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Argentina Santos • As minhas horas

17 février 2021

Argentina Santos (1924 ou 1926-2019)As minhas horas. Maria Manuel Cid, paroles ; Joaquim Campos, musique (Fado Vitória).
Argentina Santos, chant ; José Manuel Neto, guitare portugaise ; Jorge Fernando, guitare & arrangements ; Filipe Larsen, basse acoustique.
Enregistrement : Portugal, Paço de Arcos, Estúdio Valentim de Carvalho.
Extrait de l’album Argentina Santos / Argentina Santos. Portugal : Companhia Nacional de Música, ℗ 2003.

Décédée en novembre 2019, Argentina Santos était sans aucun doute l’une des fadistes les plus extraordinaires de Lisbonne, l’une de celles, très peu nombreuses, à pouvoir se prévaloir d’une manière particulière. Peut-on parler de style ? Tout semble si spontané chez elle, si peu réfléchi : sa voix inouïe — une voix de chat, immédiatement reconnaissable —, son phrasé très personnel dont toute grandiloquence est absente, sa façon de tourner autour de la mélodie en s’y appuyant à peine. À moins d’être grotesque, jamais personne ne pourra imiter son art.

As minhas horas (« Mes heures ») est chanté sur la musique d’un très célèbre fado traditionnel, le Fado Vitória de Joaquim Campos, utilisé par exemple par Amália Rodrigues dans son poignant Povo que lavas no rio (« Peuple, qui laves dans le fleuve », qu’on peut entendre ci-dessous dans son enregistrement de 1962). Il ne peut pas exister deux interprétations plus dissemblables de ce fado.


São assim as minhas horas
Sem promessas, sem demoras
Sem mentira, sem verdade.
Horas mortas e paradas
Silêncio de madrugadas
Em dias de tempestade

Ainsi sont mes heures :
Sans promesses, sans délais,
Sans mensonge, sans vérité.
Heures mortes, suspendues,
Aubes silencieuses
Des jours de tempête.

Palavras que murmurei
Padres-nossos que rezei
Apenas por tradição
Alegrias e prazer
Passaram sem eu saber
Por entre os dedos da mão.

Mots que j’ai murmurés
Notre-Pères récités
Par pure convention.
Les joies et le plaisir
M’ont filé entre les doigts
Sans que je m’en sois aperçue.

Sou pedra de campa rasa
Pobre cinza duma brasa
Não sinto calor ou frio
Um perfume sem incenso
Foram-se os anos e penso
Que tenho o corpo vazio

Je suis une pierre tombale,
Pauvre cendre d’une braise
Qui ne sens ni chaleur ni froid,
Un parfum sans encens.
Les années s’en sont allées
Et je me sens le corps vide.
Maria Manuel Cid. As minhas horas.
.
Maria Manuel Cid. Mes heures, trad. par L. & L. de As minhas horas.

Amália Rodrigues (1920-1999) • Povo que lavas no rio. Pedro Homem de Mello, paroles ; Joaquim Campos, musique (Fado Vitória).
Amália Rodrigues, chant ; José Nunes, guitare portugaise ; Castro Mota, guitare.
Enregistrement : Portugal, Lisbonne, Teatro Taborda.
Extrait de l’album connu sous le titre de Busto / Amália Rodrigues. Portugal : Valentim de Carvalho, ℗ 1962.

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