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Dans la ville verte

24 mars 2011

Couleur. De Lisbonne on peut dire que même les daltoniens discutent de sa couleur.

Pires, José Cardoso (1925-1998). Lisbonne : livre de bord, voix, regards, ressouvenances / traduction Michel Laban. — Gallimard, impr. 2007. (Arcades). — P. 32.

Lisbonne (Portugal), Rua do Ferragial, 17 mars 2011
Lisbonne (Portugal), Rua do Ferragial, 17 mars 2011.

On peut en discuter en effet. Pour moi Lisbonne est une ville bleue, de tous les bleus de l’Atlantique, accueillants aux autres teintes de la ville : le jaune (que j’ai trouvé plus présent qu’autrefois ; est-ce une réalité, ou bien est-ce que je n’en avais pas gardé la mémoire ?), le rose léger ou le pourpre, le rouge rarement, le blanc des églises, des piédestaux et des pavés, le noir des pavés.

Le vert je n’aurais pas parié dessus. Pourtant regarde.

Lisbonne (Portugal), Campo dos Mártires da Pátria, 17 mars 2011
Lisbonne (Portugal), Campo dos Mártires da Pátria, 17 mars 2011.
Lisbonne (Portugal), Largo do Intendente Pina Manique, 19 mars 2011
Lisbonne (Portugal), Largo do Intendente Pina Manique, 19 mars 2011.

Sais-tu qu’il existe même des jardins potagers en plein Lisbonne, pris sur la ville et tenus victorieusement, dans le creux de la colline de la Graça et de la montée vers le promontoire de la Senhora do Monte ?

Lisbonne (Portugal), Calçada do Monte, 19 mars 2011
Lisbonne (Portugal), Calçada do Monte, 19 mars 2011.

Lisbonne (Portugal), Calçada do Monte vue depuis la Rua Damasceno Monteiro, 13 mars 2011
Lisbonne (Portugal), Calçada do Monte vue depuis la Rua Damasceno Monteiro, 13 mars 2011.

Couleur. De Lisbonne on peut dire que même les daltoniens discutent de sa couleur. Regardez de préférence l’ocre de l’époque Pombal, recommande un byronien de passage. Le vert, le vert, oppose quelqu’un tout de suite après, les yeux sur le Terreiro do Paço, « même le cheval de D. José tourne au vert, mangé par la mer », disait déjà Cecília Meireles.

Pires, José Cardoso (1925-1998). Lisbonne : livre de bord, voix, regards, ressouvenances / traduction Michel Laban. — Gallimard, impr. 2007. (Arcades). — P. 32.

Tu vois, c’était de notoriété publique. J’étais seul dans l’ignorance.

L. & L.

Lisbonne (Portugal), Costa do Castelo, 13 mars 2011
Lisbonne (Portugal), Costa do Castelo, 13 mars 2011.

José Cardoso Pires. Lisbonne, livre de bord. 1998Pires, José Cardoso (1925-1998)
Lisboa, livro de bordo (1997). Français

Lisbonne : livre de bord, voix, regards, ressouvenances / José Cardoso Pires ; trad. du portugais par Michel Laban. — Gallimard, impr. 2007, cop. 1998. — (Arcades).

Traduit de : Lisboa, livro de bordo : vozes, olhares, memorações.
ISBN 978-2-07-075069-6

4 commentaires leave one →
  1. Anne-Marie permalink
    25 mars 2011 16:07

    Moi qui suis bretonne comme toi, et qui aime Lisboa, je vais te dire de quelle couleur elle est : glaz, comme on dit en breton, et Pirez a raison, du coup on peut en discuter à l’infini (il y a même eu une étude très sérieuse par un professeur de l’université de Rennes : les Bretons voient-ils les couleurs comme les autres ? )
    Je pense que c’est pour cette raison que nous aimons cette ville, son fado et sa population : l’Atlantique qui les baigne leur donne un air de ressemblance avec notre Bretagne. Ressemblance est peut-être trop fort, disons plutôt qu’il nous met en empathie, en harmonie avec ce que nous voyons et entendons là-bas. Et la saudade que chantent les Portugais, est-ce que ce n’est pas cette même mélancolie qui nous étreint quand nous entendons un air de biniou ?
    « Sur notre lande bretonne,
    Ah ! les jolis airs qu’il sonne,
    Et comme il endort au coeur
    les chagrins et les douleurs. »

    ..J’adore tes photos, tu as ce talent qui embellit même les vues banales, et j’adore l’originalité de tes récits. Il n’y a que côté fado, moi c’est Camané, je ne goûte pas le filet de voix, au demeurant subtil mais très peu fado à mon sens, de Zambujo, mais des goûts et des couleurs…Tiens, tu vois, nous y revoilà (je prends ton style ! ): on pourrait en discuter à l’infini !
    AM

    • lili-et-lulu permalink*
      26 mars 2011 12:50

      Mais oui c’est ça, c’est exactement ça ! Comment n’y ai-je pas pensé ? Lisbonne est glaz ! A Rennes en effet, quand j’y étais en maîtrise de linguistique, on ne manquait pas de s’arrêter un moment sur ce glaz, mais je ne crois pas que ce soit une perception différente de la couleur qui nous caractériserait, nous autres Bretons, c’est que ce mot, dans sa géniale indistinction, est précisément adapté à la Bretagne et à ses mers — et à Lisbonne aussi. D’ailleurs les Portugais disent de la mer qu’elle est verte quand en français on dit qu’elle est bleue, alors tu vois.

      Oui, d’accord sur l’empathie.

      Évidemment pas du tout d’accord sur Zambujo et Camané 🙂 J’espère au moins que nous sommes d’accord sur Amália, Anne-Marie, parce que ça, c’est un cas de divorce !

      Ph.

      • Anne-Marie permalink
        28 mars 2011 18:25

        Contente d’apprendre que les Portugais voient la mer verte, ça fait un point commun supplémentaire !
        Oui, Amalia, c’est vrai, est la plus grande, non seulement par la beauté ou la puissance de sa voix mais je crois parce qu’elle sait exactement exprimer le sens de chaque fado (même pour moi qui ne parle pas le portugais, misère ! ),alors que les jeunes fadistas actuelles, si elles ont de belles voix travaillées, « ne mettent pas le ton », comme on disait enfant pour réciter une récitation, elles mettent « leur » ton ! c’est d’ailleurs la seule,Amalia, pour cette raison-là, avec Aldina Duarte dans un registre différent, dont je peux écouter tout un disque sans me lasser (et Camané bien sûr, mais lui c’est plusieurs disques ! )et Lucilia Do Carmo aussi, dont tu ne parles jamais, mais que je trouve très naturelle et moderne. Voilà, ce sont les trois fadistas femmes qui savent me communiquer une émotion, puisque comme le dit Camané (encore lui, mais quand on aime, n’est-ce-pas ? et puis tu as vu aussi son expo, tout de même…)le fado est l’expression d’une émotion contenue. Amalia, d’ailleurs, c’est un peu grâce à toi que je l’ai « creusée », si j’ose m’exprimer ainsi, car la première fois que je l’ai entendue je l’avais trouvée trop emphatique (mais après tout, le premier sens n’est pas péjoratif) et puis j’ai acheté un très bon CD comprenant « Gaivotà » qui tire des larmes à Eugène Green (et lui aussi a eu son rôle, tu as vu son interview sur le fado sur le site de Télérama ?)et j’ai changé d’avis…et c’est comme ça que lors de mon dernier séjour à Lisbonne, en février (pour les spectacles de..qui tu sais à Sao Luiz), j’ai fait l’acquisition de « Com que voz »…avant toi !Je ne m’en serais pas vantée, parce que tu n’avais pas l’air en forme à l’époque, mais bon, aujourd’hui..

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