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Lucide

10 août 2011

Samedi dernier dans le métro de Toulouse il y avait un bébé, encore minuscule, encore dans la toute-petitesse du début de la vie, regardant le monde depuis son landau. Son père l’enveloppait d’amour et lui parlait une langue intime, impénétrable. Cet enfant était pour lui la totalité de l’univers, un trésor de bonheur.

Mais lui, le bébé, regardait ailleurs. Il arrondissait ses lèvres, et ça lui donnait un air de circonspection vis-à-vis du monde, l’air de se demander in petto j’y vais ou j’y vais pas ? Quand les gens se levaient aux stations et passaient devant le landau son visage se fronçait un peu, mais tout entier. Un de ses sourcils, le gauche, savait se hausser de perplexité.

Pas de sourire non, ça ne vient pas. Comment voulez-vous sourire ?

Il ne dit rien encore à son père, à quoi bon l’inquiéter.

Não vou, não vou / Aldina Duarte, chant ; Júlio de Sousa, paroles ; Moniz Pereira, musique ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare.

Não vou, não vou

Eu tinha as chaves da vida e não abri
As portas onde morava a felicidade
Eu tinha as chaves da vida e não vivi
A minha vida foi toda uma saudade
E tanta ilusão que tive e foi perdida
E tanta esperança no amor foi destroçada
Não sei porque me queixo desta vida
Se não quero outra vida para nada

Se foi para isto que nasci
Se foi para isto que hoje sou
Se foi só isto que mereci
Não vou, não vou

Podem passar bocas pedindo
Olhos em fogo tudo acabou
Pode passar o amor mais lindo
Não vou, não vou

Eu tinha as chaves da vida e fui roubada
Mataram dentro de mim toda a poesia
Deixaram só tristeza sem mais nada
E a fonte dos meus olhos que eu não queria
Júlio de Sousa.

——

J’avais les clés de la vie et je n’ai pas ouvert
Les portes du lieu où demeurait le bonheur
J’avais les clés de la vie, et je n’ai pas vécu
Ma vie entière n’a été qu’une saudade
Et de toutes mes illusions il ne reste rien
Et tous mes espoirs d’amour sont en miettes.
Mais pourquoi me plaindre de cette vie
Alors que je n’en veux pas d’autre ?

Si c’est pour ça que je suis née
Si c’est pour ça que je suis là aujourd’hui
Si c’est ça ce que je mérite
Non merci, non merci.

Des bouches peuvent s’offrir
Ou des yeux de braise, tout ça c’est fini
Le plus bel amour peut se présenter
Non merci, non merci.

J’avais les clés de la vie, on m’a volée
On a tué en moi toute la poésie
Pour ne me laisser que de la tristesse
Et la fontaine de mes yeux dont je ne voulais pas.
Júlio de Sousa. Trad. Lili & Lulu

L. & L.

6 commentaires leave one →
  1. 2 septembre 2011 17:20

    Ton texte est juste à l’essentiel du regard. Comme j’aime. Je peux faire un lien dans mon blog?

    • lili-et-lulu permalink*
      2 septembre 2011 20:33

      Merci, je suis très touché.

      Bien sûr que tu peux, ne sommes-nous pas dans le web ?

      Bien à toi.

  2. Anne-Marie permalink
    7 septembre 2011 18:59

    J’ai éclaté de rire à la lecture de ton « lucide » parce que « j’y vais ou j’y vais pas », ça m’a immédiatement fait penser à Nao vou, et voilà que bien sûr, tu y arrives !
    Bonne rentrée, Lulu & Lili !
    AM

    • lili-et-lulu permalink*
      7 septembre 2011 19:12

      Ah Anne-Marie ! Tu me manquais 🙂
      Bonne rentrée à toi aussi !!

  3. Anne-Marie permalink
    9 septembre 2011 15:42

    A propos d’Aldina, comme tu n’as pas encore parlé de son dernier album « Contos de fados », je suppose que tu ne l’as pas encore écouté, ce n’est pas possible autrement ! Comme je reviens de Lisbonne (allez, ne viens pas encore me jalouser, ton été a été pas mal aussi, même si tu n’as pas suivi mon conseil d’aller à Porto écouter Lula ! ), je l’ai ramené dans mes bagages, et pour une fois je vais te devancer : je m’en régale depuis chaque soir, de ces fados tirés de la mythologie ou de la littérature sur la paixo, pour la plupart écrits par Manuela de Freitas, la parolière de Camané, et qu’Aldina interprète de sa voix si sensible… Aussi beau que son mulheres ao espelho, ce qui n’est pas peu dire.. avec ce thème original de s’inspirer des mythes, contes, romans universellement connus, et son interprétation inimitable, un seul mot résume ce disque : superbe ! Bon, tu sais ce qui te reste à faire…

    • lili-et-lulu permalink*
      9 septembre 2011 16:42

      En fait c’est déjà fait Anne-Marie, ça fait assez longtemps que je l’ai commandé sur l’internet.

      Mais la commande comprenait plusieurs albums tant qu’à faire (même un 45 tours !), et le fournisseur attend de tout avoir avant d’expédier… Ça ne devrait plus tarder maintenant.

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