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Ricardo Ribeiro, João Gil — Hoy el mar es más azul que el cielo

12 mars 2010

Cette vidéo je te l’ai déjà montrée, mais tu n’y as pas fait attention, tu passes trop vite, tu regardes un peu les images et tu t’en vas ailleurs. Pourtant là il faut que tu restes un peu. Le texte est en espagnol, tu comprendras peut-être plus facilement, la chanson est d’une grande mélancolie.

Hoy el mar es más azul que el cielo / Ricardo Ribeiro, chant ; Ruben Álves, piano ; João Gil, guitare, musique ; José Manuel Capêlo, paroles.

Ce n’est pas un fado, mais il faut être fadiste pour chanter cette ballade de cette manière. Le lieu est un studio d’enregistrement, il s’agit d’une séance destinée au récent album de João Gil, le guitariste de la vidéo, et compositeur de ce morceau comme des autres de l’album.

Tu ne sais pas qui c’est ? C’est bien ce que je dis, tu regardes distraitement, dans la diagonale la plus courte possible. João Gil, c’est le compositeur de Perdidamente, tu te souviens ?

Quant à l’auteur du poème, José Manuel Capêlo, je ne le connaissais pas. En cherchant quelques informations sur lui, voilà que j’apprends qu’il est mort il y a deux semaines, le 25 février.

¡Mira, amor!
¡Hoy el mar es más azul que el cielo!

No sé por qué, pero necesitaba decírtelo
porque, sintiéndome cansado, sé perfectamente
que mi fatiga no viene de la tierra, sino de ese lugar azul,
de ese largo camino extenso que me hace pensar.

Por otra parte, dejé a medianoche
mi silencio al otro lado de la puerta.
¿Cuando llamaste, qué oíste?
¿No fue un torbellino de semblantes
con las voces de mi proprio eco?

Sí, amor, puedes estar segura.
¡Hoy el mar es más azul que el cielo!

Dans : José Manuel Capêlo. ¿Y si no existieses? : antología, 1982-2002 / traduction Ángel Guinda. — [Tarazona] : Olifante, [2003]. — Traduction de : E se tu não existisses?

Au lieu du texte portugais original, c’est la traduction espagnole du poème qui a été utilisée, je n’en connais pas la raison.

J’ai tenté une traduction (à partir du portugais), j’ai eu du mal avec le deuxième couplet (celui qui commence par « por outro lado »).

Voilà la version originale portugaise :

Olha amor!
Hoje o mar é mais azul do que o céu!

Não sei porquê, mas precisava de to dizer
porque, sentindo-me cansado, sei perfeitamente
que a minha fadiga não vem da terra, mas desse lugar azul
desse longo caminho amplo, que me dá que pensar.

Por outro lado, deixei à meia-noite
o meu silêncio no lado de cá da porta.
Quando bateste, o que ouviste?
Não foi um turbilhão de aspectos
com as vozes do meu próprio eco?

Sim amor, podes ter a certeza.
Hoje o mar é mais azul do que o céu!

Dans : José Manuel Capêlo. A Noite das Lendas. — [Lisboa] : Aríon, 2000.

et cette tentative de traduction :

Regarde mon amour
Aujourd’hui la mer est plus bleue que le ciel !

Je ne sais pas pourquoi, mais il fallait que je te le dise
Parce que, me sentant fatigué, je sais parfaitement
Que ma fatigue ne vient pas de la terre, mais de ce lieu azur,
De ce long chemin qui s’étend, et me donne à penser.

D’autre part, j’ai laissé à minuit
Mon silence à la porte.
Lorsque tu y as frappé, qu’as-tu entendu ?
N’était-ce pas un tourbillon de visages
Et de voix, celles de mon propre écho ?

Oui mon amour, tu peux en avoir la certitude,
Aujourd’hui la mer est plus bleue que le ciel !

Traduction de Lili & Lulu

La prise captée par la vidéo n’est pas celle qui a été retenue pour l’album : on n’y entend pas la guitare, qui n’apporte pas grand chose en effet. Mais je trouve que la voix est mieux ici que sur le CD — par ailleurs excellent.

Premier album publié par João Gil sous son seul nom, il peut se prévaloir de la contribution de solistes vocaux de haute volée parmi lesquels l’impeccable Carminho, à qui est dévolue, loin du fado, une belle ballade sur un poème splendide de Sophia de Mello Breyner Andresen, Gritava contra o silêncio, c’est à dire Il (ou elle) criait contre le silence ; et l’adorable António Zambujo, employé dans une sorte de mambo tranquille dont la mélodie bénigne contredit l’érotisme brûlant du poème de David Mourão-Ferreira Apenas uma boca, a tua boca, c’est à dire Une seule bouche, ta bouche. Tous les vers se terminent par le mot boca (bouche). Cette figure de style s’appelle une épiphore, tu le savais ?

Moi ? Non.

L. & L.

João  Gil. -- EMI, 2008
João Gil. — EMI Music Portugal, 2008. — EAN 5099923583924.
Disponible sur CDGO.

Ricardo Ribeiro sur MySpace

João Gil — Site officiel

João Gil sur MySpace

6 commentaires leave one →
  1. 13 mars 2010 01:08

    Gràcies Philippe per aquesta entrada, no coneixia aquest treball de J. Gil, amb tan bona companyia com la del mestre Ricardo. Amb la seva sensibilitat fa d’una composició com aquesta una Obra d’Art.
    « E mes felicitations pour la traducción »
    Abraço fadista.
    jaume

    • lili-et-lulu permalink*
      14 mars 2010 12:18

      Olá Jaume, obrigado pelo comentário ! Tu ao menos lês o que escrevo !
      Um abraço desde Toulouse

  2. 13 mars 2010 22:52

    Viva acabei de descobrir o blog e gostava de falar com os responsaveis do blog pois acho o trabalho que estao a fazer super interessante Um Abraço
    Vitor Santos

    • lili-et-lulu permalink*
      14 mars 2010 12:20

      Olá Vítor, muito obrigado ! Mandei-te um email.
      Um abraço

  3. Anne-Marie permalink
    28 mai 2011 20:40

    Elle est superbe cette musique, à sangloter, comment disent-ils les Portugais déjà, à donner des frissons, retrouve-moi l’expression…Texte, piano et bien sûr Ricardo, avec sa voix mature, la musique lui passe par le corps comme les vrais et grands fadistas..
    Il faudra que je me trouve le disque..lors de mon prochain séjour à Lisboa !

    • lili-et-lulu permalink*
      29 mai 2011 19:28

      Arrepiante peut-être, c’est ça ? De arrepiar ?

      Le CD tu peux le trouver sur l’Internet tu sais ? (Encore que non, il a l’air d’être indisponible, même sur CDGO.)

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