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António Zambujo — O rapaz da camisola verde

11 juin 2011

C’est ça tu vois, ce « jeune homme au chandail vert » dont il est question à la fin du billet précédent — encore cette couleur verte, fréquente dans la poésie de Pedro Homem de Mello.

O rapaz da camisola verde / António Zambujo, chant, guitare ; Pedro Homem de Mello, paroles ; Hermano da Câmara, musique. Lisbonne, Parque Mayer, septembre 2009.

Le poème original, publié en 1948, s’appelle Remorso, Remords ; et si tu l’as sous les yeux en écoutant la chanson (le texte est en fin d’article), tu constateras que certaines strophes manquent, les première, troisième et septième, sans lesquelles le poème reste allusif.

Je ne sais pas s’il faut y voir l’effet de la censure salazariste, pour laquelle un récit à la thématique homosexuelle aussi flagrante devait être insupportable, ou bien de l’autocensure de la part du compositeur, Hermano da Câmara, Frei Hermano da Câmara plutôt, car il s’est fait moine bénédictin en 1961 (il est né en 1934). Ce qui ne l’a nullement empêché de poursuivre sa carrière de chanteur entamée en 1955, de continuer à enregistrer des disques ni de se produire sur scène. Du reste, c’est lui le créateur du Rapaz da camisola verde (en 1970), avant qu’Amália n’en publie un enregistrement (en 1972) et ne popularise la chanson.


O rapaz da camisola verde / Frei Hermano da Câmara, chant, guitare ; Pedro Homem de Mello, paroles ; Hermano da Câmara, musique.

Remorso

1. Lembro o seu vulto, esguio como espectro,
Naquela esquina, pálido encostado!
Era um rapaz de camisola verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado…

2. De mãos nos bolsos e de olhar distante
Jeito de marinheiro ou de soldado…
Era o rapaz de camisola verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado.

3. Quem o visse, ao passar, talvez não desse
Pelo seu ar de príncipe, exilado
Na esquina, alí, de camisa verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado.

4. Perguntei quem era, ele me disse:
Sou do Monte Senhor! E seu criado…
Pobre rapaz de camisola verde
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado!

5. Porque me assaltam turvos pensamentos?
Na minha frente estava um condenado?
Vai-te! Rapaz de camisola verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado!

6. Ouvindo-me, quedou-se, altivo, o moço,
Indiferente à raiva do meu brado,
E ali ficou de camisola verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado…

7. Ali ficou… E eu cínico, deixei-o
Entregue à noite, aos homens, ao pecado…
Ali ficou de camisola verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado…

8. Soube depois, ali, que se perdera
Esse que, eu só, pudera ter salvado!
Ai! do rapaz de camisola verde,
Negra madeixa ao vento,
Boina maruja ao lado!
Pedro Homem de Mello (1904-1983). Remorso (1948).

Remords

1. Je revois sa figure de fantôme
Pâle dans ce recoin, adossée au mur
Un jeune homme en chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

2. Mains dans les poches et le regard distant
L’allure d’un marin ou d’un soldat
Tel était le jeune homme au chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

3. Les passants, à le voir dans ce coin,
Remarquaient-ils son air de prince ?
Un prince exilé là, dans un chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

4. Qui es-tu ? ai-je demandé
Je suis de la Montagne Monsieur, pour vous servir !
Pauvre jeune homme en chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

5. Pourquoi ces pensées troubles qui m’assaillent ?
Était-il un criminel ? Un repris de justice ?
Va au diable, avec ton chandail vert !
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

6. Mais lui, toujours aussi hautain,
Restait indifférent à mon cri de fureur
Dans son chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

7. Il est resté là… Et moi cynique, je l’ai laissé
Livré à la nuit, aux hommes, au péché…
Il est resté là, dans son chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture

8. On m’a dit qu’il y avait trouvé sa perte,
Celui-là, que j’avais seul le pouvoir de sauver
Pauvre de lui ! Le jeune homme au chandail vert,
Mèche noire au vent,
Béret de marin à la ceinture.
Pedro Homem de Mello (1904-1983). Remorso (1948). Traduction Lili & Lulu.

L. & L.

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