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Amália Rodrigues — Fui à fonte lavar os cabelos

9 février 2012

Fait suite à : Amália Rodrigues et alii — Cantigas d’amigos (1971). Édition 2012.

C’est de cet inédit-là qu’il était question dans le billet précédent : Fui à fonte lavar os cabelos (À la fontaine je suis allée laver mes cheveux) :


Fui à fonte / Amália Rodrigues, chant ; poème de João Soares Coelho ; adaptation moderne Natália Correia ; [musique Fontes Rocha ?].

On ne sait rien des circonstances de l’enregistrement — mais je ne serais pas étonné qu’il fasse partie des bandes de l’album Cantigas d’amigos. En tout cas il date de cette époque-là, sans aucun doute.

Comme dans Cantigas d’amigos, les paroles sont constituées d’une version modernisée par Natália Correia d’une cantiga de amigo médiévale, dont l’auteur est cette fois un troubadour du XIIIe siècle nommé João Soares Coelho. On peut en lire la biographie (en portugais) dans la remarquable base de données Cantigas medievais galego-portuguesas.

À la fontaine je suis allée laver mes cheveux
Ma mère, et je leur ai trouvé de la grâce
Et à moi aussi.

La fontaine fait partie des lieux récurrents des cantigas de amigo (avec le rivage marin et la chapelle). La mère de la dame en est un des personnages types ; elle peut parfois, comme ici, jouer le rôle de la confidente.

Autre caractéristique du genre : divers procédés stylistiques fondés sur la répétition. Dans ce poème, c’est le dernier vers de la première strophe qui est repris dans toutes les suivantes.

Voici le texte de la cantiga originale :

Fui eu, madre, lavar meus cabelos
a la fonte e paguei-m’eu delos
e de mi, louçana.

Fui eu, madre, lavar mias garcetas
a la fonte e paguei-m’eu delas
e de mi, louçana.

A la fonte [e] paguei-m’eu deles;
aló achei, madr’, o senhor deles
e de mi, louçana.

[E], ante que m’eu d’ali partisse,
fui pagada do que m’el[e] disse
e de mi louçana.
João Soares Coelho (vers 1220-après 1279). Fui eu, madre, lavar meus cabelos.
Source : Cantigas medievais Galego-Portuguesas

Et l’adaptation qu’en a faite Natália Correia (et que chante Amália), suivie de sa traduction :

Fui à fonte lavar os cabelos,
minha mãe, e gostei eu deles
e de mim, também.

Fui à fonte as tranças lavar,
e das tranças pus-me eu a gostar
e de mim, também.

Lá na fonte, onde eu gostei deles,
vi o dono dos meus cabelos
e de mim, também.

Lá na fonte, antes que eu partisse,
gostei tanto do que ele me disse
e de mim, também.
João Soares Coelho (vers 1220-après 1279). Fui eu, madre, lavar meus cabelos. Adaptation de Natália Correia.
Dans : Cantares dos trovadores galego-portugueses / selecção, introdução, notas e adaptação de Natália Correia. Lisboa : Estampa, 1970. Réédité en 1978 et 1998. — ISBN 972-33-0258-6 (éd. 1998).

À la fontaine je suis allée laver mes cheveux
Ma mère, et je leur ai trouvé de la grâce
Et à moi aussi.

À la fontaine je suis allée laver mes tresses
Ma mère, et je leur ai trouvé de la grâce
Et à moi aussi.

À la fontaine, où je leur ai trouvé de la grâce
J’ai vu le seigneur et maître de mes cheveux
Et le mien aussi.

À la fontaine, avant que d’en partir
J’ai trouvé bien de la grâce à ce qu’il m’a dit
Et à moi aussi.
João Soares Coelho (vers 1220-après 1279). Fui eu, madre, lavar meus cabelos. Adaptation de Natália Correia.
Traduction L. & L.

L. & L.

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