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Patate obscène

2 novembre 2010

[Illustrations de Istorica Descrittione de Tre regni Congo, Matamba et Angola, situati nell Etiopa inferiore occidentale e delle missioni apostoliche esercitateui da religiosi Capuccini] / Agnelli, grav. ; Giovanni Antonio Cavazzi, Fortunato Alamandini, aut. du texte. Source : Bibliothèque nationale de France.
[Illustrations de Istorica Descrittione de Tre regni Congo, Matamba et Angola, situati nell Etiopa inferiore occidentale e delle missioni apostoliche esercitateui da religiosi Capuccini] / Agnelli, grav. ; Giovanni Antonio Cavazzi, Fortunato Alamandini, aut. du texte. — Source : Bibliothèque nationale de France.

J’ai pris l’autoroute pour aller dans le Finistère, à ceci près que j’ai coupé par Sauveterre-de-Guyenne et Libourne pour éviter Bordeaux. Pour déjeuner je me suis arrêté dans une de ces cafétérias généralement médiocres qui jalonnent les itinéraires autoroutiers tous les 50 ou 100 km. Celle-ci se trouvait du côté de Niort, mais elles se ressemblent toutes : le lieu n’a guère d’importance.

Chez moi — ce que j’appelle chez moi c’est le lieu de mon enfance, le Pays bigouden — les pommes de terre formaient une part importante de l’alimentation, il y en avait de toutes sortes, des rondes jaunes, des saucisses, d’autres encore, et on les appelait des pommes de terre (en breton avaloù-douar : « pommes de terre »). Je veux dire : pas des patates. Cette désignation-là n’était le fait que d’étrangers, ceux qui venaient l’été, des Parisiens principalement. Je la trouvais d’une grande laideur, vulgaire même ; mais d’une vulgarité extrême, aussi blessante à l’oreille qu’un bruit insupportable.

Or devant moi dans cette cafétéria d’autoroute, une femme a demandé des patates. Et cela d’une manière telle qu’elle parvenait à alourdir chacun des sons, voyelles et même consones, qui forment ce mot déjà si laid. Sortant de son gosier il était obscène.

Pourtant la plupart des langues romanes l’emploient : patata, batata, et il ne me choque ni en italien, ni en portugais, ni en espagnol. En occitan c’est patana, francisé parfois en patane. Acheter des patanes, faire des patanes à dîner. Cependant presque toujours on dit patate. Prononcé par les gens d’ici, de Toulouse, de Montpellier, du Sud quoi, patate ne me choque pas, ne me fait aucun mal.

Qu’en conclure ?

Que je suis timbré. Probable. Et toi tu ne l’es pas peut-être ?

Que les régions où on prononce patate d’une manière que je juge obscène relèvent pour moi de l’étranger.

L. & L.

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