Lina Rodrigues — Os lugares por onde andámos
Il arrive, lorsqu’on visite le musée du fado à Lisbonne, qu’un ou une fadiste se produise là d’une manière qu’on pourrait croire impromptue tellement ça se fait sans aucun des éléments du rituel du théâtre ou de la représentation. En outre c’est forcément de jour, alors que le fado est en principe contemporain de la nuit.
C’est dans ces conditions-là que j’ai vu Lina Rodrigues (rien à voir avec Amália, sinon qu’elle l’a incarnée à l’un des âges de sa vie dans le spectacle musical Amália de Filipe La Féria).
Elle a travaillé le chant classique, voilà probablement pourquoi sa technique est impeccable. Or le fado, qui est un art difficile, est aussi affaire de technique. Ce jour-là au musée du fado elle a donné six ou sept morceaux, devant un public constitué d’un groupe de visiteurs assez âgés et au fait des codes, du personnel du musée et de quelques autres spectateurs. L’adhésion a été immédiate.
Cette vidéo-ci est une captation réalisée au Clube de fado, qui se trouve dans Alfama. C’est une des bonnes maisons de fado de Lisbonne, dirigée par le guitariste Mário Pacheco. Parmi les grands fadistes actuels, beaucoup y ont fait leurs débuts (António Zambujo, Aldina Duarte et d’autres). À la guitare portugaise on reconnait Carlos Gonçalves, l’un des musiciens d’Amália, et le principal compositeur des fados de la dernière partie de sa vie.
Os lugares por onde andámos / Lina Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Pinhal [?], guitare ; Paulo Paz, contrebasse ; João Ferreira Rosa, paroles ; Franklin Godinho, musique (fado Franklin em quadras). Enregistré au Clube de Fado, Lisbonne, le 27 juillet 2010.
Os lugares por onde andámos
Não os esqueço, meu amor
Nem tudo quanto falámos
Quer seja alegria ou dôrO tempo dantes corria
Que parecia não ter fim
Agora não passa um dia
Sem passar um ano em mimTeus olhos são o meu norte
Teus passos o meu caminho
O teu riso a minha sorte
Tuas mãos o meu carinhoSe me dissessem um dia
Que a cantar te fiz chorar
Eu juro que não sabia
Que entendias meu cantar
João Ferreira Rosa, Os lugares por onde andámos.Ces lieux que nous avons connus
Je ne les oublie pas mon amour
Ni ces paroles échangées
De joie ou de douleurLe temps autrefois courait
Il nous semblait sans fin
À présent chaque jour qui passe
Est pour moi comme une annéeTes yeux sont ma boussole
Tes pas font mon chemin
Ton rire est mon destin
Et ta main ma caresseSi on me disait un jour
Que je t’ai fait pleurer par mon chant
Je jure que j’ignorais
Que ce chant tu le comprenais
João Ferreira Rosa, Os lugares por onde andámos ; traduction Lili & Lulu.
L. & L.
obrigada pela partilha.
Obrigado pela visita 🙂
…et à la contrebasse c’est Paulo Paz, qui accompagne aussi Camané. J’ai entendu un(e) autre fadista chanter ce fado, mais je ne sais plus qui. Celle-ci chante très bien, aucun défaut, merci de me la faire connaître…
Oui c’est Paulo Paz, merci Anne-Marie. Et le guitariste (le « violista » je veux dire), qu’on voit à peine, c’est Pedro Pinhal, non ?