Celeste Rodrigues • Meus olhos (Fado menor do Porto)
Fait suite à :
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Celeste Rodrigues (1923-2018) • Meus olhos. António Botto, paroles ; José Joaquim Cavalheiro Júnior, musique (Fado menor do Porto).
Celeste Rodrigues, chant ; instrumentistes non identifiés.
Captation : Lisbonne, Aula magna (Universidade de Lisboa), 22 décembre 2006.
Vidéo : extrait de la retransmission de la 55e édition de la « Grande noite do fado ». Production : Portugal, RTP (Rádio e Televisão de Portugal), 2006.
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Celeste, la sœur d’Amália, révèle ici un autre emploi du Fado menor do Porto, sur un poème désenchanté d’António Botto (1897-1959). Celeste dont, selon moi, la voix n’a été belle qu’à la fin de sa carrière — même si elle a un peu de mal ici.
Lors de ce spectacle elle avait quatre-vingt trois ans.
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Meus olhos que por alguém
deram lágrimas sem fim
já não choram por ninguém
– basta que chorem por mim.
Arrependidos e olhando
a vida como ela é,
meus olhos vão conquistando
mais fadiga e menos fé.
Sempre cheios de amargura!
Mas se as coisas são assim,
chorar alguém – que loucura!
– Basta que eu chore por mim.
Mes yeux qui pour quelqu’un
Ont pleuré des larmes sans fin,
Aujourd’hui ne pleurent pour personne.
Qu’il leur suffise de pleurer pour moi !
Repentis et regardant
La vie telle qu’elle est,
Mes yeux peu à peu conquièrent
Plus de lassitude et moins de foi.
Toujours remplis d’amertume !
Mais si les choses sont ainsi,
Pleurer quelqu’un : quelle folie !
Il suffit que je pleure pour moi.
… … António Botto (1897-1959). Meus olhos que por alguém, extrait de Canções (1921-1932). António Botto (1897-1959). Mes yeux qui pour quelqu’un, traduit de : Meus olhos que por alguém, extrait de Canções (1921-1932), par L. & L.
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Amália Rodrigues • Não é desgraça ser pobre
Desgraça é andar a gente
De tanto cantar já rouca
E o fado, teimosamente,
No coração e na boca.
Norberto de Araújo (1889-1952). Não é desgraça ser pobre (1952).Le malheur, c’est de vivre ainsi,
La gorge lacérée de chanter ;
C’est de porter le fado, obstinément,
Dans son cœur, dans sa bouche.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Não é desgraça ser pobre. Norberto de Araújo, paroles ; José Joaquim Cavalheiro Júnior, musique (Fado menor do Porto) ; José Fontes Rocha, arrangement.
José Fontes Rocha & Carlos Gonçalves, guitare portugaise ; Pedro Leal, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos (Portugal), studios Valentim de Carvalho, 1973.
Première publication dans l’album Segredo / Amália. Portugal, ℗ 1997.
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Je me rends compte avec beaucoup d’étonnement que, en presque quinze ans d’existence de ce site, je n’y ai jamais évoqué ce fado, l’un des plus beaux du répertoire d’Amália Rodrigues. Não é desgraça ser pobre (« Être pauvre n’est pas une malédiction ») était aussi l’un de ceux qu’elle-même aimait le plus ; elle en a réalisé trois enregistrements de studio (en 1952, puis en 1971 et 1973, ce dernier — ci-dessus — n’ayant été publié qu’en 1997 avec d’autres inédits). Plus une captation publique en 1955, parue en 1974.
Elle aimait sans aucun doute sa belle mélodie sombre, au balancement lent typique du Fado menor dont elle est dérivée. Cette musique est connue sous le nom de Fado menor do Porto (« Fado mineur de Porto »), pour la différencier du Fado menor tout court — « le père et la mère du fado », disait Amália.
Elle aimait son texte qui parle du destin, du fatum, par essence inéluctable et qui est le thème par excellence du fado — ce mot qui signifie aussi « destin » en portugais. Amália y était particulièrement sensible.
On pourrait croire à une compétition entre les textes de certains fados pour déterminer quel serait le destin personnel le plus abominable à vivre. Dans O fado de cada um (« Le fado de chacun »), qu’elle interprétait dans le film Fado, história duma cantadeira (1947), Amália chantait ceci :
Mas a gente / Já traz o fado marcado / E nenhum mais inclemente / Do que este de ser mulher.
João Silva Tavares (1893-1964). O fado de cada um (1947).Mais à chacun / Est assigné son propre fado / Et aucun n’est moins clément / Que le mien, qui est d’être femme.
Dans Não é desgraça ser pobre le comble du malheur est de naître sous le signe du fado (le chant), qu’il faudra porter en soi sa vie durant comme une condamnation, au regard de laquelle la pauvreté ou la folie ne sont rien. C’est évidemment un peu cousu de fil blanc.
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Não é desgraça ser pobre,
Não é desgraça ser louca.
Desgraça é trazer o fado
No coração e na boca.
Être pauvre n’est pas un malheur,
Être folle n’est pas un malheur.
Le malheur, c’est de porter le fado
Dans son cœur, dans sa bouche.
A moedinha de prata
Vale menos que a de cobre.
Se a pobreza não nos mata,
Não é desgraça ser pobre.
Une monnaie d’argent
Vaut moins qu’une de cuivre.
À moins que la pauvreté nous tue,
Être pauvre n’est pas un malheur.
Nesta vida desvairada
Ser feliz é coisa pouca.
Se as loucas não sentem nada,
Não é desgraça ser louca.
Dans cette vie éperdue
Le bonheur est chose rare.
Si les folles ne sentent rien,
Être folle n’est pas un malheur.
Ao nascer trouxe uma estrela,
Nela o destino traçado.
Não foi desgraça trazê-la,
Desgraça é trazer o fado.
Avec moi est née une étoile
Qui portait en elle mon destin.
Le malheur n’était pas cette étoile,
Le malheur était le fado.
Desgraça é andar a gente
De tanto cantar já rouca
E o fado, teimosamente,
No coração e na boca.
Le malheur, c’est de vivre ainsi,
La gorge lacérée de chanter ;
C’est de porter le fado, obstinément,
Dans son cœur, dans sa bouche.
… … Norberto de Araújo (1889-1952). Não é desgraça ser pobre. Norberto de Araújo (1889-1952). Être pauvre n’est pas un malheur, traduit de : Não é desgraça ser pobre par L. & L.
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Les deux enregistrements de Não é desgraça ser pobre réalisés en 1971 et 1973, accompagnés par le même quatuor d’instrumentistes à l’exception de la guitare classique, sont de la même veine. Amália est entrée dans sa cinquantaine, sa voix a pris de la profondeur et des teintes ambrées ou fauves tandis que son savoir-faire d’interprète s’est élevé jusqu’à son zénith : instinctivement, elle donne à chaque mot du texte son juste poids dans un chant épuré.
Ceux des années 1950 (dans lesquels le deuxième couplet est omis) ne recourent qu’à deux instrumentistes, une guitare portugaise et une guitare classique (respectivement Raul Nery et Santos Moreira dans l’enregistrement studio de 1952 ; Domingos Camarinha et Santos Moreira dans la captation du récital donné en décembre 1955 à Lisbonne, au Café Luso). La voix, qui orne avec élégance la ligne de chant, jaillit dans l’éclat et la limpidité de ses trente et quelques années.
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Não é desgraça ser pobre. Norberto de Araújo, paroles ; José Joaquim Cavalheiro Júnior, musique (Fado menor do Porto) ; Santos Moreira, arrangement.
Raul Nery, guitare portugaise ; Santos Moreira, guitare.
Enregistrement : Londres (Royaume-Uni), studios EMI, 1952.
Première publication dans le disque 78 t Foi Deus ; Não é desgraça ser pobre / Amália Rodrigues. Portugal, ℗ 1952.
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La chanson du dimanche [41]. Gözlerim denizde
Ce dimanche : le bruissement d’ailes et de soie de l’ensorcelante langue turque.
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Fikret Kızılok (1946-2001) • Gözlerim denizde. Fikret Kızılok, paroles & musique
Fikret Kızılok, chant, guitare ; Zafer Köke, violoncelle ; Günnur Perin, basse ; Burhan Bayar, ney ; Aret Sevan, tabla.
Enregistrement : İstanbul (Turquie), studio Arı Yapım.
Extrait de l’album Zaman zaman / Fikret Kızılok. Turquie, ℗ 1983, rééd. 1993.
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Akşamın rengi suya dalıyor
Gözlerim denizde beni süzüyor
Gördüm, yalnızlığımı gördüm
Çok derinde bana bakıyor
La couleur du soir plonge dans l’eau
Mes yeux me regardent dans la mer
J’y vois ma solitude. Je la vois
Qui me fixe profondément.
İçimdeki sonsuz duygular
Su kesilmiş yüzümde ellerimde
Vay benim, vay benim alınyazım,
Vay ıssızlığım
Vay benim, vay benim alınyazım,
Vay gözyaşlarım
En moi, des sentiments immortels
Il y a de l’eau sur mon visage, sur mes mains.
Hélas de moi, de mon sort,
De mon tourment !
Hélas de moi, de mon sort,
De mes larmes !
… … Fikret Kızılok (1946-2001). Gözlerim denizde (1983). Fikret Kızılok (1946-2001). Mes yeux dans la mer, traduit de : Gözlerim denizde (1983). Traduction approximative, à partir d’une traduction automatique.
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Denez Prigent • Peñse Nedeleg
Denez Prigent (né en 1966) • Peñse Nedeleg. Denez Prigent, paroles & musique.
Denez Prigent, chant ; François Verly, piano, tabla ; Jonathan Dour, violon, violoncelle ; Jérôme Séguin, contrebasse ; Antoine Lahay, guitare ; Cyrille Bonneau, cornemuses (binioù kozh), bombarde, duduk, hautbois, whistle, saxophone ; Alain Pennec, accordéon diatonique ; Thomas Ostrowiecki, percussions.
Enregistrement : Plestin-Les-Grèves (Côtes-d’Armor), Espace An Dour-Meur.
Extrait de l’album An enchanting garden = Ul liorzh vurzhudus / Denez. France, Coop Breizh, ℗ 2015.
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Comme c’est Noël il faut un chant de Noël. Voici.
Peñse Nedeleg signifie « Le naufrage de Noël » (à vrai dire, peñse est à la fois le naufrage et son résultat, c’est à dire l’épave ; j’ai vérifié dans le dictionnaire, car je n’ai jamais entendu ce mot dans la bouche de mes parents). Selon Denez Prigent, son auteur-compositeur-interprète, l’histoire est celle « d’un réveillon de Noël interrompu par le naufrage d’un cargo… Des dizaines de caisses de tabac échouées sur la grève. Vite récupérées… Et les habitants concluent en espérant un nouveau naufrage pour le Nouvel An, mais avec du papier à rouler. » (dans : Denez Prigent : le chant des terres, RFI, 16 avril 2015). Cela, sur un rythme de dañs fisel, une danse spectaculaire :
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Denez Prigent (né en 1966) • Peñse Nedeleg. Denez Prigent, paroles & musique.
Denez Prigent, chant ; instrumentistes non mentionnés ; avec le Bagad de Vannes.
Captation publique : Caen (Calvados), Zénith, à l’occasion de la Nuit de la Bretagne = Breizh Night 2016.
Extrait du DVD A-unvan gant ar stered = In unison with the stars / Denez. France, Coop Breizh, ℗ 2016.
Vidéo : France, Paris Première, 2016.
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Nedeleg laouen!
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La chanson du dimanche [40]. Intet er nytt under solen
Direction : le Nord. Åse [prononcer : Ôôssé] Kleveland, outre sa carrière de chanteuse, est aussi une femme politique. Elle a occupé le poste de ministre de la Culture de Norvège de 1990 à 1996, au sein d’un gouvernement travailliste. Mais ici elle n’avait pas encore dix-huit ans et elle participait à un télé-crochet dans son pays :
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Åse Kleveland (née en 1949) • Intet er nytt under solen. Arne Bendiksen, paroles & musique.
Åse Kleveland, chant, guitare ; accompagnement d’orchestre ; Øivind Bergh, direction.
Vidéo : extrait de l’émission Melodi Grand Prix 1966, diffusée en direct à la télévision norvégienne le 5 février 1966. Captation : Oslo (Norvège), Centralteatret. Production : Norvège, NRK (Norsk rikskringkasting), 1966.
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Jeg vet om en gammel mann
En som har levd lenge
Jeg vet om en gammel mann
En som har levd lenge
Han er så snill når han spør meg om hva
som har hent meg,
og om solen har brent meg
Je me souviens d’un vieil homme
Qui avait vécu longtemps.
Je me souviens d’un vieil homme
Qui avait vécu longtemps.
Il m’avait demandé gentiment
Ce qui m’était arrivé
Et si le soleil m’avait brûlée.
Jeg svarer og søker trøst,
Han gynger i stolen
Han sier med sprukken røst:
Intet er nytt under solen
Je suis restée bavarder, j’étais bien,
Il se balançait sur sa chaise
Et il m’a dit de sa voix rocailleuse :
« Rien de nouveau sous le soleil ! »
Men hva har vel det å si
Om ting har hent før meg?
Men hva har vel det å si
Om ting har hent før meg?
Nei, det som gjør meg så vondt
er alt det som han visste
at hans øyne er triste
Mais à quoi bon parler
De ce qui s’est produit avant moi ?
Mais à quoi bon parler
De ce qui s’est produit avant moi ?
Non, malgré son savoir immense
Ce qui me faisait mal
C’était de voir ses yeux tristes.
Hva har jeg å vente på
Meg selv der i stolen?
Når han er så trist der nå
Intet er nytt under solen
Et moi, pourquoi attendre
De me trouver sur cette chaise,
Où il est déjà si triste ?
Rien de nouveau sous le soleil !
… … Arne Bendiksen (1926-2009). Intet er nytt under solen. Arne Bendiksen (1926-2009). Rien de nouveau sous le soleil, traduit de : Intet er nytt under solen par L. & L.
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Damunt de tu només les flors • Victòria dels Àngels
En dépit de la démence ambiante.
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Frederic Mompou = Federico Mompou (1893-1987) • Damunt de tu només les flors (1942). Frederic Mompou, musique ; poème de Josep Janés i Olivé. Extrait du cycle Combat del somni (1942-1948).
Victòria dels Àngels = Victoria de los Ángeles, soprano ; Gonzalo Soriano, piano.
Enregistrement : Barcelone, studios EMI, entre le 12 avril et le 1er mai 1961. ℗ 1962 (première publication).
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Damunt de tu només les flors
Eren com una ofrena blanca:
La llum que daven al teu cos
Mai més seria de la branca;
Au-dessus de toi, seules les fleurs,
Comme une offrande blanche :
L’éclat qu’elles donnaient à ton corps
Jamais plus n’illuminerait la branche ;
Tota una vida de perfum
Amb el seu bes t’era donada.
Tu resplendies de la llum
Per l’esguard clos atresorada.
Toute une vie de parfum
Dans leur baiser t’était donnée.
Tu resplendissais de l’éclat
Sous tes yeux clos accumulé.
¡Si hagués pogut ésser sospir
De flor! Donar-me, com un llir,
A tu, perquè la meva vida
S’anés marcint sobre el teu pit.
Ah que ne suis-je soupir
De fleur ! Me donner, comme un lis,
À toi, pour que ma vie
Se fane sur ta poitrine.
I no saber mai més la nit,
Que al teu costat fóra esvaïda.
Et plus jamais ne connaître la nuit,
À tes côtés évanouie.
… … Josep Janés i Olivé (1913-1959). Damunt de tu només les flors, extrait de Combat del somni (1937). Josep Janés i Olivé (1913-1959). Au-dessus de toi, seules les fleurs, traduit de : Damunt de tu només les flors, extrait de Combat del somni (1937), par L. & L.
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Amália Rodrigues • Rosa de fogo
Amália Rodrigues (1920-1999) • Rosa de fogo. Poème d’António de Sousa ; Carlos Gonçalves, musique.
Amália Rodrigues, chant ; Carlos Gonçalves & José Fontes Rocha, guitare portugaise ; [Francisco Pérez Andión ?], guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Captation : [Lisbonne, Teatro S. Luís, 5 janvier 1981 ?].
Vidéo : pas d’information.
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Rosa de fogo (« Rose de feu ») est le titre du fado, mais le poème sur lequel il s’appuie, publié séparément, se nomme Crepuscular (« Crépusculaire »). Il est l’œuvre d’António de Sousa (1898-1981), poète auquel le fado de Coimbra surtout a emprunté des vers. De lui, Amália a chanté Cravos de papel, mis en musique par Alain Oulman, enregistré en 1969 et paru l’année suivante dans l’album Com que voz ; Procura (« Quête »), musique d’Alain Oulman, enregistré en 1966 mais resté inédit jusqu’en 1997 ; et ce Rosa de fogo, dont aucun enregistrement n’a jamais été publié.
Ce fado, perclus de tristesse comme elle-même l’était alors, dans ces longues années d’amertume qui ont suivi la Révolution des œillets, a fait partie de son répertoire de scène jusqu’au bout. Captée au théâtre São Luís de Lisbonne, probablement le 5 janvier 1981, cette vidéo témoigne d’une des premières interprétations publiques de cette pièce, l’une des plus belles compositions de Carlos Gonçalves, je trouve. Amália, tendue, coiffée comme une pharmacienne de province mais vêtue d’une très élégante robe de scène, a déjà la voix décolorée de ses deux dernières décennies.
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Tive uma rosa de fogo
A arder no meu coração.
Ganhou-ma o destino ao jogo
De dias que já lá vão!
Autrefois brûlait dans mon cœur
Une rose de feu,
Gagnée par hasard au jeu
De jours qui ne sont plus !
— Rosa vermelha de esperança,
A estas horas sem cor,
Porque me vens à lembrança
Como um pecado de amor?
— Rose rouge d’espoir,
En ces heures blafardes,
Pourquoi surgir dans ma mémoire
Comme un péché d’amour ?
(Cansados, cansam-me os passos
Que não dei… por me cansar.
Levo, pesados, nos braços
Os restos dum sonho ao mar.)
(Ils me lassent, ces pas si las
Que je n’ai jamais accomplis !
Et voici que je porte à la mer
Les lourds débris d’un rêve.)
Tive uma rosa de fogo
A arder no meu coração.
Ganhou-ma o destino ao jogo
De dias que já lá vão!
Autrefois brûlait dans mon cœur
Une rose de feu,
Gagnée par hasard au jeu
De jours qui ne sont plus !
… … António de Sousa (1898-1981). Crepuscular. António de Sousa (1898-1981). Crépusculaire, traduit de : Crepuscular par L. & L.
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Cristina Clara (& Camané) • O pajem
Cristina Clara • O pajem. Fernando Teles, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Pajem).
Cristina Clara, chant ; Sandro Costa, guitare portugaise ; Pedro Loch, guitare ; Edu Miranda, bandolim (mandoline brésilienne) ; Francisco Gaspar, basse acoustique ; Barbara Piperno, flûte traversière.
Enregistrement : Almargem do Bispo (Portugal), studio Vale de Lobos.
Extrait de l’album Lua adversa / Cristina Clara. Portugal, ℗ 2021.
Vidéo : Cláudio Alves & Carla Mota, réalisation. Production : Portugal, CCImagemLx, 2021.
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Cristina Clara, originaire du Minho, la région la plus septentrionale du Portugal, s’intéresse aux musiques et aux chansons des pays d’expression lusophones, à commencer par le sien. C’est ainsi que son répertoire est ouvert aux musiques traditionnelles portugaises ainsi qu’au fado. Si elle n’est pas vraiment une fadiste, son premier album (Lua adversa, 2021) renferme cependant une reprise pleine de verve du Fado da melancia, autrefois créé par Hermínia Silva, pour lequel elle a écrit de nouvelles paroles. En revanche elle a laissé tel quel, texte original compris, O pajem (« Le page ») d’Alfredo Marceneiro. La flûte n’était peut-être pas indispensable ; du moins n’est-elle pas envahissante et le résultat est très plaisant.
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Todas as noites um pagem
Com voz linda e maviosa
Ia render homenagem
À marquesinha formosa
Toutes les nuits un page,
De sa voix splendide et suave,
Allait rendre un hommage
À la belle marquise.Mas numa noite de agoiro
O marquês fero e brutal
Naquela garganta de oiro
Mandou cravar um punhal
Mais une certaine nuit fatale,
Le marquis féroce et brutal,
Dans cette gorge d’or
Fit planter un poignard.
E a marquesa delirante
De noite em seu varandim
Pobre louca alucinante
Chorando, cantava assim:
Et la marquise dans son délire,
Le soir, sur son balcon,
Pauvre folle hallucinée,
Chantait à travers ses larmes :
Óh minha paixão querida
Meu amor, meu pagem belo
Foge sempre minha vida
Deste maldito castelo
Ô ma chère âme,
Mon amour, mon beau page !
Fuis pour toujours, ma vie,
De ce château maudit.
… … Fernando Teles (1891-1956). O pajem. Fernando Teles (1891-1956). Le page, traduit de : O pajem par L. & L.
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Idem, par Camané en 2017, avec le grand José Manuel Neto à la guitare portugaise.
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Camané • O pagem. Fernando Teles, paroles ; Alfredo Marceneiro, musique (Fado Pajem).
Camané, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Carlos Manuel Proença, guitare.
Extrait de l’album Camané canta Marceneiro. Portugal, ℗ 2017.
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Fado e Lisboa • Cláudia Leal, Fernanda Maria
C’est un fado des années 1970, aux paroles peu inspirées et même un peu bancales, je trouve — mais la musique est jolie et de même la voix de la chanteuse, Cláudia Leal.
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Cláudia Leal • Fado e Lisboa. Guilherme Pereira da Rosa, paroles ; Francisco Carvalhinho, musique.
Cláudia Leal, chant ; Rodolfo Godinho, guitare portugaise ; Rogério Ferreira & Cláudia Leal, guitare ; Daniel Pinto (Didi), basse acoustique.
Extrait de l’album Quarto crescente / Cláudia Leal. Portugal, ℗ 2016.
Vidéo : Aurélio Vasques, réalisation. 2016.
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Saudade é pena,
Saudade é mágoa,
Saudade é pranto.
Dor que serena,
Olhos com água,
Fado que canto.
Saudade peine,
Saudade chagrin,
Saudade pleurs.
Douleur qui apaise ;
Mes yeux noyés ;
Fado que je chante.
Saudade é vida,
Saudade é morte,
Saudade é brado.
É esta lida,
É esta sorte,
É este fado.
Saudade vie,
Saudade mort,
Saudade cri :
C’est cette tâche,
C’est ce destin,
C’est ce fado.
Saudade em mim
É que dá expressão ao fado
E canto assim
Meu coração destroçado.
Ando distante
E meu fado quando soa
Tem palpitante
Fado e Lisboa.
Saudade en moi,
Expression de mon fado
Et je chante ainsi
Mon cœur déchiré.
Je suis loin
Et mon chant qui s’élève
Fait battre ensemble
Le fado et Lisbonne.
Saudade é reza,
Água passada,
Mal que sentimos.
Saudade pesa,
Não pesa nada
Quando fingimos.
Saudade prière,
Eau qui s’écoule,
Douleur ressentie.
La saudade pèse,
Ne pèse rien
Quand on simule.
Mas a saudade
Nem qualquer a sente,
Tenho a certeza,
Porque a verdade
Pertence à gente,
É portuguesa.
Mais la saudade,
Nul ne la sent,
J’en suis certaine,
Car la vérité
Appartient à tous,
Elle est portugaise.
Saudade em mim
É que dá expressão ao fado
E canto assim
Meu coração destroçado
Ando distante
E meu fado quando soa
Tem palpitante
Fado e Lisboa
Saudade en moi,
Expression de mon fado
Et je chante ainsi
Mon cœur déchiré.
Je suis loin
Et mon chant qui s’élève
Fait battre ensemble
Le fado et Lisbonne.
Ando distante
E meu fado quando soa
Tem palpitante
Fado e Lisboa
Je suis loin
Et mon chant qui s’élève
Fait battre ensemble
Le fado et Lisbonne.
Guilherme Pereira da Rosa (1915-1991). Fado e Lisboa (date inconnue). Guilherme Pereira da Rosa (1915-1991). Fado et Lisbonne, trad. par L. & L. de Fado e Lisboa (date inconnue).
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Ce même fado par sa créatrice, Fernanda Maria (née en 1937).
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Fernanda Maria (née en 1937) • Fado e Lisboa. Guilherme Pereira da Rosa, paroles ; Francisco Carvalhinho, musique.
Fernanda Maria, chant ; Francisco Carvalhinho, guitare portugaise ; Martinho d’Assunção, guitare.
Extrait de l’album Fados / Fernanda Maria. Portugal, [197?].
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