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Na fonte está Lianor — Sete Lágrimas

8 décembre 2011

Sete Lágrimas (Sept larmes), ce nom bien portugais fait pourtant référence aux Lachrimae, or Seaven Teares de John Dowland (1563-1626). C’est celui d’un ensemble instrumental et vocal de musique ancienne formé à Lisbonne en 2000, d’abord sous le nom L’Antica Musica. Les Sept larmes ont commencé en 2007 la publication d’une discographie maintenant assez riche dont le 7e volume, Terra, sort ces jours-ci.

Sur l’une des pages de leur compte Facebook, cette nouvelle œuvre  semble porter en sous-titre Diáspora, vol. 2, c’est à dire qu’on pourrait l’entendre comme la continuation d’ un précédent travail : Diaspora.pt (2008), un parcours dans les musiques anciennes de tous styles, essentiellement des XVIe et XVIIe siècles, des régions lusophones de la terre. Portugal, Brésil, Cap Vert, Timor, Macau, Inde, plus l’Espagne.

En voici un adorable échantillon, Na fomte está Lianor (À la fontaine se tient Lianor) :

Na fomte está Lianor / Sete Lágrimas, ensemble instrumental et vocal ; paroles et musique traditionnelles (vilancete anonyme du XVIe siècle, Portugal), et arrangement sur la Recercada segunda de Diego Ortiz. Fait partie de : Diaspora.pt (2008).

Un délice, je ne m’en fatigue pas.

Na fomte está Lianor est un vilancete anonyme du XVIe siècle, auquel les deux directeurs musicaux du groupe, Filipe Faria et Sérgio Peixoto, ont mêlé un arrangement de la Recercada segunda sobre el passamezzo moderno du compositeur espagnol Diego Ortiz (1510-1570). L’allégresse de la musique fait contrepoint au texte quant à lui pour le moins fébrile, Lianor en larmes cherchant son amant, ne le trouvant pas, interrogeant ses compagnes — mais nul n’a vu cet homme, et la passion de Lianor pour lui grandit à mesure de son inquiétude.

De même la vidéo semble sans rapport avec la pièce de musique. Délice aussi de se trouver à bord de cette auto qui quitte Lisbonne à toute vitesse et file vers le Sud, vers Caparica qui sait, ou vers l’Alentejo, dans cette lumière vorace qui digère le mauvais gras de la vie, comme lors du bonheur. Qui conduit ? Qui tu veux.

Sais-tu qu’on peut en restituer exactement l’itinéraire à l’aide de Google street view ? Essaie. Deux indices : vers la 57e seconde on voit devant soi une portion de l’Aqueduto das Águas Livres (l’aqueduc des Eaux libres, qui se développe dans le nord-ouest de Lisbonne). Et vers la fin de la vidéo, c’est bien sûr le Christ-roi qui apparaît en  surplomb de la route.

Tu n’y arrives pas ? Nouvel indice : on part du quartier de Campo de Ourique.

Solution à la fin du billet.

Na fomte está Lianor
Na fomte está Lianor,
lavamdo pote, chorando.
He as amigas preguntando:
vistes lá ho meu amor.

Nenhuma lhe da rrezão
De que ela fique contente,
De que ela fique contente

Porque não no ter presente
Iso lhe da mais payxão,
Iso lhe da mais payxão.

Ho caminho está olhando
Cos olhos que lhe dão dor,
E ás que vinhão preguntando:
Vistes lá o meu amor,
Vistes lá o meu amor.

Humas vem e outras vão
Nenhuma vinha a quem,
Nenhuma vinha a quem.

Pregunte pelo seu bem
Que dele lhe de rrezão,
Que dele lhe de rrezão.

Estava triste, cuidando
Rremedio pera tal dor.
Deixa a talha e chorando
Vay buscar ho seu amor,
Vay buscar ho seu amor.
Na fomte está Lianor. Anonyme (Portugal, XVIe siècle). Source : XV Festival de Música Antigua de Úbeda y Baeza 2011, consulté le 8 décembre 2011.

Juste pour comparer, une version de la Recercada Segunda d’Ortiz, par Jordi Savall et alii :

Diego Ortiz (1510-1570). Recercada Primera sobre el passamezzo Antiguo ; Recercada Segunda sobre el passamezzo Moderno / Diego Ortiz ; Jordi Savall, basse de viole de gambe ; Rolf Lislevand, vihuela ; Ton Koopman, clavecin ; Andrew Lawrence-King, harpe Renaissance ; Lorenz Duftschmid, violone ; Paolo Pandolfo, viole de gambe. La Recercada Segunda débute à 1 min 38.

L’itinéraire : la vidéo commence à peu près au niveau du 120, Rua do Campo de Ourique, en direction de l’ouest. Au bout de cette rue, l’auto continue à droite dans la Rua Maria Pia qui rejoint la Rua do Arco Carvalhão sous l’Avenida Eng. Duarte Pacheco, tourne à gauche dans la Rua Particular à Rua do Arco do Carvalhão (Campolide), encore à gauche dans la Rua projectada à Calçada da Quintinha (drôle de nom) jusqu’à l’Avenida Eng. Duarte Pacheco où elle s’engage, prenant immédiatement, à droite, la bretelle d’accès à l’autoroute du sud en direction du pont du 25 avril, qu’elle franchit.

L. & L.

Sete Lágrimas
Diaspora.pt (2008)

Sete Lágrimas -- Diaspora.pt (Mu, 2008)Diaspora.pt / Sete Lágrimas, ensemble instrumental et vocal ; Filipe Faria et Sérgio Peixoto, direction et arrangements. — [Lisboa] : Mu, 2008.

Mu MU0103.

Sete Lágrimas — Site officiel
Sete Lágrimas sur Myspace

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