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Lucilla Galeazzi • Terras de canto

7 octobre 2024

Une chanson optimiste pour une fois. La simple joie du chant.

Lucilla Galeazzi (née en 1950)Terras de canto. Lucilla Galeazzi, paroles & musique.
Lucilla Galeazzi, chant ; Massimo Nardi, guitare ; Massimo Carrano, percussion ; Salvatore Zambataro, accordéon ; Antonio Ramous, violoncelle.
Enregistrement : Rome (Italie), studios Helikonia.
Extrait de l’album Lunario / Lucilla Galeazzi. Italie, Compagnia Nuove Indye, ℗ 2001.

Ogni giorno pianto un canto
Perche ogni giorno un canto muore
Ogni giorno canto un pianto
Perché è grande il mio dolore
Ogni giorno vado al porto
Per cantare con il mare
Ogni giorno il mare porto
Dove vado a cantare

Chaque jour je sème une chanson
Car chaque jour une chanson meurt
Chaque jour je chante des pleurs
Car elle est grande, ma douleur.
Chaque jour je vais au port
Pour chanter avec la mer
Chaque jour j’apporte la mer
Là où je vais chanter.
E sento il vento nelle vene
L’eco del mare nella gola
E le ombre lunghe della luna
E tanti canti dentro al cuore
Ma per fortuna, ma per fortuna
Ma per fortuna la musica è viva!
Ma per fortuna, ma per fortuna
Ma per fortuna la musica è viva!

Et je sens le vent dans mes veines,
L’écho de la mer dans ma gorge
Et les ombres longues de la Lune
Et tant de chansons dans mon cœur !
Mais par bonheur, mais par bonheur,
Mais par bonheur la musique est vivante !
Mais par bonheur, mais par bonheur,
Mais par bonheur la musique est vivante !
Se non per cercare il nido
Se non per l’eterna fame
Perché il passero si perde
Nel cielo
Ed anch’io cerco la terra
Per placare la mia fame
Guardo verso l’orizzonte
Per vederla arrivare

Si ce n’est pour chercher son nid,
Ou poussé par la faim sempiternelle,
Pourquoi l’oiseau se perd-il
Dans le ciel ?
Et moi aussi je cherche la terre
Pour assouvir ma faim
Et je scrute l’horizon
Pour la voir arriver.

Lucilla Galeazzi (née en 1950). Terras de canto (2001).
Lucilla Galeazzi (née en 1950). Terras de canto, traduit de Terras de canto (2001), par L. & L.

Amália Rodrigues • Obsessão

6 octobre 2024

Aujourd’hui 6 octobre marque le vingt-cinquième anniversaire de la mort d’Amália Rodrigues.

Obsessão (« Obsession ») est la dernière plage du dernier album enregistré en studio par Amália. Publié en novembre 1990 mais enregistré en plusieurs sessions, le recueil est nommé d’après ce morceau-là, une chanson triste et douloureuse sur une belle mélodie de Carlos Gonçalves, qui évoque « l’obsession » d’un « chant qui s’est déjà perdu », d’une voix qui n’est plus celle qui chante encore au-dedans de soi. L’obsession de la perte du chant, qui pour Amália équivalait à la perte d’elle-même.

(La couverture de cet album est, je trouve, l’une des plus belles de toute sa discographie.)

Amália Rodrigues (1920-1999)Obsessão. Francisco Bugalho, paroles ; Carlos Gonçalves, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.
Extrait de l’album Obsessão / Amália Rodrigues. Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 1990.

* Dentro de mim canta intenso
Um cantar que não é meu.
Cantar que ficou suspenso
Cantar que já se perdeu.

* Au fond de moi chante, intense,
Un chant qui n’est pas le mien.
Un chant demeuré suspendu,
Un chant qui déjà s’est perdu.
Onde teria eu ouvido
Essa voz cantar assim?
— Já lhe perdi o sentido,
Cantar que passa, perdido,
Que não é meu, estando em mim.

Où aurais-je entendu
Cette voix chanter ainsi ?
— J’en ai déjà perdu le sens,
Un chant qui s’est égaré,
Qui n’est pas le mien tout en étant en moi.
** Depois, sonâmbulo, sonho
Um sonho lento, tristonho,
De núvens a esfiapar.
E, novamente no sonho,
*** Volta de novo o cantar…

** Puis, somnambule, je rêve
Un rêve morose et lent
De nuages qui se défont.
Et voici que dans ce rêve
*** Revient encore le chant…
Sobre um lago onde, em sossego,
As águas olham o céu,
Roça a asa de um morcego…
E ao longe o cantar morreu.

L’aile d’une chauve-souris
Effleure un lac immobile
Dont les eaux contemplent le ciel…
Et au loin le chant s’est éteint.
Onde teria eu ouvido
Essa voz cantar assim?
— Já lhe perdi o sentido,
E esse cenário partido
Volta a voltar repetido,
E o cantar recanta em mim…

Où aurais-je entendu
Cette voix chanter ainsi ?
— J’en ai déjà perdu le sens,
Et ce décor disloqué
Revient encore et toujours
Et le chant renaît en moi.

Francisco José Lahmeyer Bugalho (1905-1949). Obsessão (entre 1929 et 1931). Dans Margens (1931).
* Chanté : « Dentro de mim um canto intenso »
** Chanté : « Sonhando, sonhando sonho »
*** Chanté : « Passa de novo o cantar »
Francisco José Lahmeyer Bugalho (1905-1949). Obsession, traduit de : Obsessão (entre 1929 et 1931), extrait de Margens (1931), par L. & L.
* Chanté : « En moi un chant intense »
** Chanté : « Tout en rêvant je rêve »
*** Chanté : « Passe à nouveau le chant »

Loin d’avoir été écrit pour Amália, le poème est extrait du recueil Margens (« Marges », ou « Rivages », 1931) de Francisco Bugalho (1905-1949), un des poètes du groupe littéraire Presença (« Présence ») et de sa revue homonyme, publiée à Coimbra entre 1927 et 1940. La « voix » et le « chant » dont il est question dans Obsessão (le poème original) ne s’entendent bien sûr pas dans un sens concret ; ils changent de portée dans l’interprétation d’Amália — qui était une lectrice de poésie avisée.

En dehors de quelques titres, tels que le Rondel do Alentejo ou l’adorable Flor do verde pinho, l’album Obsessão baigne, comme ses prédécesseurs Gostava de ser quem era (1980) et Lágrima (1983), dans la mélancolie. Il s’ouvre sur Que fazes aí Lisboa? (« Que fais-tu là Lisbonne ? »), qui donne le ton à l’ouvrage entier en interpellant Lisbonne, la « vieille Lisbonne, / Mère pauvre au bord du fleuve ».

Amália Rodrigues (1920-1999)Que fazes aí, Lisboa?. Mário Gonçalves, paroles ; Arlindo de Carvalho, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.
Extrait de l’album Obsessão / Amália Rodrigues. Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 1990.
Vidéo : Edições Valentim de Carvalho, production. Sans date.


Que fazes aí, Lisboa,
De olhos fincados no rio?
Os olhos não são amarras
Para prender um navio!
Que fazes aí, Lisboa,
De olhos fincados no rio?

Que fais-tu là, Lisbonne,
Les yeux rivés au fleuve ?
Les yeux ne sont pas des amarres
Pour retenir les navires !
Que fais-tu là, Lisbonne,
Les yeux rivés au fleuve ?

O barco que ontem partiu
Partiu e não volta mais!
Chora lágrimas de pedra
Em cada esquina do cais.
O barco que ontem partiu,
Partiu e não volta mais!

Le bateau qui est parti hier
S’en est allé pour toujours.
Pleure des larmes de pierre
Sur chaque recoin du quai !
Le bateau qui est parti hier
S’en est allé pour toujours.

Lisboa, velha Lisboa,
Mãe pobre à beira do rio!
*Seja o xaile dos meus ombros
*Agasalho do teu frio!
Lisboa, velha Lisboa,
Mãe pobre à beira do rio!

Lisbonne, vieille Lisbonne,
Mère pauvre au bord du fleuve,
*Que le châle de mes épaules
*Te protège de ton froid !
Lisbonne, vieille Lisbonne,
Mère pauvre au bord du fleuve !

Mário Gonçalves. Que fazes aí, Lisboa?
*Dans la version originale chantée par Arlindo de Carvalho : « Que este xaile dos meus versos / Te agasalhe do teu frio! ».
Mário Gonçalves. Que fais-tu là, Lisbonne ? traduit de : Que fazes aí, Lisboa? par L. & L.
* Dans la version originale chantée par Arlindo de Carvalho : « Voici le châle de mon poème. / Qu’il te protège de ton froid ! »
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Le foglie morte

5 octobre 2024

Deux versions italiennes des Feuilles mortes de Joseph Kosma et Jacques Prévert. La première, comme la grande majorité des adaptations étrangères (à commencer par Autumn leaves), laisse de côté la première partie de la chanson, ce qui la prive de tout son charme. Reste la voix suave de Bobby Solo. La seconde, celle de Patty Pravo, non seulement la conserve, mais son texte reste dans une grande proximité avec le poème original de Prévert. L’auteur des paroles italiennes est pourtant le même : Alberto Cavaliere (1897-1967).

Bobby Solo (né en 1945)Le foglie morte. Alberto Cavaliere, paroles italiennes ; Joseph Kosma, musique. Adaptation italienne de Les feuilles mortes, poème original de Jacques Prévert.
Bobby Solo, chant ; accompagnement d’orchestre ; Ralph Ferraro, direction.
Extrait de l’album La vie en rose / Bobby Solo. Italie, Ricordi, ℗ 1966.

Sono per me le foglie morte
I sogni miei che hai preso tu
Morì così il nostro amore
Scese l’autunno nei nostri cuor.

Pour moi, les feuilles mortes
Ce sont mes rêves que tu as emportés.
Notre amour en est mort,
L’automne est descendu dans nos cœurs.
Foglie morte sulle illusioni
Vissute allora insieme a te
E l’amore non è più che un sogno
Un sogno già spento per te.

Feuilles mortes sur les rêves
Que j’ai vécus avec toi
Et l’amour n’est plus qu’un songe,
Un songe qui s’est déjà éteint pour toi.
Foglie morte sulle illusioni
Vissute allora insieme a te
E l’amore non è più che un sogno
Un sogno già spento per me.

Feuilles mortes sur les rêves
Que j’ai vécus avec toi
Et l’amour n’est plus qu’un songe,
Un songe qui s’est déjà éteint pour moi.

Alberto Cavaliere (1897-1967). Le foglie morte, d’après : Jacques Prévert (1900-1977), Les feuilles mortes.
Alberto Cavaliere (1897-1967). Les feuilles mortes, traduit de : Le foglie morte, d’après : Jacques Prévert (1900-1977), Les feuilles mortes, par L. & L.

Patty Pravo (née en 1948)Foglie morte. Alberto Cavaliere, paroles italiennes ; Joseph Kosma, musique. Adaptation italienne de Les feuilles mortes, poème original de Jacques Prévert.
Patty Pravo, chant ; Orchestra di Gian Piero Reverberi.
Extrait de l’album Di vero in fondo / Bobby Solo. Italie, Philips, ℗ 1971.

Amália Rodrigues • Tive um coração, perdi-o (1980)

1 octobre 2024

Dans quelques jours, le 6, il y aura 25 ans qu’elle est morte.

Amália Rodrigues (1920-1999)Tive um coração, perdi-o. Amália Rodrigues, paroles ; José Fontes Rocha, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço d’Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho.
Extrait de l’album Gostava de ser quem era / Amália Rodrigues. Portugal, Valentim de Carvalho, ℗ 1980.

Tive um coração, perdi-o
Ai quem mo dera encontrar
Preso no fundo do rio
Ou afogado no mar

J’avais un cœur, je l’ai perdu,
Ah, si je pouvais le retrouver !
Pris dans le fond du fleuve
Ou noyé dans la mer.
Quem me dera ir embora
Ir embora sem voltar
A morte que me namora
Já me pode vir buscar

Ah, que je voudrais partir,
Partir, ne pas revenir !
Elle peut venir me prendre,
La mort qui me courtise.
Tive um coração, perdi-o
Ainda o vou encontrar
Preso no lodo do rio
Ou afogado no mar

J’avais un cœur, je l’ai perdu,
Je vais le retrouver,
Pris dans la vase du fleuve
Ou noyé dans la mer.

Amália Rodrigues (1920-1999). Tive um coração, perdi-o (1980).
Amália Rodrigues (1920-1999). J’avais un cœur, je l’ai perdu, traduit de : Tive um coração, perdi-o (1980), par L. & L.

L’album Gostava de ser quem era (1980) marque l’entrée de la carrière d’Amália dans une décennie automnale parfois rigoureuse. La voix montrait des signes de fatigue, déjà audibles dans Cantigas numa língua antiga (1977) et même dans la captation du récital de 1975 à l’Olympia. Les années de l’après Révolution des œillets ont été impitoyables ; Alain Oulman, qui procurait à la fois musiques et poèmes, est à Paris où son métier d’éditeur lui laisse peu de temps pour de nouvelles compositions ; 1979 se termine par une grave crise cardiaque qui sanctionne en quelque sorte cette difficile séquence.

Pendant sa convalescence, Amália redécouvre ses propres poèmes écrits au fil des années. Elle en confie quelques-uns à ses guitaristes, Carlos Gonçalves et José Fontes Rocha, pour qu’ils les mettent en musique. Gostava de ser quem era est le résultat de cette collaboration. Un album qui, quant à son contenu, n’a pas l’éclat de Com que voz (1970) ni de Cantigas numa língua antiga (1977), mais qui recèle ce fado d’une tristesse absolue dans sa simplicité radicale : Tive um coração, perdi-o, un véritable trésor. Trois strophes glaciales, rehaussées par Fontes Rocha d’une musique austère proche d’un Fado menor et d’un accompagnement instrumental âpre, squelettique, qui laisse la voix sans soutien, nue dans sa fragilité.

La chanson du dimanche [58]. Αφού το θες

29 septembre 2024

Αφού το θες τούτη τη βραδιά
με βαριά καρδιά και καημό μεγάλο
αγάπη μου, σου αφήνω γεια
αφού τώρα πια δε με θέλεις άλλο

Μανώλης Χιώτης [Manólis Chiótis] (1921-1970). Αφού το θες [Afoú to thes] (1957). Extrait

Puisque tu le veux, ce soir,
Le cœur lourd de chagrin,
Mon amour, je te quitte, adieu,
Puisque tu ne veux plus de moi.

Μαίρη Λίντα [Maíri Línta] (née en 1935)Αφού το θες [Afoú to thes]. Μανώλης Χιώτης [Manólis Chiótis], paroles & musique.
Μαίρη Λίντα [Maírī Líta], chant ; Πάνος Γαβαλάς [Pános Gavalás], 2e voix ; accompagnement d’orchestre ; Χιώτης [Manólis Chiótis], direction.
Grèce, Parlophone, ℗ 1958.

Δεν τη θέλεις πια την αγκαλιά μου
ξέχασες τα χάδια, τα φιλιά μου
σε γλυκοφιλώ και συ με σπρώχνεις
δε με θέλεις πια γι’ αυτό με διώχνεις

Tu ne veux plus de mes étreintes,
Tu as oublié mes caresses, mes baisers.
Je t’aime et tu me repousses,
Si tu me chasses, c’est que tu ne m’aimes plus.
Αφού το θες τούτη τη βραδιά
με βαριά καρδιά και καημό μεγάλο
αγάπη μου, σου αφήνω γεια
αφού τώρα πια δε με θέλεις άλλο

Puisque tu le veux, ce soir,
Le cœur lourd de chagrin,
Mon amour, je te quitte, adieu,
Puisque tu ne veux plus de moi.
Τι ‘ναι αυτό που σ’ έκανε ν’ αλλάξεις
κι έτσι ξαφνικά να με πετάξεις ;
ήμουνα εντάξει στο πλευρό σου
τώρα με κοιτάζεις σαν εχθρό σου

Qu’est-ce qui t’a fait changer
Pour que tu me jettes ainsi ?
J’étais bien près de toi
Et voici que tu me regardes comme une ennemie.
Έφτασε ο κόμπος πια στο χτένι,
τώρα το βλέπω είμαστε σαν ξένοι
κι έτσι θα χωρίσουμε σε λίγο,
φίλα με αγάπη μου να φύγω.

Nous avons atteint un point de non-retour.
Je le vois, nous sommes comme deux étrangers
Nous n’avons plus qu’à nous séparer.
Je m’en vais mon amour, donne-moi un dernier baiser.

Μανώλης Χιώτης [Manólis Chiótis] (1921-1970). Αφού το θες [Afoú to thes] (1957).
Μανώλης Χιώτης [Manólis Chiótis] (1921-1970). Puisque tu le veux, traduit de : Αφού το θες [Afoú to thes] (1957), par L. & L.

Amália Rodrigues • Quem o fado calunia

26 septembre 2024
O fado é
Prazer e dor,
Amar, sofrer
Com orgulho e altivez
Veio da ralé
Amou, cantou,
Sofreu, chorou
Para ser português

Le fado est
Plaisir et douleur,
C’est aimer, souffrir
Avec orgueil et fierté.
Il est sorti du ruisseau,
Il a aimé, chanté,
Souffert, pleuré,
Pour être portugais.
Aníbal Nazaré (1909-1975). Quem o fado calunia (extrait), de la revue Toma là, dá cá (1943).
Aníbal Nazaré (1909-1975). Ceux qui calomnient le fado, traduit de : Quem o fado calunia (extrait), de la revue Toma lá, dá cá (1943), par L. & L.

Amália Rodrigues (1920-1999)Quem o fado calunia. Aníbal Nazaré, paroles ; Raúl Ferrão, musique. Autres titres : Defesa do fado ; Fado Calúnia. De la revue Toma lá, dá cá (1943).
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement public : Paris, Bobino, février 1960.
Première publication dans l’album Paris 1960 / Amália Rodrigues. France, Ducretet-Thomson, ℗ 1960.

« Ceux qui calomnient le fado ne comprennent pas / la magie des petites rues de Lisbonne » déclare d’emblée Quem o fado calunia, un fado que chantait Hermínia Silva en 1943 dans la revue Toma lá, dá cá (« Donnant donnant »). Dommage qu’’il n’en reste aucune trace enregistrée : son interprétation devait avoir une toute autre saveur que celle d’Amália, qui en a quant à elle laissé deux captations publiques réalisées à Paris, l’une à Bobino en 1960, l’autre à l’Alhambra en 1962 dans le cadre d’une émission de radio. Éclat prodigieux de cette voix du début des années 1960, étincelante.

Amália Rodrigues (1920-1999)Quem o fado calunia. Aníbal Nazaré, paroles ; Raúl Ferrão, musique. Autres titres : Defesa do fado ; Fado Calúnia. De la revue Toma lá, dá cá (1943).
Amália Rodrigues, chant ; Domingos Camarinha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare.
Extrait de l’émission de radio Discoparade, produite et présentée par Jean Fontaine, enregistrée à l’Alhambra (Paris 11e) le 3 octobre 1962. Première diffusion sur France Inter le lundi 8 octobre 1962. Production : France, France Inter, 1962.
Repris dans le coffret de 5 CD Amália em Paris, Portugal, Ed. Valentim de Carvalho, 2020 et dans le disque microsillon Récitals parisiens / Amália Rodrigues, France, INA ; Diggers Factory, 2022.

Nilla Pizzi • Buongiorno tristezza

24 septembre 2024

Quelque chose monte alors en moi que j’accueille par son nom, les yeux fermés : Bonjour Tristesse.

Françoise Sagan (1935-2004). Bonjour tristesse (1954).

Nilla Pizzi (1919-2011)Buongiorno tristezza. Giuseppe Fiorelli, paroles ; Mario Ruccione, musique
Nilla Pizzi, chant ; accompagnement d’orchestre ; Armando Trovajoli, direction
Première publication dans le disque 78 t Buongiorno tristezza ; Canto nella valle. Italie, ℗ 1956.

Buongiorno tristezza
Amica della mia malinconia
La strada la sai
Facciamoci ancor oggi compagnia

Bonjour tristesse,
Amie de ma mélancolie.
Tu connais le chemin,
Aujourd’hui, tenons-nous encore compagnie.
Buongiorno tristezza
Torniamo dove un giorno t’incontrai
E dissi di lui, « Mi vuole ancora bene », e mi sbagliai
Piangono le foglie gialle tutte intorno a me
Chiedono al mormorio dei platani, « Dov’è? »
Vedendomi con te

Bonjour tristesse,
Retournons là où je t’ai rencontrée un jour,
Où je t’ai dit « Il m’aime encore », et je me trompais.
Les feuilles jaunies pleurent autour de moi,
Elles demandent au murmure des platanes « Où est-il ? »
Lorsqu’elles me voient avec toi.
Buongiorno tristezza
Facciamoci ancor oggi compagnia
La strada la sai
È quella ch’era un dì dell’allegria

Bonjour tristesse,
Aujourd’hui, tenons-nous encore compagnie.
Tu connais le chemin,
C’était autrefois celui du bonheur.
Buongiorno tristezza
Facciamoci ancor oggi compagnia
La strada la sai
È quella ch’era un dì dell’allegria

Bonjour tristesse,
Aujourd’hui, tenons-nous encore compagnie.
Tu connais le chemin,
C’était autrefois celui du bonheur.
Buongiorno tristezza
Amica della mia malinconia

Bonjour tristesse,
Amie de ma mélancolie.

Giuseppe Fiorelli (1904-1960). Buongiorno tristezza (1955).
Giuseppe Fiorelli (1904-1960). Bonjour tristesse, traduit de : Buongiorno tristezza (1955), par L. & L.

Amália • Menina Lisboa (1958)

23 septembre 2024

Un joli petit « fado-chanson ».

Menina Lisboa (« Mademoiselle Lisbonne ») de Raúl Ferrão (le compositeur de Coimbra, mais aussi du Fado Eugénia Câmara ou encore du Fado Carriche) a été enregistré à Paris durant la période où Amália, qui s’était pour ainsi dire installée dans la capitale française, était sous contrat avec la maison Ducretet Thomson. Il est sorti en 1958 sur un disque 45 tours comportant quatre titres comme ça se faisait alors, intitulé Amália Rodrigues à Alfama en dépit de la présence sur sa face B d’une chanson du Brésilien Dorival Caymmi, Saudade de Itapoã. Ces quatre morceaux, parmi les moins réédités de toute la discographie amálienne, sont disponibles sur le Web grâce à la numérisation du microsillon original par la Bibliothèque nationale de France, qui l’avait reçu à sa parution au titre du dépôt légal.

Amália Rodrigues (1920-1999)Menina Lisboa. Amadeu do Vale, paroles ; Raúl Ferrão, musique.
Amália Rodrigues, chant ; instrumentistes non précisés.
Enregistrement : Paris, [1958 ?].
Première publication dans le disque 45 t Amália Rodrigues à Alfama. France, Ducretet-Thomson, ℗ 1958.

Menina Lisboa,
Você com franqueza
Está muito bonita
Tem olhos gaiatos
Um ar de princesa
Vestida de chita
Que voz tão suave
Que alegra e encanta
Se acaso apregoa
Agora reparo
Você também canta
Menina Lisboa

Mademoiselle Lisbonne,
Franchement,
Vous êtes très jolie
Avec vos yeux rieurs,
Votre air de princesse
En robe chamarrée.
Votre voix suave
Enchante et réjouit
Lorsqu’elle résonne
Et je me rends compte
Que vous savez aussi chanter,
Mademoiselle Lisbonne !
Quem lhe pôs o Tejo aos pés
Com seus barcos enfeitados?
Quem lhe deu as chaminés
Que você tem nos telhados?
E o fumo que sobe
Que todo se apruma
Que rola e que voa
Parece impossível
Você também fuma
Menina Lisboa

Qui a mis le Tage à vos pieds
Avec ses barques décorées ?
Qui a placé sur vos toits
Toutes ces cheminées ?
Et la fumée qui monte
Tout droit dans le ciel,
Qui roule et qui vole
Semble impossible.
Vous savez aussi fumer,
Mademoiselle Lisbonne !
Menina Lisboa
Você é daquelas
Que em noites de lua
Namoram os craveiros
Das altas janelas
Que deitam p’ra rua
E baila no vira
Que vira e não cansa
Pela Madragoa
Agora é que eu vejo
Você também dança
Menina Lisboa

Mademoiselle Lisbonne,
Vous êtes de celles
Qui, les nuits de lune
Courtisent les œillets
Aux fenêtres des mansardes
Qui donnent sur la rue
Vous dansez le « vira »,
Virevoltant sans relâche
Dans la Madragoa
Et je constate
Que vous savez aussi danser,
Mademoiselle Lisbonne !
Você gosta
Já se vê
De um fadinho soluçado
Você tem bem sei porquê
Esse gosto pelo fado
Tão triste e dolente
Ouvi-o agora
Que bem que ele soa
É como lhe digo
Você também chora
Menina Lisboa

Vous aimez,
Ça se voit,
Un petit fado bien plaintif.
Vous avez, je sais pourquoi,
Ce goût pour le fado
Si triste et chagrin
Je viens d’entendre
À quel point il sonne bien
C’est comme je vous le dis :
Vous savez aussi pleurer,
Mademoiselle Lisbonne !

Amadeu do Vale (Amadeu Augusto dos Santos ; 1898-1963). Menina Lisboa (1958).
Amadeu do Vale (Amadeu Augusto dos Santos ; 1898-1963). Mademoiselle Lisbonne, traduit de : Menina Lisboa (1958), par L. & L.

La chanson du dimanche [57]. Tu ne te souviendras pas

22 septembre 2024

À la page tant saison d’aimer à telle autre de céder sa place.

Robert Pinget (1919-1997). Cette voix (1975). Paris, Éd. de Minuit, impr. 1991, ISBN 2-7073-0047-0, page 83.

Barbara (1930-1997)Tu ne te souviendras pas. Barbara, paroles & musique.
Barbara, chant & piano.
Extrait de l’émission La vie parisienne au café de l’Écluse, 17 février 1962. Production : France, Radiodiffusion-télévision française (RTF), 1962.
Première publication dans l’album Premiers micros / Barbara. France, Ina [Institut national de l’audiovisuel], ℗ 2017.

Dímelo en septiembre

20 septembre 2024

Une chanson peut-être un peu optimiste, au regard de l’actualité française…

Caterina Valente (1931-2024)Dímelo en septiembre. G. Moreu, paroles ; Augusto Algueró, musique.
Caterina Valente, chant ; con Augusto Algueró y su orquesta.
Extrait du disque 45t Caterina Valente en Madrid. Espagne, Decca, ℗ 1960.

Dímelo en septiembre,
Si me quieres de verdad
Que en septiembre un sueño
Se convierte en realidad

Dis-le moi en septembre
Si tu m’aimes pour de vrai,
Parce qu’en septembre les rêves
Deviennent réalité.
Si me pides
Un beso ardientemente
ni en abril
Ni en diciembre te lo doy

Si tu me demandes
Ardemment un baiser,
Ni en avril
Ni en décembre tu ne l’auras.
Pero tú
Ya verás que fácilmente
en septiembre yo te beso,
Mi amor

Oui mais
Tu verras que facilement
En septembre je t’embrasserai
Mon amour.
Ay dime, dime, dime, dime…

Ah dis-le, dis-le, dis-le…
Dímelo en septiembre,
Si me ofreces tu querer
Todo mi cariño
Con ternura te daré

Dis-le moi en septembre
Si tu m’offres ton amour,
Je te donnerai
Tout le mien en retour.
En el año
Se juntan doce meses,
Y de todos
Hay uno que es mejor

Dans l’année
Il y a douze mois
Et il y en a un
Qui est le meilleur de tous.
No es enero ni es febrero
Ni noviembre quiero yo
Es septiembre que es el mes
Que nos unió.

Ce n’est ni janvier, ni février,
Ni novembre que j’aime,
C’est septembre, car c’est le mois
Qui nous unit.
¡Es septiembre, porque tengo
Tu corazón!

C’est septembre, parce que j’ai
Ton cœur !

G. Moreu (Santiago Guàrdia i Moreu ; 1…-1967). Dímelo en Septiembre (1960).
G. Moreu (Santiago Guàrdia i Moreu ; 1…-1967). Dis-le moi en septembre, traduit de : Dímelo en Septiembre (1960), par L. & L.