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Quand on est une femme

5 mars 2011

Tiens, pour te reposer un peu de la tension du chant de Zambujo (il faut cliquer sur l’image pour accéder à la vidéo).

PJ Harvey -- This is love (2000) PJ Harvey — This is love (2000).

Elle ressemble à Laure Adler, PJ Harvey.

Je suis allé la voir l’autre jour, à la librairie Ombres blanches à Toulouse (Laure Adler, pas PJ Harvey). C’était à propos de son livre sur Françoise Giroud, c’est de ça qu’elle parlait. La salle était pleine, je suis resté debout tout le temps, au fond, je la voyais à peine. Je ne sais pas combien de temps ça a duré, deux heures je crois, deux heures de quasi fascination. C’est devenu très rare les personnes qui maîtrisent le discours à ce point, entièrement ; le cheminement de ce qui est dit, ou plutôt de ce qui est à dire, à partir d’une question posée : pas de réponse directe, il faut d’abord poser les jalons nécessaires, dégager le terrain, tracer la route — jamais elle ne se perd — et puis elle va au but. Ensuite elle continue sur sa lancée : les environs de la réponse à la question posée sont intéressants eux aussi.

Et elle a une voix, la même qu’à la radio (il n’y avait pas lieu de s’en étonner, mais ça m’épatait quand même), une voix de conteuse, une voix de marchande de légumes.

Une fois elle est allée voir Françoise Giroud chez elle, ça devait être sa première visite. Elle dit que Françoise Giroud est venue ouvrir elle-même, qu’elle l’a examinée de la tête aux pieds, complètement, à la mettre légèrement mal  à l’aise, avant de lâcher le verdict : « Écoutez Laure, quand on est une femme, on ne met pas des collants opaques ».

(Quand est-ce qu’on en met alors ?)

Elle évoque une conversation qu’elle a eue avec Simone Weil — qui était dans une relation de rivalité avec Françoise Giroud au moment où elles étaient l’une et l’autre au gouvernement, du temps de Giscard. Elle rapporte les propos de Simone Weil, elle s’emporte, elle devient véhémente, et spontanément elle prend la voix et les intonations de la ministre ; et puis elle redevient elle-même : « Mais calmez-vous Simone ! Elle est mooorte ! »

La passion absolue de « Françoise » pour JJSS, le déchirement lorsqu’il l’abandonnera pour une secrétaire. Les mecs, tous les mêmes.

Et les 48 lettres anonymes qu’elle lui enverra, lettres d’insulte, violemment antisémites.

Librairie Ombres blanches, Toulouse. -- Laure Adler, 19 février 2011 Librairie Ombres blanches, Toulouse. — Laure Adler, 19 février 2011.

Des lettres d’amour peut-être.

L. & L.

Laure Adler. Françoise. B. Grasset, 2011Adler, Laure (1950-….)
Françoise (2011)

Françoise / Laure Adler. — B. Grasset, 2011.

1 volume (490 pages, [16] pages de planches) : ill. ; 23 cm.
Bibliographie p. [485]-486. – Bibliographie de Françoise Giroud (p. [487]-488).
ISBN 978-2-246-75921-8 (br.) : 22 €

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