Rodrigues, comme en atteste sa présence dans la plupart de ses innombrables captations de concert réalisées à l’étranger et parues en disque. Il ne figure en revanche dans aucun de ses enregistrements publics réalisés au Portugal. Elle est ici à l’Olympia, à Paris, en 1956 (elle répète le premier couplet au lieu de chanter le second, comme elle l’a toujours fait) :
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Lisboa antiga. José Galhardo & Amadeu do Vale, paroles ; Raúl Portela, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement public : Olympia (Paris), avril ou mai 1956.
Première publication dans l’album Amalia à l’Olympia / Amália Rodrigues. France, Pathé Marconi, ℗ 1957.
………
Lisboa, velha cidade,
Cheia de encanto e beleza!
Sempre formosa, a sorrir,
E no vestir sempre airosa.
O branco véu da saudade
Cobre o teu rosto, linda princesa!
Lisbonne, ville ancienne
Pleine de charme et de beauté,
Toujours gracieuse et souriante,
Toujours bien mise,
Le voile blanc de la saudade
Couvre ton visage, jolie princesse !
Olhai, senhores,
Esta Lisboa d’outras eras,
Dos cinco réis*, das esperas**
E das toiradas reais!
Das festas, das seculares procissões,
Dos populares pregões matinais
Que já não voltam mais!
Regardez Messieurs dames
Cette Lisbonne d’autrefois,
Celle des pièces de 5 réis*
Et des corridas royales**,
Des fêtes, des processions séculaires,
Des cris des vendeurs ambulants
Qu’on n’entendra jamais plus !
Lisboa d’oiro e de prata,
Outra mais linda não vejo,
Eternamente a cantar
E a dançar, de contente.
O teu semblante se retrata
No azul cristalino do Tejo!
Lisbonne d’or et d’argent,
Tu es la plus belle de toutes,
Toujours chantant,
Toujours dansant, toujours contente.
Ton visage se reflète
Dans le bleu cristallin du Tage !
… … José Galhardo (1905-1967) & Amadeu do Vale (1898-1963). Lisboa antiga (193?).
* Hermínia chante « cruzados » au lieu de « cinco réis ». Dans les deux cas il s’agit de pièces de monnaie (le « cruzado », subdivisé en « réaux »), disparues à la fin du XIXe siècle.
** La veille d’une course de taureaux avait lieu « l’attente » (« a espera », pluriel « esperas ») qui était elle-même occasion de fête.
José Galhardo (1905-1967) & Amadeu do Vale (1898-1963). Lisbonne ancienne, traduit de Lisboa antiga (193?), par L. & L.
* Hermínia chante « cruzados » au lieu de « cinco réis ». Dans les deux cas il s’agit de pièces de monnaie (le « cruzado », subdivisé en « réaux »), disparues à la fin du XIXe siècle.
** La veille d’une course de taureaux avait lieu « l’attente » (« a espera », pluriel « esperas ») qui était elle-même occasion de fête. Le texte original en fait mention (je ne l’ai pas inclus dans la traduction française).
………
L’histoire de cette chanson, dont Amália n’est nullement la créatrice, est un peu tortueuse. Elle est apparue en 1932, sous le titre O passado de Lisboa (« Le passé de Lisbonne »), dans la pièce de théâtre musicale O Pirilau, musique de Raúl Portela et Raúl Ferrão, livret de Sicranos & Beltranos (en portugais, sicrano et beltrano sont deux substantifs synonymes, signifiant l’un et l’autre « quidam » ; on ignore qui se dissimule sous ce pseudonyme). Ses paroles ont été réécrites ensuite par José Galhardo & Amadeu do Vale et la chanson recréée par la pétillante Hermínia Silva sous le titre Lisboa antiga. Hermínia l’a enregistrée en 1936, puis en 1958. Mais la voici à la télévision, en 1961.
« Je vais chanter encore une fois une de mes premières créations – annonce-t-elle au début de la séquence –, Lisboa antiga. J’ai toujours beaucoup de plaisir à chanter cette chanson, vu qu’elle est internationale maintenant, enfin ça fait toujours plaisir que les fados soient entendus jusqu’à l’étranger, et chantés jusqu’à l’étranger. »
Nul doute que cette entrée en matière soit teintée d’un peu d’ironie, car celle qui a rendu ce fado « international », à savoir Amália Rodrigues, qu’elle ne nomme pas, était déjà à l’époque raillée au Portugal pour son statut de grande vedette « internationale » (elle aussi). L’interprétation d’Hermínia est, quant à elle, on ne peut plus lisboète.
………
Hermínia Silva (1907-1993) • Lisboa antiga. José Galhardo & Amadeu do Vale, paroles ; Raúl Portela, musique.
Hermínia Silva, chant ; Victor Ramos, guitare portugaise ; José Inácio, guitare.
Vidéo : émission 15 minutos com Hermínia Silva (extrait). Production : RTP [Rádio e Televisão de Portugal], 1961.
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Lisboa antiga a donné lieu à nombre d’adaptations en diverses langues : anglais, italien, finnois, … La première était la version espagnole (Lisboa antigua), puis la française (Adieu Lisbonne) ; l’une et l’autre ont été enregistrées par Gloria Lasso. Voici plutôt cette version française, avec un couplet chanté en espagnol, publiée par le délicieux Dario Moreno en 1956 (elle est donc contemporaine de l’enregistrement d’Amália à l’Olympia, ci-dessus) :
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Dario Moreno (1921-1968) • Adieu Lisbonne. Fernand Bonifay, paroles françaises ; Raúl Portela, musique. Adaptation française de Lisboa antiga, paroles originales portugaises de José Galhardo & Amadeu do Vale. Comporte un couplet chanté en espagnol, paroles de Manuel Salina.
Dario Moreno, chant ; avec Jo Moutet et son orchestre.
Première publication dans le disque 45 t Quand elle danse ; Adieu Lisbonne / Dario Moreno. France, Philips, ℗ 1956.
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Mais voici encore Amália, cette fois au Japon en 1970, avec 2 guitares portugaises, une guitare classique et une basse acoustique.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Lisboa antiga. José Galhardo & Amadeu do Vale, paroles ; Raúl Portela, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement public : Tokyo (Japon), Sankei Hall, 2 septembre 1970.
Extrait de l’album Amalia Rodrigues in Japan. Japon, ℗ 1970.
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Comme la Callas
De la fenêtre du tram, parmi les personnes qui vaquent sur les trottoirs, je vois un homme en habits de travail, un travail comme celui de maçon par exemple, ou un autre métier du bâtiment, pantalon, chaussures, sweat shirt et casquette de toile portant les traces de ce travail.
Cet homme pourrait avoir cinquante ans, cinquante-cinq ans. Il a les épaules ceintes d’une étole en fourrure, pareille à celles qu’on voit à Maria Callas sur certaines photographies. Il est vrai que le temps reste incertain et capricieux.
Cependant depuis quelques jours la végétation s’impatiente. Violettes, pâquerettes, pissenlits sont déjà sortis. Les arbres les plus précoces ont commencé à verdir. Comme si de rien n’était. Comme si ce printemps devait être semblable aux autres.
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Camille Saint-Saëns (1835-1921) • Samson et Dalila. R 288. Acte 1, scène 6. Printemps qui commence. Extrait de l’opéra Samson et Dalila. Camille Saint-Saëns, musique ; Ferdinand Lemaire, livret.
Maria Callas, soprano ; Orchestre national de la RTF (Radiodiffusion-télévision française) ; Georges Prêtre, direction.
Extrait de l’album Callas à Paris. France, ℗ 1962.
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Gera Bertolone • Canzuna
Gera Bertolone est sicilienne, elle vit et travaille à Paris. Elle écrit et chante dans sa langue, le sicilien. Femmina, publié en octobre 2024, est son second album.
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Gera Bertolone • Canzuna. Gera Bertolone, paroles ; Gera Bertolone & Roberto Stimoli, musique ; Diana Buscemi, arrangements du quatuor à cordes.
Gera Bertolone, chant ; Mauro Basilio, violoncelle ; Roberto Stimoli, guitare ; Sandra Langlois & Mathilde Lanfranchi (violons), Evan Mut (alto), Jean-Christophe Masson (violoncelle), quatuor à cordes.
Enregistrement et mixage : Meudon (France), Le Studio de Meudon.
Extrait de l’album Femmina / Gera Bertolone. France, Sonora Recordings, ℗ 2024.
Vidéo : Jean-Philippe Perrot, réalisation. Production : France, A Sunny Road Factory (Paris) & Sonora Recordings, 2024.
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Niasciu a notti pinzannu a tia
Mmiazzu a strata e senza na via
Silenziu dintra e fora
E tu si ccà
Luntanu, ma sempri cu mia
Amuri, Oh amuri
Ca luna è cu mia
E iu mi nzuannu a tia
Amuri, Oh quantu amuri
Ca l’arba è già ccà
E u suannu si nni va
Amuri, Amuri…
(Per JP)
Je sors à la nuit la tête pleine de toi,
Au milieu de la route, sans but
Le silence au dedans, au dehors
Et tu es là
Loin, mais toujours avec moi
Amour, mon amour,
Car la lune est avec moi
Et moi je rêve de toi
Amour, oh tant d’amour,
Car l’aube est déjà là
Et le rêve s’en va
Amour, Amour…
(Pour JP)
… … Gera Bertolone. Canzuna (2024).
Gera Bertolone. Chanson, traduit de Canzuna (2024), par L. & L.
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Não vou, não vou
Réécouté Não vou, não vou ces jours-ci, je l’avais en tête.
C’est un « fado-chanson » fait d’un poème de Júlio de Sousa (1906-1966) – auteur du célèbre Fado da loucura – mis en musique par Mário Moniz Pereira (1921-2016) – à qui on doit aussi, entre autres, celle de Valeu a pena, popularisée par Maria da Fé. Lorsqu’il est chanté par celle qu’on désigne en général comme sa créatrice, Lucília do Carmo, avec son style direct, dépourvu de tout effet, il témoigne d’une forme de classicisme.
………
Lucília do Carmo (1919-1998) • Não vou, não vou. Júlio de Sousa, paroles ; Moniz Pereira, musique. Autre titre : Chaves da vida.
Lucília do Carmo, chant ; António Chainho & Fernando Freitas, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare ; José Maria Nóbrega, basse acoustique.
Extrait de l’album Lucília do Carmo. Portugal, Trova, ℗ 1978.
………
Eu tinha as chaves da vida e não abri
As portas onde morava a felicidade
Eu tinha as chaves da vida e não vivi
A minha vida foi toda uma saudade
J’avais les clés de la vie et je n’ai pas ouvert
Les portes de la demeure du bonheur.
J’avais les clés de la vie et je n’ai pas vécu ;
Ma vie entière n’a été qu’une « saudade »
E tanta ilusão que tive e foi perdida
E tanta esperança no amor foi destroçada
Não sei porque me queixo desta vida
Se não quero outra vida para nada
Que d’illusions j’avais, toutes perdues,
Et que d’espoirs d’amour, anéantis.
Mais pourquoi me plaindre de cette vie,
Alors que je n’en veux pas d’autre ?
Se foi para isto que nasci
Se foi para isto que hoje sou
Se foi só isto que mereci
Não vou, não vou
Si c’est pour ça que je suis née
Si c’est pour ça que je suis là
Si c’est tout ce que j’ai mérité,
Non merci, non merci !
Podem passar bocas pedindo
Olhos em fogo tudo acabou
Pode passar o amor mais lindo
Não vou, não vou
Des bouches peuvent s’offrir
Ou des yeux de braise, tout ça c’est fini
Le plus bel amour peut se présenter
Non merci, non merci !
Eu tinha as chaves da vida e fui roubada
Mataram dentro de mim toda a poesia
Deixaram só tristeza sem mais nada
E a fonte dos meus olhos que eu não queria
J’avais les clés de la vie, on m’a volée
On a tué en moi toute la poésie
Pour ne me laisser que de la tristesse
Et la fontaine de mes yeux dont je ne voulais pas.
… … Júlio de Sousa (1906-1966). Não vou, não vou (19??).
Júlio de Sousa (1906-1966). Non merci !, traduit de Não vou, não vou (19??), par L. & L.
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La version plus récente d’Aldina Duarte est peut-être plus connue désormais. Dans son style de chant très simple, presque pauvre – qui évoque d’ailleurs, quoique avec moins de densité, celui de Lucília do Carmo –, on la voit reprendre ce fado dans le film franco-portugais A religiosa portuguesa (« La religieuse portugaise »), d’Eugène Green (2009). Auparavant, elle en avait publié un enregistrement dans son album Mulheres ao espelho (« Femmes au miroir », 2008) :
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Aldina Duarte (née en 1967) • Não vou, não vou. Júlio de Sousa, paroles ; Moniz Pereira, musique. Autre titre : Chaves da vida.
Aldina Duarte, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare ; José Maria Nóbrega, basse acoustique.
Enregistrement : décembre 2007.
Extrait de l’album Mulheres ao espelho / Aldina Duarte. Portugal, Roda-lá Music, ℗ 2008.
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Vu qu’il a un refrain, Não vou, não vou n’est pas considéré comme un fado « castiço » (« authentique »). Mais il suffit de lui ôter ce refrain et il le devient. On en trouve un exemple sur l’Internet, chanté sur une musique de fado traditionnel, le Fado Varela, du fadiste Renato Varela (1909-1946). Pour des raisons techniques, on ne peut pas l’intégrer à un site tiers, il faut l’entendre directement sur YouTube, où il est identifié sous son titre alternatif, Chaves da vida (« Clés de la vie »).
Revenons au fado-chanson, celui avec un refrain et la musique de Moniz Pereira. En voici, pour terminer, une version assez différente des deux précédentes. Le chanteur s’appelle Sérgio Frazão.
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Sérgio Frazão • Chaves da vida. Júlio de Sousa, paroles ; Moniz Pereira, musique. Autre titre : Não vou, não vou.
Sérgio Frazão, chant ; instrumentistes non identifiés.
Vidéo : extrait d’une émission de télévision non identifiée.
2008, mise en ligne.
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