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La chanson du dimanche [39]. Pihapuu

10 décembre 2023

Pihapuu, c’est « L’arbre du jardin » dans la fascinante langue finnoise.

Bien sûr, tout le monde reconnaît la chanson.

Taneli Mäkelä (né en 1959)Pihapuu. Jukka Virtanen, paroles finnoises ; Adriano Celentano, musique. Adaptation de Il ragazzo della via Gluck. Luciano Beretta & Miki Del Prete, paroles originales italiennes.
Taneli Mäkelä, chant ; Jussi Liski, claviers & arrangement ; Juha Björninen, guitare ;Kari Peltonen, basse ; Pentti Lahti, saxophone ; Timo Paasonen, trompette ; Tapani Laastola, batterie ; Mongo Aaltonen, percussion.
Enregistrement : Helsinki (Finlande), studio Finnvox.
Extrait de l’album Nelostie ; Ei elämä pääty tähän ; Valoa ikkunassa… [etc.] / Taneli Mäkelä. Finlande, ℗ 1992.

Maria Mendes • Com que voz

9 décembre 2023

Maria MendesCom que voz. Poème attribué à Luís de Camões ; Alain Oulman, musique.
Maria Mendes, chant ; Metropole Orkest ; John Beasley, direction ; Cédric Hanriot, piano ; Jasper Somsen, basse acoustique ; Mário Costa, batterie ; Maria Mendes & John Beasley, arrangements.
Enregistrement public : Amsterdam (Pays-Bas), Muziekgebouw aan ‘t IJ, 2022.
Vidéo : Felipe Pipi, production. 2022.

Com que voz, du répertoire d’Amália, dans une version jazz orchestral. Maria Mendes est une vocaliste portugaise établie aux Pays-Bas. Cette pièce figure sur l’album Saudade, colour of love publié fin 2022 par la chanteuse.

(Pour les paroles et leur traduction, voir le billet Amália • Com que voz.)

La chanson du dimanche [38]. Brouillard dans la rue Corvisart

3 décembre 2023

Françoise Hardy & Jacques DutroncBrouillard dans la rue Corvisart. Michel Jonasz, paroles ; Gabriel Yared, musique.
Françoise Hardy & Jacques Dutronc, chant ; Denys Lable & Patrice Tison, guitare ; Jannick Top, basse ; Gabriel Yared, claviers ; Georges Rodi & Michel Cœuriot, synthesiseurs (Moog & Polymoog) ; Pierre-Alain Dahan, batterie, percussions ; Gabriel Yared, réalisation artistique & orchestration.
Enregistrement : Paris, Studio de la Grande Armée.
Extrait de l’album Musique saoule / Françoise Hardy. France, ℗ 1978

Lui : Toutes ces choses-là,
On se les murmure tout bas,
Le soir dans la rue Corvisart.
Le bar-tabac
A éteint ses billards.
Brouillard dans la rue Corvisart.

Toujours les mêmes,

Elle : Mêmes pavés,
Mêmes paumés.
Lui : Toujours les mêmes,
Elle : Mêmes soupirs,
Mêmes souvenirs,
Même détresse,
Même adresse,

Lui : Mêmes saisons,
Mêmes maisons.
Elle : Toujours les mêmes.
Lui : Mêmes chansons,
Même plus de bar.

Elle : Brouillard
Dans la rue Corvisart.

Lui : Toutes ces choses-là,
On se les murmure tout bas,
Le soir dans la
Rue Corvisart.

Elle : Si seulement une seule fois…
Lui : Brouillard
Elle : Un homme
Ensemble : Dans la rue Corvisart

Elle : Toujours les mêmes.
Lui : Mêmes pavés,
Mêmes paumés.
Elle : Toujours les mêmes.
Lui : Mêmes trottoirs,
Même histoire,
Mêmes blessures,
Mêmes chaussures,

Elle : Même migraine,
Même rengaine.
Lui : Toujours les mêmes.
Elle : Même cafard,
Même mouchoir.

Lui : Brouillard
Dans la rue Corvisart.

Elle : Toutes ces choses-là,
On se les murmure tout bas,
Le soir dans la rue Corvisart.

Lui : Si seulement une seule fois…
Elle : Brouillard
Lui : Une femme
Ensemble : Dans la rue Corvisart

Ensemble : Si seulement une seule fois,
Quelqu’un dans la rue Corvisart.

Elle : Un homme,
Lui : Une femme,

Ensemble : Juste une seule fois.
Brouillard dans la rue Corvisart.

Michel Jonasz (né en 1947). Brouillard dans la rue Corvisart (1978).

Lola Flores • A tu vera

2 décembre 2023

Lola Flores (1923-1995) était l’une des reines de la copla, cette chanson espagnole typique inspirée des traditions musicales populaires du pays, notamment andalouses. Normalement chantée avec un accompagnement d’orchestre, elle peut être très démonstrative et l’est à coup sûr lorsqu’il s’agit de Lola Flores, elle-même andalouse.

A tu vera (« À tes côtés »), un « boléro andalou » issu d’un film musical (El balcón de la luna, 1962) est l’un des plus grands succès de la chanteuse.

El balcón de la luna (1962). Extrait. Luis Saslavsky, réalisation ; Jorge Feliu, José María Font, Antonio de Lara & Luis Saslavsky, scénario ; Simon Fourcade, idée originale ; Augusto Algueró, musique.
Distribution : Carmen Sevilla (Charo Ríos) ; Lola Flores (Cora Benamejí) ; Paquita Rico (Pilar Moreno) …
Production : Espagne : Suevia Films ; Sello Blanco, 1962. Sortie : 1962 (Espagne).
Chanson :

Lola Flores (1923-1995)A tu vera : bolero andaluz. Rafael de León, paroles ; Juan Solano, musique.
Lola Flores, chant ; accompagnement d’orchestre. Espagne, ℗ 1962.


A tu vera, a tu vera,
siempre a la verita tuya
hasta que por ti me muera.

Auprès de toi, auprès de toi,
Toujours, toujours,
Jusqu’à ce que je meure de toi.

Que no mirase tus ojos,
que no llamase a tu puerta,
que no pisase de noche
las piedras de tu calleja.

Mais qu’elle ne te regarde pas dans les yeux !
Qu’elle ne vienne pas frapper à ta porte,
Ni fouler la nuit
Les pavés de ta rue !

A tu vera,
siempre a la verita tuya,
siempre a la verita tuya
hasta que por ti me muera.

Auprès de toi,
Toujours, toujours,
Toujours, toujours,
Jusqu’à ce que je meure de toi.

Mira que dicen y dicen,
mira que la tarde aquella…
mira que si fue y si vino
de su casa a la alameda.
Y así mirando y mirando
así empezó mi ceguera,
así empezó mi ceguera.

Tu sais comme les gens parlent,
Tu sais que cet après-midi-là…
Elle n’a cessé d’aller et venir
De chez elle à la promenade.
Moi, à force de regarder,
Je suis devenu aveugle,
Je suis devenu aveugle.

A tu vera,
siempre a la verita tuya,
siempre a la verita tuya
hasta que de amor muera.

Auprès de toi,
Toujours, toujours,
Toujours, toujours,
Jusqu’à ce que je meure d’amour.

Que no bebiese en tu pozo,
que no jurase en la reja,
que no mirase contigo
las lunas de primavera.

Mais qu’elle ne boive pas à ton puits,
Qu’elle ne te jure pas son amour à ta fenêtre,
Qu’elle ne contemple pas avec toi
La lune de printemps !

A tu vera,
siempre a la verita tuya,
siempre a la verita tuya
hasta que por ti me muera.

Auprès de toi,
Toujours, toujours,
Toujours, toujours,
Jusqu’à ce que je meure de toi.

Ya pueden clavar puñales,
ya pueden cruzar tijeras,
ya pueden cubrir con sal
los ladrillos de tu puerta.

Ils peuvent planter des couteaux,
Ils peuvent croiser leurs ciseaux,
Ils peuvent couvrir de sel
Le seuil de ta porte.

Ayer, hoy, mañana y siempre
eternamente a tu vera,
eternamente a tu vera.

Hier, aujourd’hui, demain et toujours
Avec toi pour l’éternité,
Avec toi pour l’éternité.

A tu vera,
siempre a la verita tuya,
siempre a la verita tuya
hasta el día en que me muera.

Auprès de toi,
Toujours, toujours,
Toujours, toujours,
Jusqu’au jour de ma mort.
Rafael de León (1908-1982). A tu vera (1962), du film El balcón de la Luna (Espagne ; 1962).
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Rafael de León (1908-1982). Auprès de toi, trad. par L. & L. de A tu vera (1962), du film El balcón de la Luna (Espagne ; 1962).

Revoici Lola Flores chantant A tu vera, en direct à la télévision espagnole en 1971. On conviendra que sa performance dans El balcón de la luna est un modèle de sobriété au regard de celle-ci.

Lola Flores (1923-1995)A tu vera. Rafael de León, paroles ; Juan Solano, musique.
Lola Flores, chant ; accompagnement d’orchestre ; Adolfo Waitzman, direction.
Vidéo :
Extrait d’un épisode de l’émission Canción 71 diffusé le 23 janvier 1971. Production : Espagne, TVE (Televisión Española), 1971.

« Me gustaría ser un hombre para bañarme en el río desnuda » (« J’aimerais être un homme pour me baigner nue dans la rivière ») lance Rosita (interprétée par la chanteuse Rosalía) au début du film Dolor y gloria de Pedro Almodóvar ; puis, en étendant les draps, elle se met à chanter, plus ou moins suivie par ses compagnes lavandières. Leur chanson est : A tu vera.

Dolor y gloria (2019). Extrait. Pedro Almodóvar, réalisation & scénario ; Alberto Iglesias, musique. Titre français : Douleur et gloire.
Distribution : Antonio Banderas (Salvador Mallo) ; Penélope Cruz (Jacinta Mallo) ; Raúl Arévalo (Venancio Mallo) …
Production : Espagne : El Deseo ; Ciné+. France : Canal+, 2019. Sortie : 2019 (Espagne & France).
Chanson :

Rosalía (née en 1992)A tu vera. Extrait. Rafael de León, paroles ; Juan Solano, musique.
Rosalía, Penelope Cruz,… chant.

Larmes

1 décembre 2023

Где слезиночки роняла,
Завтра розы будут цвесть.
Я кружавчики сплетала,
Завтра сети буду плесть.

Вместо моря мне — всё небо,
Вместо моря — вся земля.
Не простой рыбацкий невод —
Песенная сеть моя!

15 июня 1920
Марина Ивановна Цветаева = Marina Ivanovna Tsvetaeva (1892-1941). « Где слезиночки роняла… » (1920).

Là où j’ai laissé tomber mes larmes,
Demain des roses vont fleurir,
J’ai tissé de la dentelle,
Demain ce seront des filets.

Tout le ciel me sert de mer,
Toute la terre me sert de mer.
Ce n’est pas un filet de pêcheur ordinaire,
Mon filet est tissé de chansons.
15 juin 1920.
Марина Ивановна Цветаева = Marina Ivanovna Tsvetaeva (1892-1941). « Là où j’ai laissé tomber mes larmes… », traduit de « Где слезиночки роняла… » (1920) par Véronique Lossky. Dans : Marina Tsvetaeva (1892-1941). Poèmes de Russie II (1912-1920), Poésie lyrique, traduit du russe et annoté par Véronique Lossky, éd. bilingue, Genève, Éditions des Syrtes (Syrtes poche), ISBN 978-2-940701-65-0, p. 479-481.

Fernando Machado Soares (1930-2014)Canção das lágrimas. Armando Goes, paroles & musique.
Fernando Machado Soares, chant & guitare ; José Fontes Rocha & Ricardo Fontes Rocha, guitare portugaise ; Durval Moreirinhas, guitare.
Enregistrement public : studio 104 de la Maison de Radio France, 21 mars 1987.
Extrait de l’album Portugal. Le Fado de Coimbra / Fernando Machado Soares. France, Ocora Radio-France, ℗ 1988.


Lágrimas que a gente chora
E sufocam nossos ais,
Deixemo-las ir embora
Que elas vão, não voltam mais.*

Larmes que l’on pleure
Et qui étouffent nos plaintes,
Laissons-les couler
Car elles s’écoulent pour toujours.

Tanta dor, tanta amargura,
A sulcar faces tão belas
E tanta água que é pura
A lavar sujas vielas.

Tant de douleur, tant d’amertume
En sillons sur de si beaux visages
Et tant d’eau pure
Pour emporter la boue des rues !
Armando Goes (1906-1967). Canção das lágrimas (1926 ou 1927).
* Le texte chanté par Machado Soares diffère légèrement de l’original (Deixai-las ir embora / Que elas vão, nem voltam mais : Laissez-les couler / Car elles s’écoulent pour toujours).
Armando Goes (1906-1967). Chanson des larmes, trad. par L. & L. de Canção das lágrimas (1926 ou 1927).
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Súplica • Carlos Ramos, Matilde Cid, Camané

27 novembre 2023

Il ne s’agit pas du Fado Súplica d’Armando Machado (voir le billet Fado Súplica. 1. Mísia • Estátua falsa et les quatre suivants), mais d’une musique de Ferrer Trindade, le compositeur de Solidão que chante Amália dans le film Les amants du Tage. C’est le poème chanté sur cette composition qui s’appelle Súplica (« Supplique »). Carlos Ramos (1907-1969), son créateur, à la belle voix suave et discrète, fait merveille dans ce genre de ballades sentimentales dont il parvient sans effort à faire oublier la banalité du texte.

Carlos Ramos (1907-1969)Súplica. Frederico de Brito, paroles ; Francisco Ferrer Trindade, musique.
Carlos Ramos, chant ; Raúl Nery, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Première publication : disque 78 t Suplica ; Canção do Natal. Portugal, 1955.


Já quantas vezes
Te pedi que me esquecesses
Ou que ao menos não viesses
Não voltasses mais aqui
Pois tu não vês
Que o mau viver que tu me dês
Só pode ser por malvadez
E eu não espero mais de ti

Combien de fois
T’ai-je demandé de m’oublier !
Ou du moins de ne plus venir,
De ne plus revenir ici,
Car tu ne vois pas
Qu’à cause de toi je n’en peux plus.
Tu me fais souffrir par malice
Et je n’attends plus rien de toi.

Já quantas vezes
Te implorei por caridade
Que encobrisses a maldade
Que há-de ir sempre onde tu vais
Eu poderei ser o traidor
Fugir à lei do que é amor
Sofrer bem sei
Mas prender-me nunca mais

Combien de fois
T’ai-je imploré que par pitié
Tu caches la méchanceté
Qui toujours te suit où que tu ailles !
Je pourrais être le traître
Qui esquive la loi de l’amour.
Je sais souffrir,
Mais d’amour, jamais plus.

Ainda agora
Eu bem sei que tu não gostas
Vou pedir-te de mãos postas
Que me dês o que era meu
Vagas paixões, meus tristes ais
Mil tentações e pouco mais
Do que ilusões
Que o amor, esse morreu

Maintenant encore
Je sais que tu ne m’aimes pas.
Je te demande, les mains jointes,
De me rendre ce qui m’appartenait :
Mes passions vagues, mes plaintes tristes,
Mille tentations et guère plus
Que des illusions.
Mais l’amour non, car il est mort.
Frederico de Brito (1894-1977). Súplica (1955).
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Frederico de Brito (1894-1977). Supplique, trad. par L. & L. de Súplica (1955).

Camané a recréé cette pièce dans son album Do amor e dos dias de 2010, avec justesse, aidé en cela par un trio d’instrumentistes emmené par José Manuel Neto à la guitare portugaise. Plus récemment, Matilde Cid, l’une des fadistes de la génération actuelle, en a livré une interprétation émouvante et d’une très grande beauté, simplement accompagnée de la guitare portugaise de Bernardo Couto — autre guitariste aussi attachant que compétent — et de la guitare de Bernardo Saldanha, lors d’un concert réalisé dans les conditions du direct et diffusé en ligne en 2022.

Camané (né en 1966)Súplica. Frederico de Brito, paroles ; Francisco Ferrer Trindade, musique.
Camané, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise, arrangement ; Carlos Manuel Proença, guitare ; Carlos Bica, contrebasse.
Enregistrement : Almargem do Bispo (Portugal), studio Vale de Lobos ; Lisbonne, studios Valentim de Carvalho, avril-juin 2010.
Extrait de l’album Do amor e dos dias / Camané. Portugal, Warner Music Portugal, ℗ 2010.
Vidéo : aucun renseignement. 2013 (mise en ligne).

Matilde Cid (née en 1983)Súplica. Frederico de Brito, paroles ; Francisco Ferrer Trindade, musique. Autre titre : Vagas paixões
Matilde Cid, chant ; Bernardo Couto, guitare portugaise ; Bernardo Saldanha, guitare.
Captation : Lisbonne, studio « A casinha », 12 janvier 2022. Extrait d’un concert donné dans les conditions du direct, transmis en ligne.
Vidéo : aucun renseignement. 2022 (mise en ligne).

La chanson du dimanche [37]. Tiens, v’là un marin

26 novembre 2023

« Beau comme un Dieu en uniforme / En forme et en marin. »

La Piaf en public, l’année même de sa mort. Elle n’en pouvait plus mais elle chantait.

Édith Piaf (1915-1963)Tiens, v’là un marin. Julien Bouquet, paroles ; Julien Bouquet & Bernard Labadie, musique.
Édith Piaf, chant ; accompagnement d’orchestre ; Noël Commaret, direction.
Enregistrement public : Paris, Bobino, 1963.
Extrait de l’album Récital Bobino 1963 / Édith Piaf, Théo Sarapo. France, ℗ 1963.

Maria Armanda • Rio Tejo de Lisboa

24 novembre 2023

Voici un souvenir de la Révolution des œillets, cinq mois avant la célébration de son cinquantenaire. Le poème est de Vasco de Lima Couto (voir le billet Fado Súplica. 2. Carlos Macedo • Nasci ao pé do teu mundo), la musique de Mário Moniz Pereira (1921-2016), qui fut athlète de haut niveau, puis entraîneur d’athlétisme et compositeur de fados. Rio Tejo de Lisboa (« Tage, fleuve de Lisbonne ») a été enregistré en 1975 par Maria Armanda dont le chant, athlétique lui aussi, stimule efficacement les tympans les plus paresseux ; en contrepartie, il ne s’embarrasse pas outre mesure de subtilité. Je l’aime beaucoup.

Maria Armanda (née en 1942)Rio Tejo de Lisboa. Vasco de Lima Couto, paroles ; Mário Moniz Pereira, musique.
Maria Armanda, chant ; António Chaínho & Zeferino Ferreira, guitare portugaise ; Júlio Gomes, guitare ; Raúl Silva, basse acoustique.
Première publication : disque 45 t Rio Tejo de Lisboa ; A verdade é como o pão ; Criança negra ; Esta voz que canta em mim. Portugal, 1975.


Rio Tejo de Lisboa
Rua das praias do mar
Aonde os barcos de perto
Vinham de longe a chorar

Tage, fleuve de Lisbonne,
Rue des plages de la mer
Où les bateaux accostaient
Pour décharger leurs larmes.

Rio Tejo, Tejo Rio
Pátria gaivota parada
Vias chegar e dizias
Nada, nada

Tage, Tage fleuve,
Patrie, mouette immobile,
Tu les voyais aborder et disais
Rien, rien.

Afogaste gerações nas ondas dos falsos mitos
A brilhar no sol da noite os nossos gritos
Mas teu nada, Rio Tejo, vestiu as algas dum dia
E foi às praias do mundo mostrar a nossa alegria

Tu as noyé des générations dans les vagues des faux mythes
Tandis que nos cris rayonnaient au soleil de la nuit
Mais ton néant, Tage, un jour se vêtit d’algues
Et s’en fut montrer notre joie sur les plages du monde.

Rio Tejo de Lisboa
Sete colinas de vento
Marinheiro que regressa
Liberto no pensamento

Tage, fleuve de Lisbonne,
Sept collines de vent.
Matelot qui revient
L’esprit enfin libre.

Podes mandar mil recados
Rio que já foste mudo
Porque estamos a chegar
A tudo, a tudo

Tu peux envoyer mille messages,
Fleuve, toi qui te taisais,
Car voici que nous accédons
À tout, à tout.

Que os presos dos mil silêncios
Abriram grades no ar
Para podermos dizer
Rio Tejo, Tejo mar

Les prisonniers aux mille silences
Ont fait céder les grilles
Afin que nous puissions dire
Tage, fleuve, Tage, mer.
Vasco de Lima Couto (1923-1980). Rio Tejo de Lisboa (1975). Vasco de Lima Couto (1923-1980). Tage, fleuve de Lisbonne, trad. par L. & L. de Rio Tejo de Lisboa (1975).

La même année, Carlos do Carmo a proposé une version assez élégante de Rio Tejo de Lisboa dans un enregistrement collectif réalisé en public dans la maison de fados de sa mère Lucília do Carmo, « A Faia ». On arrive à la trouver sur l’Internet (il est techniquement impossible de l’intégrer ici.)

Léo Ferré • Les cloches de Notre-Dame

23 novembre 2023

Léo Ferré (1916-1993)Les cloches de Notre-Dame. Léo Ferré, paroles & musique.
Léo Ferré, chant ; accompagnement d’orchestre ; Jean Faustin, direction.
Première publication : France, 1953.

Étonnant, non ?

Cloches de Notre Dame à Paris,
Qui sonnez les glas et les carillons,
Qui sonnez la joie et la peine…

Cloches de Notre Dame à Paris,
Vous êtes vieilles comme le monde,
Vous êtes pauvres comme la Seine,
Vous êtes tendres comme le bronze.

Cloches de notre Dame à Paris,
Cessez vos glas et vos carillons,
Et penchez vous un peu du côté d’Aubervilliers ou des Lilas
Et chantez le bonheur de ceux qui n’en auront jamais !

Cloches de Notre Dame à Paris,
Qui sonnez chaque mort d’évêque,
Sonnez un jour, une nuit au hasard, comme ça toutes seules,
Ça mettra les gens en bas de leur lits…

De leur lits douillets à Paris
Et ça fera peut-être peur
Aux imbéciles !
Léo Ferré (1916-1993). Les cloches de Notre-Dame (1953).

Livia Giaffreda • Foi na Travessa da Palha (fado Britinho)

22 novembre 2023

En cherchant, pour illustrer un autre site dont je m’occupe, une vidéo de la chanteuse et percussionniste d’origine apulienne Livia Giaffreda, je suis tombé par hasard sur celle-ci.

Livia Giaffreda & Wouter VandenabeeleFoi na Travessa da Palha. Gabriel de Oliveira, paroles ; Joaquim Frederico de Brito, musique (Fado Britinho).
Livia Giaffreda, chant ; Wouter Vandenabeele, chant.
Captation : Lecce (Pouilles, Italie), août 2022.
Vidéo réalisée dans le cadre du projet « Hiraeth » du violoniste et compositeur belge Wouter Vandenabeele.

Ce clip fait partie d’un projet du musicien belge Wouter Vandenabeele nommé « Hiraeth ».

Hiraeth (un mot gallois, qui a un cousin breton presque identique : hiraezh) est peu ou prou l’équivalent de saudade. Le projet consiste à visiter diverses contrées du Sud de l’Europe pour y rencontrer musiques et musiciens locaux dans une « quête de mélancolie ». C’est ainsi que Wouter V. s’est arrêté à Lecce, dans les Pouilles, pour y interpréter, avec Livia Giaffreda… un fado : Foi na Travessa da Palha, popularisé au Portugal par Lucília do Carmo à la fin des années 1950 (voir le billet Lucília do Carmo • Foi na Travessa da Palha (Fado Britinho), où on trouvera également le texte du fado et sa traduction).