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Amália Rodrigues a cent ans

23 juillet 2020

Amália Rodrigues au Grand gala du disque populaire au Congrescentrum (Amsterdam, Pays-Bas), 7 mars 1969

Amália Rodrigues au Grand gala du disque populaire, RAI-Congrescentrum (Amsterdam, Pays-Bas), 7 mars 1969. Source : Nationaal Archief, Pays-Bas.

Je ne sais pas quel jour je suis née. Ni moi, ni personne de ma famille. Ils attachaient si peu d’importance à ma naissance, c’était une si grande famille, qu’ils ne savent pas. Pour certains c’était le 1er juillet, pour d’autres le 12, ou le 4 ou le 14. Ma grand-mère disait que j’étais née au temps des cerises, qui va de mai à juillet. Alors moi pour fêter mon anniversaire, c’est le 1er juillet que j’ai choisi. Plus tard, quand il m’a fallu des papiers pour faire des examens, c’est devenu le 23 juillet. J’ai gardé les deux dates, comme ça je pouvais faire deux fêtes, avec un peu de vin doux et des gâteaux secs.
Vítor Pavão dos Santos & Amália Rodrigues (1920-1999). Amália : uma biografia. Traduction : L. & L.
Não sei o dia em que nasci. Nem eu, nem ninguém na minha família. Ligaram tão pouca importância ao meu nascimento, era uma família tão grande, que não sabem. Uns diziam que nasci no dia 1 de Julho, outros no dia 12, outros a 4 ou a 14. A minha avó dizia que eu tinha nascido no tempo das cerejas, que vai de Maio a Julho. Então eu escolhi o dia 1 de Julho para fazer anos. Mais tarde, quando tive de tirar papéis para fazer exame, vinha 23 de Julho. Resolvi guardar as duas datas, porque assim sempre podia fazer duas festas de anos, com um vinhito abafado e uns bolos secos.
Vítor Pavão dos Santos & Amália Rodrigues (1920-1999). Amália : uma biografia. Portugal, Contexto, 1987. P. 19.

Amália Rodrigues a cent ans, aujourd’hui même.

En guise de célébration, la voici dans une une chanson française écrite et composée pour elle par Maurice Vidalin et Jacques Datin, responsables ensemble de nombreux succès des années 1960. Pourquoi ce choix, alors qu’elle avait horreur de chanter dans notre langue ? Parce qu’aujourd’hui même sort au Portugal un coffret de 5 CD intitulé Amália em Paris – et surtout, pour dire la vérité, parce que j’avais projeté un choix de dix, puis douze enregistrements marquants de la chanteuse, que je n’ai pas réussi à boucler à temps vu la difficulté, la quasi impossibilité de la tâche. Ce sera pour plus tard.

Les chansons françaises représentent une proportion infime du répertoire d’Amália. On connaît surtout Aie, mourir pour toi, écrite et composée pour elle par Charles Aznavour, et La maison sur le port, adaptée de Vou dar de beber à dor. On a peut-être un peu oublié ses versions de Inch Allah d’Adamo, de L’important c’est la rose de Gilbert Bécaud et de Aranjuez mon amour écrite par Guy Bontempelli sur la musique du 2e mouvement (adagio) du Concierto de Aranjuez de Joaquín Rodrigo.

Le premier jour du monde est extrait de la bande originale du film Via Macao (France et Portugal, 1966), réalisé par Jean Leduc (1922-1996), dans lequel Amália Rodrigues apparaît dans son propre rôle.


Amália Rodrigues (1920-1999)Le premier jour du monde. Maurice Vidalin, paroles ; Jacques Datin, musique.
Amália Rodrigues, chant ; accompagnement d’orchestre ; José Luiz Gomes, direction.
Portugal, ℗ 1966.
Extrait de la bande originale du film Via Macao (France et Portugal, 1966), réalisé par Jean Leduc.

Le monde a commencé dans une flamme orange
Personne en ce temps-là n’était là pour le voir
Personne pour comprendre
Personne pour savoir
Qu’après cet incendie quelques grains de poussière
Flotteraient dans le bleu d’un ciel indifférent
Et que certains peut-être y resteraient longtemps.

C’était le premier jour du monde
Le premier jour du monde.

Dans le creux d’un rocher une mousse légère
Devient un arbre vert sous la première pluie
La terre était la terre, il y poussait des fruits
Mais quand il a fait nuit dans ce silence énorme
Personne pour compter les étoiles d’argent
Personne qui s’endorme sous le ciel du printemps.

C’était le premier jour du monde
Le premier jour du monde.

Et puis, qui sait pourquoi, quelque chose qui vibre
Quelque chose d’étrange et presque comme nous
Et comme il fallait vivre, cela s’est mis debout
Depuis ce premier jour nous marchons l’un vers l’autre
À travers les saisons par d’étranges chemins
C’est toi et pas un autre, c’est toi ou ce n’est rien.

Et c’est le premier jour du monde
Le premier jour du monde.
Maurice Vidalin (1924-1986). Le premier jour du monde (1966)

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