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António Zambujo — Por meu cante (2004). Édition 2011

3 juin 2011

World village France, qui est l’éditeur d’António Zambujo depuis son 3e album (Outro sentido, 2008) vient de publier le 2e (Por meu cante, produit par Ocarina en 2004), jusqu’à présent disponible seulement au Portugal.

Les contenus d’accompagnement sont restés tels quels (les textes des chansons ne sont pas traduits, on s’est contenté d’une brève notice générale en français et en anglais) ; mais la présentation d’origine, faite d’un cartonnage qui s’ouvrait comme une fleur (noire) dont le CD constituait le cœur a été remplacée par une banale brochure insérée dans un boîtier en plastique. Tu vois, la voilà l’édition originale portugaise (le lapin n’est pas fourni avec, il sert à ce que ça tienne à plat pendant que je prends la photo)  :

António Zambujo -- Por meu cante (2004). Édition originale António Zambujo — Por meu cante (2004). Édition originale.

Le cante alentejano constitue comme on sait une des deux nervures principales des racines musicales d’António Zambujo, l’autre étant le fado.

Por meu cante est comme le soubassement de la maison Zambujo — tout à coup voilà une métaphore architecturale, j’aurais dû parler de fondations dans la phrase précédente. Mais les fondations sont inertes, tandis que les racines aspirent de quoi vivre et poussent leur sève vers l’organisme qui cherche à croître et à se construire.

Alors ce cante alentejano est là, à la fois dans l’absolue fidélité à la tradition (un authentique chœur polyphonique d’hommes de l’Alentejo) et dans son interprétation à lui : suavité de la voix, impressionnante maîtrise technique, l’une et l’autre se succédant dans Que inveja tens tu das rosas (Pourquoi être jalouse des roses) et l’autre à l’une dans le merveilleux Verão (L’été), renommé dans cette édition Verão, Alentejo e os homens (L’été, l’Alentejo et les hommes), et attribué à Manuel Conde Fialho (« tradicional » dans l’édition originale). En portugais on dirait de cette interprétation qu’elle est arrepiante, à faire frissonner, à donner la chair de poule.

Plusieurs fados traditionnels, dont un fado das horas (il en a été question , c’est récent) sur un poème de Pessoa, peut-être en hommage à Maria Teresa de Noronha dont il est proche par le style et dans la maîtrise de la ligne vocale ; l’interprétation de Zambujo est d’une lenteur toute alentejane et dans sa lenteur évoque Minha alma de amor sedenta, d’un autre António, António dos Santos, mort en 1993. Ou encore un fado vianinha (P’ra onde quer que me volte, adorable).

P’ra onde quer que me volte / António Zambujo, chant ; Mário Rainho, paroles ; Francisco Viana, musique (fado vaininha). Captation : Lisbonne, Teatro da Trindade, 14 mai 2008.

On entend aussi dans cet album des chansons anciennes revisitées (Aquela janela virada p’ro mar, dont on connait une version au style très daté par Tristão da Silva, ou Noite cheia de estrelas, chanson brésilienne du début du XXe, qui trouve ici, accompagnée au piano, une seconde jeunesse) ; et cette mystérieuse et poignante Noite apressada (Nuit abrégée), sur un poème de David Mourão-Ferreira :

Imensa, a luz proibida
no centro da catedral;
Imensa, a voz diluída
além do bem e do mal;
Imensa, por toda a vida,
uma descrença total!

Immense, la lumière interdite
au centre de la cathédrale ;
Immense, la voix diluée
au-delà du bien et du mal ;
Immense, pour toute la vie,
une incroyance totale !

Assez inattendue, je dois dire, est la présence dans ce programme (et dans le répertoire de Zambujo, car je l’ai entendu le chanter sur scène les deux fois que je l’ai vu, en 2009 et en 2010) du Rapaz da camisola verde (Le jeune homme au chandail vert), une chanson popularisée par Amália dans les années 70, et dont je n’ai jamais beaucoup aimé la musique, une marche. Quant aux paroles, elles sont de Pedro Homem de Mello (de ce poète il a déjà été question, par exemple pour Verde, verde). Elles relatent une brève entrevue entre le narrateur et un jeune homme, « mains dans les poches, regard distant / allure de marin ou de soldat / vêtu d’un chandail vert / mèche noire au vent / béret de marin au côté » ; un prostitué qui vend son travail et qui se fait violemment, et probablement hypocritement, rabrouer. Ni Amália ni Zambujo ne chantent l’intégralité du poème.

L. & L.

Zambujo, António
Por meu cante (2004). Édition internationale (2011)

Antonio Zambujo -- Por meu cante (2011)Por meu cante / António Zambujo, chant ; Paulo Parreira, guitare portugaise ; João Mário Veiga, Luís Pontes, António Zambujo, guitare ; António Palma, piano ; Ricardo Cruz, contrebasse, basse acoustique et direction musicale. — [France] : Harmonia Mundi, 2011.

Enregistrement : studios Pé de vento, Lisbonne, février et mars 2004. — Prod. Ocarina, 2004.
World village WVF479058. — EAN 794881998425.


Disponible sur Amazon, Fnac
Télécharger sur Amazon, Fnac
Édition originale portugaise : Disponible sur CDGO, Fnac (Portugal) Amazon

António Zambujo — site officiel
António Zambujo sur Myspace


Vendredi 1er Juillet 2011, 22h00

La nuit du fado. Avec Cristina Branco
Châteauvallon (83 – Var) – Centre national de création et de diffusion culturelle
795, chemin de Châteauvallon
83190 Ollioules
Tél : +33 (0)4.94.22.02.02
12 à 24 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

Samedi 9 Juillet 2011, 21h00

La nuit du fado. Avec Cristina Branco
Lyon (69 – Rhône) – Théâtres romains de Fourvière (Odéon)
6, rue de l’Antiquaille
69005 Lyon
Tél : +33 (0)4.72.32.00.00 (réservations)
27 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

Mardi 13 Juillet 2011, 21h30

Festival Les Suds. 2e partie : Estrella Morente
Arles (13 – Bouches-du-Rhône) – Théâtre Antique
13200 Arles
Tél : +33 (0)4 90 96 06 27
25 à 38,50 € (prix indicatif)
Voir ce concert sur le site du théâtre

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