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Luis Cernuda • Déjame esta voz (1931)

1 octobre 2026

Dicono che chi non piange si allarga dentro (On dit que ceux qui ne pleurent pas s’inondent au-dedans). Vicenza (Vénétie, Italie), 29 juin 2023. Photo Philippe Le Pape.

Dicono che chi non piange si allarga dentro (On dit que ceux qui ne pleurent pas s’inondent au-dedans). Vicenza (Vénétie, Italie), 29 juin 2023.

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Déjame esta voz que tengo,
Lo mismo que a la pampa le dejan
Sus matorrales de deseo,
Sus ríos secos colgando de las piedras.

Laisse-moi cette voix que j’ai
De même qu’on laisse à la pampa
Ses halliers de désir,
Ses rivières à sec suspendues à ses pierres.
Déjame vivir como acero mohoso,
Sin puño, tirado en las nubes;
No quiero saber de la gloria envidiosa
Con rabo y cuernos de ceniza.

Laisse-moi vivre comme un poignard rouillé,
Sans manche, jeté vers les nuages ;
Je ne veux rien savoir de cette gloire envieuse,
Avec sa queue et ses cornes de cendre.
Un anillo tuve de luna
Tendida en la noche a comienzos de otoño;
Lo dí a un mendigo tan joven
Que sus ojos parecían dos lagos.

J’avais une bague faite de lune
Éclairant une nuit du début de l’automne ;
Je l’ai donnée à un mendiant si jeune
Que ses yeux ressemblaient à deux lacs.
Me ahogué en fin, amigos;
Ahora duermo donde nunca despierte.
No saber más de mí mismo es algo triste;
Dame la guitarra para guardar las lágrimas.

J’ai fini par me noyer, mes amis ;
Je dors à présent là où on ne se réveille pas.
Ne plus rien savoir de moi est une chose triste ;
Donne-moi la guitare pour recueillir les larmes.
…

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Luis Cernuda (1902-1963). Déjame esta voz, extrait de : Los placeres prohibidos (1931).
Luis Cernuda (1902-1963). Laisse-moi cette voix, traduit de : Déjame esta voz, extrait de : Los placeres prohibidos (1931), par L. & L.

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Amália Rodrigues (1920-1999) • Com que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Raul Nery & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare ;Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1966.
Première publication dans l’album : Com que voz [nouvelle éd. 2010] / Amália. Portugal, Edições Valentim de Carvalho, ℗ 2010.

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Com que voz chorarei meu triste fado,
que em tão dura paixão* me sepultou,
que mor não seja a dor que me deixou
o tempo, de meu bem desenganado?
De quelle voix pleurerai-je mon triste sort,
Qui en si dure passion* m’a enseveli ?
Car plus grande ne saurait être la douleur
Que m’a laissée le temps, désabusé de mon amour.
Mas chorar não se estima neste estado,
aonde suspirar nunca aproveitou;
triste quero viver, pois se mudou
em tristeza a alegria do passado.
Mais les pleurs sont sans effet sur cet état,
Que jamais les soupirs n’ont su guérir;
Triste je veux vivre, car la joie d’autrefois
S’est changée en tristesse.
De tanto mal, a causa é amor puro,
devido a quem de mi tenho ausente
por quem a vida, e bens dela, aventuro.
D’un mal si grand la cause est pur amour
Envers qui me prive de sa présence,
Pour qui je compromets ma vie, et ses plaisirs.
Luís Vaz de Camões (1524?-1580) ? Com que voz chorarei meu triste fado (15??). Extrait.
* « prisão » dans le poème original.
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Luís Vaz de Camões (1524?-1580) ? De quelle voix pleurerai-je mon triste sort, traduit de Com que voz chorarei meu triste fado (15??). Extrait, par L. & L.
* « prison » dans le poème original.

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Dicono che chi non piange si allarga dentro (On dit que ceux qui ne pleurent pas s’inondent au-dedans). Vicenza (Vénétie, Italie), 29 juin 2023. Photo Philippe Le Pape.

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