Amália Rodrigues • Ai esta pena de mim (1968)
Toda a minha vida tem sido uma dúvida. Tenho passado a vida a pedir desculpa daquilo que sou, a desfazer tudo.
Ma vie a été un doute permanent. J’ai passé ma vie à m’excuser de ce que je suis, à tout défaire.
Amália Rodrigues (1920-1999), dans : Vítor Pávão dos Santos (né en 1937). Amália : uma biografia, Lisboa, Contexto, 1987, page 196. Non traduit (traduction L. & L.).
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À partir de son accident cardiaque, survenu en 1979, Amália devient sa propre – et quasi exclusive – parolière. Jusqu’alors elle avait très peu chanté ses textes. Il y avait eu surtout Estranha forma de vida (1962), l’une de ses grandes réussites, plus deux ou trois autres fados de moindre importance, d’ailleurs restés pour ainsi dire confidentiels pendant des années.
Or voici qu’en 1968, alors qu’elle se trouve dans une forme vocale éblouissante et que sa carrière paraît florissante, elle livre, sur ses propres vers, un fado lancinant, lourd d’une angoisse existentielle inattendue, qui annonce ses textes ultérieurs, ceux qui rendent si tristes les albums de la dernière partie de sa carrière. Tous les vers commencent par Ai, cette particule qui en portugais est une exclamation plaintive et qu’il est pratiquement impossible de rendre avec exactitude en français. La musique est celle d’un fado traditionnel (le Fado José António de quadras de José António Sabrosa).
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Amália Rodrigues (1920-1999) • Ai esta pena de mim. Amália Rodrigues, paroles ; José António Sabrosa, musique (fado José António de quadras).
Amália Rodrigues, chant ; Raul Nery é José Fontes Rocha, guitare portugaise ; Júlio Gomes, guitare ; Joel Pina, basse acoustique.
Enregistrement : Paço de Arcos, studios Valentim de Carvalho, mai 1968.
Première publication dans le disque 45t Caracóis / Amalia Rodrigues. Portugal, Columbia, ℗ 1968.
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Ai, esta angústia sem fim
Ai, este meu coração
Ai, esta pena de mim
Ai, a minha solidão
Ah ! Cette angoisse sans fin !
Ah ! Ce cœur qui est le mien !
Ah ! Cette peine en moi !
Ah ! Ma solitude !
Ai, minha infância dolorida
Ai, o meu bem que não foi
Ai, minha vida perdida
Ai, lucidez que me dói
Ah ! Mon enfance blessée !
Ah ! Bonheur qui n’est pas venu !
Ah ! Toute cette vie sans but !
Ah ! Cette atroce lucidité !
Ai, esta grande ansiedade
Ai, este não ter sossego
Ai, passado sem saudade
Ai, minha falta de apego
Ah ! Cette grande anxiété !
Ah ! Cette intranquillité !
Ah ! Ce passé sans nostalgie !
Ah ! Cette indifférence !
Ai de mim, que vou vivendo
Ai, meu grande desespero
Ai, tudo que não entendo
Ai, o que entendo e não quero
Pauvre de moi, qui vis ma vie !
Ah ! Ce grand désespoir en moi !
Ah ! Tout ce que je ne comprends pas
Et ce que je comprends et n’aime pas !
… … Amália Rodrigues (1920-1999). Ai esta pena de mim (1968).
Amália Rodrigues (1920-1999). Ah ! Cette peine en moi !, traduit de : Ai esta pena de mim (1968), par L. & L.
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