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Amar | Carlos Drummond De Andrade, Marília Pêra

24 mars 2019

Carlos Drummond De Andrade (1902-1987) | Amar. Extrait de : Claro enigma (1951).
Marília Pêra (1943-2015), voix.
Extrait du DVD Consideração do poema : leituras de Carlos Drummond De Andrade. Brésil, Instituto Moreira Salles, 2012.

Cet accent brésilien, comme il diffère de l’accent portugais ! À l’oreille on croirait deux langues différentes.

Carlos Drummond De Andrade (1902-1987), originaire de l’État du Minas Gerais, est considéré comme l’un des plus grands poètes brésiliens du XXe siècle.

Marília Pêra (1943-2015) était une actrice de théâtre et de cinéma de grand renom, née et morte à Rio de Janeiro.

Que pode uma criatura senão,
entre criaturas, amar?
amar e esquecer, amar e malamar,
amar, desamar, amar?
sempre, e até de olhos vidrados, amar?

Que peut une créature sinon,
entre créatures, aimer?
aimer et oublier, aimer et malaimer,
aimer, désaimer, aimer?
aimer, et le regard fixe même, aimer?
Que pode, pergunto, o ser amoroso,
sozinho, em rotação universal,
senão rodar também, e amar?
amar o que o mar traz à praia,
o que ele sepulta, e o que, na brisa marinha,
é sal, ou precisão de amor, ou simples ânsia?

Que peut, demandé-je, l’être amoureux,
tout seul, en rotation universelle,
sinon tourner aussi, et aimer?
aimer ce que la mer apporte à la plage,
ce qu’elle ensevelit, et ce qui, dans la brise marine,
est sel, ou besoin d’amour, ou simple tourment ?
Amar solenemente as palmas do deserto,
o que é entrega ou adoração expectante,
e amar o inóspito, o cru,
um vaso sem flor, um chão de ferro,
e o peito inerte, e a rua vista em sonho, e
uma ave de rapina.

Aimer solennellement les palmiers du désert,
ce qui est abandon ou attente adoratrice,
et aimer l’inhospitalier, l’âpre,
un vase sans fleur, un parterre de fer,
et la poitrine inerte, et la rue vue en rêve, et
un oiseau de proie.
Este o nosso destino: amor sem conta,
distribuído pelas coisas pérfidas ou nulas,
doação ilimitada a uma completa ingratidão,
e na concha vazia do amor a procura medrosa,
paciente, de mais e mais amor.

Tel est notre destin : amour sans compter,
distribué parmi les choses perfides ou nulles,
donation illimitée à une complète ingratitude,
et dans la conque vide de l’amour la quête apeurée,
patiente, de plus en plus d’amour.
Amar a nossa falta mesma de amor,
e na secura nossa amar a água implícita,
e o beijo tácito, e a sede infinita.

Aimer notre manque même d’amour,
et dans notre sécheresse aimer l’eau implicite,
et le baiser tacite, et la soif infinie.

Carlos Drummond De Andrade (1902-1987).
Amar
, dans : Claro enigma (1951).
Carlos Drummond De Andrade (1902-1987).
Aimer
, traduit de : Amar (1951) par Didier Lamaison. Dans : Carlos Drummond De Andrade, La machine du monde et autres poèmes, traduit du portugais (Brésil) et présenté par Didier Lamaison, traduction revue par Claudia Poncini. Gallimard, 2005 (Collection Poésie ; 410).

Dans Wikipédia :

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