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Amália Rodrigues • Sete estradas (1973)

29 octobre 2026

Sete estradas (« Sept routes ») est l’une de ces pièces « fantômes » enregistrées par Amália et jamais publiées de son vivant. Ce n’est pourtant pas faute de l’avoir travaillée : de cette chanson on connaît aujourd’hui neuf captations différentes, dont cinq réalisées en studio entre 1971 et 1973. Aucune n’est parvenue à satisfaire entièrement la chanteuse (voir ce billet de fin 2021 : Amália Rodrigues • Sete estradas).

Dans celle-ci, réalisée en novembre 1973, transparaît pourtant une joie de chanter qui se résout, à la fin de la prise, en un rire – ce rire d’Amália ! – dont on ne connaît pas le motif. Est-ce parce que, dans les le le le chantés « à l’espagnole » qui servent de coda à la chanson elle accélère et cherche, par jeu, à prendre de vitesse ses guitaristes ?

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Amália Rodrigues (1920-1999) • Sete estradas. Armindo Rodrigues, paroles ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; José Fontes Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studio Valentim de Carvalho, 16 novembre 1973.
Premmière publication dans l’album Cantigas numa língua antiga, [édition 2025] / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 2025.

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Amarrada a sete luas
Por sete nuvens toldada
À beira de sete estradas
Com sete facas à cinta
Para te dar sete facadas
Com sete olhos abertos
À beira de sete estradas.

Amarrée à sept lunes,
Enténébrée par sept nuages,
Sur le bord de sept routes,
Avec sept poignards à la ceinture,
Pour te poignarder sept fois
Avec sept yeux grands ouverts
Sur le bord de sept routes.
Há sete noites seguidas
que no próprio coração,
entre sete chamas rubras
e sete sombras fatais,
por trás dos muros do medo
oiço um tropel de cavalos.
Por trás dos muros do medo.

Voici sept nuits entières
Qu’au dedans de mon cœur,
Entre sept flammes écarlates
Et sept ombres fatales,
Par delà les murailles de la peur
J’entends une troupe de chevaux.
Par delà les murailles de la peur.
Há sete noites seguidas,
à beira de sete estradas,
que espero que me apareças,
para te dar sete facadas.
Le le le…

Voici sept nuits entières,
Sur le bord de sept routes,
Que j’espère te voir paraître,
Pour te poignarder sept fois.
Le le le…
Há sete noites seguidas
que de mim ando perdida
amarrada a sete luas,
por sete nuvens toldada
a sete céus de distância,
sete poços de saudade,
sete poços de saudade.

Voici sept nuits entières
Que je ne m’appartiens plus,
Amarrée à sept lunes,
Enténébrée par sept nuages,
À sept ciels de distance,
À sept puits de saudade,
À sept puits de saudade.
Há sete noites seguidas
que dou voltas à memória,
à procura de quem sou,
na esperança de encontrar-te.
Le le le…

Voici sept nuits entières
Que je parcours ma mémoire
À la recherche de moi-même,
Dans l’espoir de te trouver.
Le le le…
Há sete noites seguidas
que tudo parece nada
e me dói o sangue tanto
e me dói o sangue tanto
de ciúme e de desejo
que há sete mundos seguidos
que julgo que te não vejo.
Ai le le le…

Voici sept nuits entières
Que tout semble anéanti
Et que le sang me fait si mal
Et que le sang me fait si mal,
De désir et de jalousie,
Qu’il me semble que voici sept mondes
Que je ne te vois plus.
Ai le le le…
…

…
D’après : Armindo Rodrigues (1904-1993). As sete estradas. Dans : Romanceiro e canções de um menino perdido.
D’après : Armindo Rodrigues (1904-1993). Les sept routes, traduit de : As sete estradas, extrait de Romanceiro e canções de um menino perdido, par L. & L.

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