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Vou dar de beber à dor (Mariquinhas) — Ana Moura, Amália

3 août 2010

Ana Moura, qui fait beaucoup parler d’elle ces jours-ci,…

Ah bon ?

Mais oui, je t’en ai déjà parlé, de ses histoires avec Prince

Des histoires avec Prince ? Elle a des histoires avec Prince ? (Quel genre ?)

Mais non, arrête… Prince l’a juste invitée à chanter deux fados dans son concert à lui à Lisbonne, et il l’a accompagnée à la guitare. Je te l’ai dit, ça, je t’ai même montré une vidéo. Et après c’est lui qui s’est pointé incognito à son concert à elle à Turin, la semaine dernière (et pas en Corse comme je croyais). Il s’est assis dans le public figure-toi, comme n’importe qui !

N’importe qui, pas moi en tout cas. J’y étais pas, à Turin.

Ah, mais moi non plus j’y étais pas ! N’importe qui de ceux qui y étaient, je veux dire… Je continue.

… est considérée comme l’un des meilleurs éléments du jeune fado actuel, tant par la presse (internationale, pas seulement portugaise) que par le public et par ses pairs. Elle se prévaut en effet d’une voix agile et juste, plus riche que celle de nombre de ses consœurs qui nourrissent les leurs au bifidus exclusivement, afin de les garder légères et lisses — avec peut-être une salade verte de temps à autre, assaisonnée d’un trait d’huile de pépins de raisin et de citron.

Quoi ? Mais c’est quoi ce charabia ?

… ?

Tu veux dire quoi, exactement, tu peux m’expliquer ?

Ce que je dis c’est qu’elle chante juste…

(c’est le minimum syndical ça non ?)

Oui, mais y en a qui chantent un peu faux quand même, et non des moindres. Bon, je peux continuer ?

Oui vas-y, excuse

… qu’elle possède l’agilité vocale indispensable pour interpréter le fado (ça va, tu suis ?), et un timbre d’une richesse à laquelle on n’est plus habitué. Un timbre qui rappelle les chanteuses d’autrefois, Hermínia Silva, Lucília do Carmo, ces chanteuses-là. Tandis que beaucoup de ses collègues ont des voix de chanteuses de variétés ; ou des voix de choristes de studio.

Voilà, t’as qu’à le dire comme ça, au lieu de tes histoires de pépins de raisin et de consœurs à la béchamelle ou à chais pas quoi !

De toutes façons j’ai fini. Je veux juste te faire écouter Vou dar de beber à dorLa maison sur le port si tu préfères – par Ana Moura et par Amália. dans cet ordre. La chanson parle d’une femme — Mariquinhas –, ou plutôt de la maison qu’elle tenait autrefois, dont on ne sait pas très bien si c’était un bordel ou juste un genre de cabaret, et qui a été remplacée par une agence de prêts sur gages. Devant un tel gâchis, il n’y a plus qu’à « donner à boire à la douleur », ainsi que le préconisait Mariquinhas elle-même.

Vou dar de beber à dor (Mariquinhas) / Ana Moura, chant ; Alberto Janes, paroles et musique

Vou dar de beber à dor (Mariquinhas) / Amália Rodrigues, chant ; Alberto Janes, paroles et musique

Alors ?

Foi no Domingo passado que passei
à casa onde vivia a Mariquinhas,
mas ‘stá tudo tão mudado
que não vi em nenhum lado
as tais janelas que tinham tabuinhas.

Do rés-do-chão ao telhado
não vi nada, nada, nada
que pudesse recordar-me a Mariquinhas,
e há um vidro pregado e azulado
onde havia as tabuinhas.

Entrei e onde era a sala agora está
à secretária um sujeito que é lingrinhas,
mas não vi colchas com barra
nem viola, nem guitarra,
nem espreitadelas furtivas das vizinhas.

O tempo cravou a garra
na alma daquela casa
onde as vezes petiscavamos sardinhas
quando em noites de guitarra e de farra
estava alegre a Mariquinhas.

As janelas tão garridas que ficavam
com cortinados de chita às pintinhas
perderam de todo a graça
porque é hoje uma vidraça
com cercadura de lata às voltinhas.

E lá p’ra dentro quem passa
hoje é p’ra ir aos penhores
entregar ao usurário umas coisinhas,
pois chega a esta desgraça toda a graça
da casa da Mariquinhas.

P’ra terem feito da casa o que fizeram
melhor fora que a mandassem p’rás alminhas,
pois ser casa de penhores
o que foi viveiro d’amores
é ideia que não cabe cá nas minhas

Recordações do calor
e das saudades. O gosto
que eu vou procurar esquecer
numas ginginhas,
pois dar de beber à dor é o melhor,
já dizia a Mariquinhas.

Vou dar de beber à dor (Mariquinhas) / Alberto Janes, paroles et musique

L. & L.

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