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Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou], Paul Éluard • En vertu de l’amour

17 janvier 2020

Néna Venetsánou a composé et interprété plusieurs chansons sur des poèmes de Paul Éluard. En voici une deuxième : En vertu de l’amour. Le poème, daté de 1946, a été publié l’année suivante dans le recueil Le temps déborde.

Néna Venetsánou a résidé quelques années en France dans sa jeunesse. Elle y a travaillé le chant auprès de sa compatriote, la grande mezzo Írma Kolássi (1918-2012).

Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou] • En vertu de l’amour. Poème de Paul Éluard ; Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou], musique.
Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou], chant ; Τάσος Καρακατσάνης [Tásos Karakatsánīs], arrangements et direction.
Enregistré à : Polysound Studio, Athènes (Grèce).
Extrait de l’album Στα Ελληνικά τραγούδια της [Sta Ellīniká tragoúdia tīs] ; Chante Paul Eluard / Νένα Βενετσάνου [Néna Venetsánou]. Grèce, ℗ 1980.

J’ai dénoué la chambre où je dors, où je rêve,
Dénoué la campagne et la ville où je passe,
Où je rêve éveillé, où le soleil se lève,
Où, dans mes yeux absents, la lumière s’amasse.

Monde au petit bonheur, sans surface et sans fond,
Aux charmes oubliés sitôt que reconnus,
La naissance et la mort mêlent leur contagion
Dans les plis de la terre et du ciel confondus.

Je n’ai rien séparé mais j’ai doublé mon cœur.
D’aimer, j’ai tout créé : réel, imaginaire,
J’ai donné sa raison, sa forme, sa chaleur
Et son rôle immortel à celle qui m’éclaire.
Paul Éluard (1895-1952). En vertu de l’amour (27 novembre 1946). Dans : Le temps déborde (1947, première publication).

7 commentaires leave one →
  1. Don Dan permalink
    17 janvier 2020 16:52

    Bonjour,
    Nena Venetsanou, une autre grande voix de la chanson grecque contemporaine.
    Je préfère vraiment l’entendre chanter en grec même si elle possède bien le français, il y a quand même, à mon avis, une autre émotion dans la langue maternelle.
    Même sur les plus grandes, comme notre chère Amalia, c’est dans leur langue maternelle qu’elles me procurent la plus belle émotion.
    D’ailleurs, elles chantent souvent dans d’autres langues que la leur pour des raisons souvent commerciales…

    En ce qui concerne Venetsanou, voici parmi tous ses albums celui que je préfère.
    Voix (en Grec) / Piano

    Je le poste ici : http://www.mediafire.com/file/xo31ausjxbiq8kn/VENETSANOU_Nena_2002.zip/file

    • 17 janvier 2020 19:07

      Bonjour,
      pour ce qui est d’Amália, je suis assez d’accord avec vous. Surtout lorsque les chansons sont des adaptations françaises d’originaux portugais (« La maison sur le port » en est l’exemple le plus connu). Des raisons commerciales ont sûrement prévalu, oui. Mais Amália n’aimait pas chanter en français. Du tout. Souvent en France, on lui réclamait « Aïe mourir pour toi », la chanson qu’Aznavour lui a écrite. J’ai assisté à plusieurs de ses concerts des années 80 : elle ne voulait pas (alors qu’elle chantait volontiers en italien si on le lui demandait et qu’elle avait toujours à son programme une chanson en espagnol, voire davantage).

      Pour la Néna, je suis moins d’accord. Elle a peu enregistré dans des langues autres que le grec, me semble-t-il : je ne connais pas la totalité de sa discographie, mais le « non-grec » y est essentiellement français, je crois. Les chansons sur des poèmes d’Éluard qu’elle a elle-même mis en musique sont très réussies, de mon point de vue. Celles composées par Theodorákis, sur d’autres poèmes d’Éluard, me plaisent moins. Theodorákis cherche à s’y montrer comme compositeur de musique savante, mais on sent qu’il a beaucoup écouté certains compositeurs français du début du XXe, notamment Debussy.
      En public, il doit lui arriver de chanter dans d’autres langues. Je sais qu’elle l’a fait en catalan (« Vaixell de Grécia », de Lluís Llach, « Carta a l’exili » en duo avec Maria del Mar Bonet, d’ailleurs chanté partiellement en grec). Mais que ce soit en catalan ou en français, on ne peut pas dire que ce soit pour des raisons commerciales.

      Cela dit, nous sommes d’accord sur le principal : nous aimons mieux Amália en portugais et Néna Venetsánou en grec 🙂
      (Et cet album de la Néna, To prósopo tis agápis, est très beau, oui.)

      Merci, et bonne soirée !

      Ph.

  2. Don Dan permalink
    18 janvier 2020 10:05

    Bonjour,

    Comme nous sommes d’accord sur le principal….

    Je profite de cet espace de commentaires, même si il n’y a pas de rapport avec votre post, pour vous dire que je viens de recevoir cet album de Lina avec Raul Refree qui prouve une fois de plus que tout est possible… même un hommage électronique à Amalia.

    Je dois dire que je n’arrive pas à me faire une idée mais je suis sans doute d’une génération qui ne s’en fait plus après tout ce que nos oreilles ont subi !!!

    Il y a une vidéo ici

    et je poste l’album ici

    http://www.mediafire.com/file/zpmx8sr1g6enj32/LINA_2020.zip/file

    Bon courage pour l’écoute et merci pour votre avis.

    • 18 janvier 2020 10:59

      Bonjour,

      J’ai déjà posté un billet sur leur projet (https://jepleuresansraison.com/2019/12/12/raul-refree-lina-rodrigues/).

      Lina Rodrigues, que j’ai déjà vue se produire à Lisbonne, est une très bonne chanteuse : excellente technique, jolie voix (un peu trop lisse pour être vraiment « fadiste » à mon avis, si ce terme a un sens).

      Pour moi, le projet est clairement centré sur Raül Refree. Lina et le fado sont des éléments du décor…

      Bonne journée !

      Ph.

  3. Don Dan permalink
    20 janvier 2020 21:12

    Lina… Lina Rodrigues…Carolina… C’est sous ce dernier et unique nom que j’ai retrouvé chez moi deux albums de 2014 et 2017. J’ignorais que c’était la même personne.
    Elle a effectivement une belle voix et je suis d’accord avec vous, sans doute trop belle pour le fado.
    Merci de m’avoir permis le rapprochement.

    • 20 janvier 2020 22:40

      Oui, c’est vrai qu’elle a aussi utilisé cette identité de « Carolina ».
      Trop belle, non, je ne dirais pas ça. Elle a travaillé le chant classique, si je me souviens bien, ce qui lui donne une grande facilité pour exécuter les mélismes typiques du fado de Lisbonne. Mais ça la prive aussi d’une certaine spontanéité. C’est comme si une voix trop appliquée, trop travaillée, interprétait Fréhel ou Damia… Enfin plus ou moins. Vous ne trouvez pas ?

  4. Don Dan permalink
    20 janvier 2020 23:40

    Si, tout à fait, mais je ne suis pas le meilleur juge car je préfère depuis toujours les voix « abimées ».
    J’ai été élevé en compagnie des 78rpm de Billie Holiday et cela laisse des traces… indélébiles.

    Avez-vous pu écouter Monika Lakatos sur le post de Gloomy Sunday?
    Si oui, vous aurez un exemple de mon goût pour ces voix.

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