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Un corbeau nommé Saudade

1 septembre 2020

Ana Sofia VarelaO corvo. João Monge, paroles ; João Gil, musique.
Ana Sofia Varela, chant ; Joséé Manuel Neto, guitare portugaise ; Marco Oliveira, Rogério Ferreira & Diogo Clemente, guitare ; Ricardo Cruz & Zé Nabo, basse acoustique.
Extrait de l’album Fados de amor e pecado / Ana Sofia Varela. Portugal : iPlay, 2009.


Tenho um corvo à flor da pele
Vive de uma ferida aberta
Acorda quando me deito
Levanta voo do meu peito
Sempre, sempre à hora certa

À fleur de peau j’ai un corbeau.
Il s’abreuve à une plaie ouverte,
S’éveille quand je m’endors
Et s’envole de mon cœur
Chaque nuit à la même heure.

Passa por aquela casa
Onde resta uma roseira
Dá contigo junto ao mar
Beija-te sem te acordar
Depois fica a noite inteira

Il s’en va vers cette maison
Où fleurit encore un rosier
Il te trouve sur le rivage
T’effleure d’un baiser sans t’éveiller
Et te veille jusqu’au matin.

Entra pela minha vida
Como a lua no jardim
Pendura tudo o que valha
No gume de uma navalha
Traz-me pedaços de mim

Il entre dans ma vie
Comme la lune dans un jardin
Ce qu’il y trouve, il le suspend
Au fil aiguisé d’un couteau
Et m’en apporte les morceaux.

Tenho um corvo à flor da pele
Um irmão da minha idade
Acorda quando me deito
Levanta voo do meu peito
Diz que se chama Saudade.

J’ai un corbeau à fleur de peau,
Il m’est comme un frère jumeau.
S’éveillant quand je m’endors,
Il s’envole de mon cœur
Et dit se nommer « Saudade ».
João Monge. O corvo. João Monge. Le corbeau, trad. par L. & L. de O corvo.

Illustration d'Édouard Manet pour « Le corbeau » de Poe, traduit par Mallarmé (1875)

But the Raven, sitting lonely on the placid bust, spoke only
That one word, as if his soul in that one word he did outpour.
Nothing farther then he uttered—not a feather then he fluttered—
Till I scarcely more than muttered “Other friends have flown before—
On the morrow he will leave me, as my Hopes have flown before.”
Then the bird said “Nevermore.”

Edgar Allan Poe (1809–1849). The Raven (1845, 1ère publication).

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, — jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »
Edgar Allan Poe (1809–1849). Le corbeau, traduit de The Raven (1845, 1ère publication) par Charles Baudelaire (1853).

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