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Artur Batalha • Meu irmão fora da lei

1 août 2020

Artur Batalha, qu’on surnommait autrefois O príncipe do Fado (« Le prince du Fado »), peut-être parce que, jeune homme, il avait un joli minois, ou bien parce qu’il a commencé très jeune à chanter professionnellement, est un fadiste authentiquement populaire. Sa carrière, aux antipodes du système de vedettariat dans lequel sont inclus les grands noms du fado actuel, a toujours été menée sur un mode artisanal, pour ainsi dire. Né au début des années 1950 dans le quartier d’Alfama, à Lisbonne, où il vit toujours, il a peu enregistré : sa courte discographie s’est arrêtée en 1992, en dehors de rééditions. De lui, on trouve sur le Web quantité de vidéos comme celle-ci, captées tant bien que mal par des amateurs dans des maisons de fado.

Meu irmão fora da lei (« Mon frère hors-la-loi ») est l’un des titres les plus connus de son répertoire.

Artur BatalhaMeu irmão fora da lei. Paco Gonzalez, paroles et musique.
Artur Batalha, chant ; instrumentistes innommés.
Captation : [Lisbonne ?], lieu non indiqué. Vers 2010.
Vidéo : RMAR81 sur Youtube. 2010 (mise en ligne).


Foi posto ao Deus dará desde menino
A rua foi a escola e o professor
Foi a fome, o desprezo e o castigo
Na vida em primavera sem amor

Livré à lui-même depuis l’enfance
Avec la rue pour école et pour maîtresse
Il a connu la faim le mépris et la violence
Au printemps d’une vie sans amour.

Vagueou noites sem fim ao abandono
A escada foi a cama p’ra dormir
Em vez dum bom ó ó para seu sono
Levava pontapés para saír

Des nuits entières il a erré
Dormant sur une marche d’escalier
Personne ne le berçait pour l’endormir
Et on le réveillait à coups de pied.

Eu já cantei aos olhos do desdém à minha alma
Com essa dôr brutal que não se acalma
Por ver a vida assim tão desigual
Mas não cantei o amor ao meu irmão fora da lei
Aquilo que ele passou e que eu passei
Até chegar a ser fora da lei

J’ai déjà chanté les regards de mépris pour mon âme
Et la douleur inguérissable, brutale
De voir combien la vie est injuste
Mais je n’ai pas encore chanté mon frère hors-la-loi
Tout ce qu’il a enduré et que j’ai enduré
Jusqu’à devenir un hors-la-loi.

Se as portas do amor se vão fechando
À criança que a vida vai colher
Não peçam que vá dignificando
O homem na revolta de seu ser

Si les portes de l’amour se ferment
À l’enfant que la vie va cueillir,
Comment l’homme ne serait-il pas
Révolté, de tout son être ?

Seria bom que houvesse mais ternura
Neste mundo egoísta que falei
P’ra nunca mais sentir tanta amargura
Ao cantar meu irmão fora da lei.

Il faudrait plus de tendresse
Dans ce monde égoïste dont je parle,
Pour que je n’éprouve plus jamais cette amertume
En chantant mon frère hors-la-loi.
Paco Gonzalez. Meu irmão fora da lei.
.
Paco Gonzalez. Mon frère hors-la-loi, trad. par L. & L. de Meu irmão fora da lei.

Par comparaison, voici l’enregistrement studio de Meu irmão fora da lei réalisé par Artur Batalha dans les années 1980. Il avait alors été publié sur un disque 45 t comprenant un titre sur chacune de ses faces.

Artur BatalhaMeu irmão fora da lei. Paco Gonzalez, paroles et musique.
Artur Batalha, chant ; instrumentistes innommés.
Portugal, années 1980.

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